Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953.  French Battalion in the Korean War  Index du Forum

Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War
Forum de l'association "Crèvecoeur", Association "Loi 1901" de reconstitution historique sur Le bataillon Français de l'Onu en Corée.

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 



 A la une: 
L'association CREVECOEUR est désormais labellisée par le Service Historique du Ministère de La Défense,  reconnu pour son authenticité et sa véracité lors de ses reconstitutions historiques, ayant pour thème le Bataillon Français de l'ONU en Corée.
La guerre de Corée(3):Le périmètre de Pusan(4e Partie) Combats à l'Est

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War Index du Forum -> LE BATAILLON FRANÇAIS DE L'ONU EN COREE. -> HISTOIRE, BIBLIOGRAPHIE ET REVUE DE PRESSE -> Histoire de la Guerre de Corée (Hors BF/ONU)
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Ltc Taplett
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Jeu 4 Oct - 18:11 (2007)    Sujet du message: La guerre de Corée(3):Le périmètre de Pusan(4e Partie) Combats à l'Est Répondre en citant

LA GUERRE DE COREE
III- Le périmètre de Pusan (4e partie) : COMBATS A L’EST
1- Le corridor de Kyongju
De sérieux problèmes se développèrent à l’Est du périmètre de Pusan pendant que la 4e DI menaçait le saillant du Naktong. Des attaques nord-coréennes dans les secteurs de Kigye et Pohang-Dong devinrent critiques quand l’ARC commença à céder du terrain, tout en menaçant de s’effondrer. L’attaque fut brutale et prit tout le monde par surprise. La 8e Armée, pauvre en réserves,  n’était en tout état de cause pas préparée à subir un tel assaut à l’est de son périmètre défensif, surtout avec le gros de ses troupes déjà engagées ailleurs.

Situation le 10 août
Les caractéristiques du terrain de la zone de Pohang-Dong jouèrent un rôle considérable sur les combats qui s’y déroulèrent et sur la tactique de défense de Walker à cet endroit. Un couloir naturel en partait et menait en effet droit à Pusan. Depuis Taegu une route latérale doublée d’une voie de chemin de fer partait vers l’Est et Pohang-Dong, à 80km à vol d’oiseau. Cette route est la première à se diriger vers la côte Est après celle de Seoul-Ch’orwon-Pyonggang-Wonsan, à 360km plus au Nord. A environ mi-chemin de Taegu et Pohang-Dong se trouve la ville de Yongch’on. Là, la seule route axée Nord-Sud de quelque importance entre Taegu et la côte Est traverse la ville via Andong et Uisong, à travers les montagnes. De cette route jusqu’à la côte s’étendent 65km de zone montagneuse totalement dépourvus de route digne de ce nom.
A 20km à l’ouest de Pohang-Dong se trouve la ville d’An’gang-Ni. A 10km au nord de cette dernière se trouve le village de Kigye. Celui-ci se trouve être le débouché de plusieurs pistes et pauvres routes en provenance du Nord, parcourant une vallée qui continue vers le Sud pour aboutir à An’gang-Ni. De là elle continue vers le Sud jusqu’à Pusan, 100km plus loin à vol d’oiseau. Kyongju, un important nœud routier et ferroviaire au sein du triangle Taegu-Pohang-Pusan se trouve dans cette vallée, à 20km au sud d’An’gang-Ni.
Cette description des lieux montre toute l’importance que purent avoir les villes de Kigye, An’gag-Ni et Kyongju lors des affrontements qui eurent lieu à l’est de la péninsule.
A Pohang-Dong la route côtière en provenance du nord oblique vers l’intérieur des terres pour bifurquer de nouveau vers le Sud et le corridor de Kyongju à moins de 3km d’An’gang-Ni avant de continuer vers Pusan. Militairement parlant Pohang-Dong n’avait que peu d’importance, bien que son petit port permît partiellement le ravitaillement en  eau des soldats de l’ARC et des quelques GIs situées dans les environs. C’est l’axe Targu-Yongch’on-An’gang-Ni-Kyongju-Pusan qui était stratégiquement indispensable. Sa coupure pouvait très rapidement rendre la position de Taegu intenable.
La portion Est du périmètre n’était pas aussi sérieusement défendue que d’autres points du front. Walker n’avait ni les hommes ni l’équipement lourd nécessaire à la défense du périmètre sur toute sa longueur. A certains endroits il se trouvait contraint de prendre le risque d’une percée ennemie. Sachant les montagnes situées au nord de Pohang-Dong virtuellement sans pistes il prit le pari que les Nord-Coréens ne pourraient y amener l’équipement et le ravitaillement nécessaires à une pénétration de sa ligne de front qui pût les conduire jusqu’à Pusan.
En opposition au terrain montagneux et au maigre réseau de voies de communications terrestres qui définissait la zone de l’APC Walker bénéficiait d’un réseau routier et ferroviaire considérablement plus confortable, qui pouvait lui permettre d’envoyer des renforts dans les plus brefs délais. Il considérait aussi l’aérodrome de Yonil, à 6km au sud de Pohang-Dong et à 5mn de vol des éventuelles zones critiques comme un élément important de son système défensif.
2- Premiers mouvements / La Task Force Pohang
 En août 1950, 3 divisions de l’APC et un régiment indépendant s’opposaient aux Sud-Coréens sur le flanc est du périmètre de Pusan. La 8e DI venait d’Uisong vers Yongch’on, la 12e DI avait traversé les montagnes au sud-est d’Andong et se dirigeait vers Pohang-Dong, le 766e régiment indépendant avait quitté la route côtière à Yongdok pour plonger au sud-ouest dans les montagnes vers Kigye et Angang-Ni et la 5e DI suivait la route côtière depuis Yongdok, une partie de son infanterie s’infiltrant dans les montagnes entourant la 3e DI de l’ARC.
 La première des 3 divisions, la 8e, ne parvint pas à prendre la route Taegu-Pohang. Le 9 août, près d’Uisong, la 8e DI sud-coréenne prit par surprise une partie de ses forces et anéantit son 3e régiment, causant plus de 700 pertes. Le 2e régiment tenta de se porter à son secours et subit lui aussi de nombreuses pertes, bien qu’il parvint à reprendre le terrain perdu au profit de l’ARC un peu plus tôt.
 La 8e DI de l’APC souffrit grandement de ces combats et fut incapable de poursuivre vers Yongch’on pendant une semaine. Même alors, elle n’alla pas plus loin que quelques km au sud d’Uisong, une nouvelle fois stoppée par la forte opposition sud-coréenne.

Soldats de l'Armée de la République de Corée (ARC)
 Plus à l’est la 12e DI, désormais appelée la division d’Andong, traversa le Naktong supérieur à Andong et s’enfonça à travers les montagnes dans le but de prendre Pohang-Dong. Elle était cependant diminuée, le 2e bataillon de son régiment d’artillerie ayant renvoyé toutes ses pièces à Tanyang pour cause de manque de munitions.
 La « Division de la Capitale » de l’ARC était censée faire la jonction avec la 3e DI à travers le terrain montagneux. De nombreux rapports indiquaient la présence de plusieurs groupes ennemis (le plus grand étant estimé à 2000 individus) qui traversaient la zone, de l’arrière-pays à la côte. Le 9 août la QG de la 8e Armée apprit que des troupes régulières nord-coréennes se trouvaient dans la « guerilla zone » au N-O de Pohang-Dong, menaçant la route côtière et l’aérodrome de Yonil. Ce même jour, le 1er et le 2e bataillon du 25e RI de l’ARC, fraîchement arrivé de Taegu, attaqua au nord de Kigye pour faire la jonction avec la 3e DI. A 4 km au nord de la ville ils furent violemment repoussés jusqu’à un point situé à 3 km au S-E. Il était désormais clair que bien que la 3e DI tenait la route côtière jusqu’à 30km au nord de Pohang-Dong, il n’y avait aucune défense dans l’arrière-pays désormais infesté de troupes ennemies.
Le 10 août la 8e Armée constitua la Task Force Pohang regroupant les 17e et 25e régiments, le 1er  bataillon anti-guérilla et le bataillon de fusiliers marins de Pohang, tous de l’ARC, ainsi que de la batterie C du 18e bataillon d’artillerie de campagne américain (canons de 75mm). Le lendemain l’ARC activa le 26e RI à Taegu et le pressa de rejoindre la TF Pohang à An’gang-Ni. De toutes ces unités, seul le 17e RI avait déjà subi l’épreuve du feu. L’objectif de la TF était de partir de la zone An’gang-Ni/Pohang-Dong vers le nord et de nettoyer les reliefs montagneux à proximité de la côte.

3- Les Nord-Coréens atteignent Pohang-Dong
Afin de bien comprendre ce qui se passa autour de Kigye et dans les montagnes situées à l’ouest de Pohang-Dong, il est nécessaire de mettre en avant d’autres évènements ayant lieu sur la côte est au même moment. Dans un chapitre précédent (Retraite vers le Naktong-3e partie) nous avons vu la série de sanglantes batailles opposant la 5e DI de l’APC à la 3e DI de l’ARC sur la route côtière durant les premiers jours de juillet 1950. La ligne de front évolua en dents de scie autour de Yongdok pendant 2 semaines pour se terminer par la prise de la ville par l’ARC.
Le 5 août les Nord-Coréens attaquèrent de nouveau et repoussèrent leurs opposants au sud de la ville, sur la côte 181. Le général Walker envoya un message personnel au colonel Emmerich, le conseiller du KMAG auprès de la 3e DI lui ordonnant de reprendre le terrain. Le PC divisionnaire se mit à préparer un plan de contre-attaque pour la nuit suivante, pendant que les hommes se battaient à coup de grenades sur la côte 181.
L’assaut débuta à 19h30 avec une préparation de couverture aérienne de 15mn utilisant des roquettes, des bombes et du napalm. Une autre préparation d’artillerie navale et terrestre de 15mn suivit juste après. A 20h00, les 22e et 23e RI de l’ARC se mirent en route et chassèrent les Nord-Coréens de la côte 181. L’attaque reprit au petit matin après une nouvelle préparation d’artillerie navale et terrestre. Au final, l’APC fut repoussée juste au sud de Yongdok. Le 1er bataillon indépendant et le bataillon de Yongdungpo furent alors dissous et leurs troupes incorporées au sein des 22e et 23e RI.
Le 7 août Walker ordonna à Emmerich de tenir le pont de Kanggu-Dong, alors préparé pour la démolition en cas d’urgence par une section du Génie de la 24e DI. La section fut rappelée à Taegu et le contrôle du pont passa aux mains de l’ARC avec pour consignes de ne détruire le pont que sur l’ordre express du major Britton du KMAG. A 5h00 le 9 août le pont explosa sur ordre de l’officier commandant le 22e RI, sans aucune consigne de la part du major Britton. Environ 350 soldats sud-coréens se trouvaient toujours au nord du fleuve Osip-Chon à cet instant. Plusieurs d’entre eux se noyèrent en tentant de traverser l’estuaire qui se jetait dans la mer du Japon. Le chef d’état-major divisionnaire demanda le remplacement immédiat de l’officier en question ou il ferait passer en court-martiale avant de le faire fusiller. L’officier fut aussitôt relevé de ses fonctions.
La destruction du pont de Kanggu-Dong contraignit le PC divisionnaire à reculer jusqu’à Changsa-Dong dans l’après-midi du 9 août pour échapper aux tirs d’artillerie ennemis. Dans la journée du 10 des soldats de l’APC s’infiltrèrent derrière les lignes de la 3e DI et coupèrent la route côtière à Hunghae, à 8km au nord de Pohang-Dong. La 3e DI était virtuellement encerclée.
A l’annonce de cette nouvelle Walker demanda à rencontrer Emmerich sur l’aérodrome de Yonil, en présence du général Partridge (5e USAF) et du bridadier-general Farrell, chef du KMAG. Walker donna à Emmerich pour instructions de regrouper la 3e DI autour de Changsa-Dong et d’empêcher la 5e DI de l’APC de déplacer ses blindés et son artillerie le long de la route côtière afin d’empêcher la position de l’aérodrome de Yonil de devenir intenable. Emmerich répercuta les ordres au brigadier general Kim Suk Won. La 3e DI étendit ses positions entre 6,5km au nord et 11km au sud de la ville.

Vue aérienne de Pohang-Dong
L’apparition soudaine de troupes ennemies près de Pohang-Dong le 10 août surprit tout le monde, y compris Walker. Ce dernier venait de demander au brig.-gen. Farrell si l’ARC avait besoin d’un soutien des forces américaines pour tenir le front et la réponse avait été négative. Farrell reflétait à ce moment l’opinion générale qui n’imaginait pas que l’APC puisse déplacer à travers les montagnes suffisamment de matériel pour mener une attaque efficace contre la ville.
 A l’issue de la rencontre, Walker ordonna au major-general Lawrence B. Keiser, en charge de la 2e DI US à Kyongsan de mobiliser immédiatement le 8e RI et de le déplacer à Yonil. Cette nouvelle Task Force devait être commandée par le brig.gen. Joseph S. Bradley, l’assistant de Keiser. La TF Braley devait rendre compte directement à Walker.
 La TF se mit en route à la nuit tombée le 10 août par la route principale de Kyongju. Le PC et le 3e bataillon moins la Cie K atteignirent l’aérodrome à minuit et Bradley prit le commandement du système de défense.
 A 16km de Kyongju et à environ 1,5 km de à l’est d’An’gang-Ni la route tourne brusquement à droite dans la vallée de Hyongsan-Gang vers Pohang-Dong. De là, la route contourne un sommet abrupt et longe une rivière aux environs du village de Tongnam-Ni. C’est à cet endroit que la Cie K. et 4 véhicules de la batterie C du 15e d’AdC furent pris en embuscade à 1h20 le 11 août. Des tirs soudains d’armes automatiques tuèrent le chauffeur du véhicule de tête qui fit un écart et bloqua la route. Le feu ennemi se déchaîna sur la colonne qui se désintégra. Environ 120 hommes dont 2 officiers s’enfuirent en direction de Kyonju.
 Informé de cette embuscade, Bradley ordonna à la Cie I de se porter à la rescousse de la Cie K. Mais la Cie I fut elle aussi prise en embuscade à l’ouest de Pohang-Dong. Bradley envoya alors 2 véhicules à affûts quadruple en renfort. Ving-cinq hommes de la Cie I ne revinrent pas à l’aérodrome ce jour là. La Cie K avait perdu 7 tués et 40 blessés. Du côté de la batterie C du 15e d’AdC les pertes s’élevaient à 25 hommes.
 Il semble que ce soient les hommes du 766e régiment indépendant qui avaient monté ces embuscades.
 En début d’après-midi le 11 août Walker détacha le 17e RI de l’ARC de la TF Pohang ainsi que la Cie blindée du 9e RI US en renfort à l’aérodrome.
 Les reconnaissances aériennes montrèrent que le lieu de l’embuscade de la Cie K étaient toujours tenue par le 766e RI. Le cpt Darrigo, conseiller KMAG auprès du 17e RI se porta volontaire pour mener une patrouille blindée (5 tanks). Quatre F-51s décollèrent de Yonil et bombardèrent les lieux juste au moment où la patrouille arrivait. L’ennemi quitta ses positions juste au bon moment pour Darrigo et ses hommes. Plusieurs Nord-Coréens furent tués par les mitrailleuses de bord des blindés.
La patrouille atteint Yonil vers 20h30 et fut immédiatement répartie le long du périmètre de défense.
 Pendant ce temps la TF Pohang se mettait en route au matin du 11 août. Elle fut au contact de l’ennemi quasiment immédiatement. Deux Cies du 25e RI de l’ARC furent tout simplement annihilées. La TF, tout autant que la Division de la Capitale perdit du terrain. A la tombée du jour, des patrouilles nord-coréennes étaient repérées à 5km au sud de Pohang-Dong.
 C’est la 12e DI qui s’était si violemment opposée à la TF Pohang. Elle avait traversé le terrain montagneux s’étendant depuis Andong et en débouchait dans la vallée de Kigye. C’est là qu’elle repoussa l’ARC dans furieux combats qui, selon certains prisonniers, lui avaient coûté 800 hommes.
 
 Dans la nuit les avions américains se regroupèrent sur un autre aérodrome avant de revenir le lendemain matin. Des tirs d’armes automatique en provenance du sud et du sud-ouest tentèrent de les harceler mais de trop loin pour être efficace. Ils parvinrent cependant à instaurer un certain état d’alarme pour les personnels.
 Le 12 août le colonel Kim Hi Chun agissant sous les ordres directs de Walker, et en une succession d’attaques à partir d’An’gang-Ni, mena le 17e RI à Yonil, au grand soulagement de tous.

Un officier de l'ARC montre à ses hommes où placer leurs mitrailleuses
 Les Nord-Coréens pénétrèrent pour la première fois dans Pohang-Dong le 10 ou le 11 août. Les rapports de l’ARC d’un estimé de 300 soldats du 766e régiment indépendant et de la 5e DI qui s’étaient infiltrés et avait pris le contrôle de la gare. Mais ils repartirent au bout de quelques heures après qu’une série de bombardements navals et aériens les aient poussés à chercher un meilleur abri dans les collines environnantes.
 Pohang-Dong devint une sorte de no-man’s-land. Des patrouilles de chaque camp y pénétraient la nuit sans que personne ne puisse revendiquer le contrôle de la ville. La bataille tourna autour d’elle, sur les collines.

Réfugiés quittant Pohang-Dong
4- L’Air Force abandonne Yonil
 Certains personnels au sol occupaient Yonil avant que la 40e escadrille de chasseurs-intercepteurs (35e groupe) ne s’y installe le 16 juillet en provenance d’Ashiya (Japon). Le 7 août la 39e escadrille la rejoignit. Le lendemain le 6131e groupe de combat était créé. Mais au moment où l’activité de la base aérienne allait croissant les évènements se précipitèrent.
 Le 8 août les membres du Génie aérien reçurent l’ordre d’évacuer leur équipement lourd. Les jours suivants, alors que les Nord-Coréens occupaient les collines entourant Pohang-Dong et celles se situant à l’ouest et au sud-ouest de l’aérodrome, les membres des Forces Aériennes d’Extrême-Orient (Far East Air Force) commencèrent à sérieusement s’inquiéter. Ils craignaient que l’APC ne parvienne à amener des mortiers et de l’artillerie pour bombarder la piste et que l’infanterie ne parvienne à s’en emparer.
 Bien que des unités d’infanterie et des blindés US soient positionnées à Yonil le 13 août, les FAEO décidèrent d’évacuer l’aérodrome. L’ordre fut émis à midi, alors qu’aucun impact ne creusait la piste. Il semble que cette décision fut prise « unilatéralement » par le colonel Witty, en charge de l’Air Force à Yonil, soutenu par le général Partridge. L’Armée ne prit aucune part dans cette décision. Les unités de l’Armée à Yonil ne quittèrent pas leurs positions et ne fut en définitive jamais soumise à des tirs ennemis d’une réelle efficacité.
 Le QG du général Mc Arthur fut informé de ce départ vers 16h00, par communiqué de presse. Malgré sa vive désapprobation de ce mouvement non concerté et son intention de conserver Yonil, les 44 F51s furent déplacés à Tsuiki sur l’île de Kyushu (Japon).
L’équipement lourd fut emmené sur la plage et emmené par LSTs. Les dépôts de munitions suivirent. Finalement, le personnel embarqua le 14 août, abandonnant des quantités considérables de carburant.
5- La 3e DI de L’ARC évacuée par mer
 Encerclée depuis le 10 août, la 3e DI se battait pour éviter sa destruction. Bien consciente de sa position de force, la 5e DI de l’APC s’engagea à fond dans ce but. Ses attaques incessantes ne cessaient de contraindre la 3e DI à réduire son périmètre de défense. Le PC divisionnaire recula de 8km, de Changsa-Dong à Toksong-Ni, où les membres du KMAG pensaient que des LSTs pouvaient s’approcher du rivage. Les principaux feux de soutien de la division était celui du croiseur USS Helena et de 3 destroyers au large ainsi que les interventions de la 5e Air Force, guidés par des observateurs à terre. Deux hélicoptères de l’Helena amenaient le ravitaillement en matériel médical pour les blessés.
 La dégradation de la situation poussa la 8e Armée à faire évacuer la division par mer. L’opération débuta dans la nuit du 16 août pour se terminer à 7h00. Neuf mille soldats, 1200 policiers rattachés et mille travailleurs, tous avec armes et bagages parvinrent à s’embarquer sous le couvert de la nuit et des tirs de l’artillerie navale. Les LSTs furent escortés jusqu’à Kuryongp’o-Ni où ils arrivèrent à 10h30. Les hommes débarquèrent immédiatement. Le lendemain, ils devaient relever certains éléments de la Division de la Capitale au sud de Pohang-Dong et participer à un assaut coordonné vers le nord.
6- L’APC est repoussée
 Bien qu’il était évident dès le 10-11 août que certains éléments nord-coréens avaient pénétré dans Pohang-Dong, ce n’est que le 13 qu’un communiqué proclama sa complète libération. Plusieurs unités de la 12e DI, en provenance de Kigye, entrèrent dans la ville ce jour. Mais comme celles qui les avaient précédées, elles n’y restèrent pas longtemps. Après 3 heures d’intenses bombardements navals et aériens, elles se replièrent dans les collines entourant la ville à l’ouest et au sud-ouest. Les 2e et 3e bataillons du 2e RI occupèrent les collines situées à 10km au S-O, menaçant ainsi Yonil. D’autres unités de la 5e DI atteignirent celles situées juste au nord de Pohang-Dong.

Mouvements du 11 au 20 août 
Le 14 août, sur ordre de la 8e Armée, la Division de la Capitale se déplaça d’environ 40km, des environs d’Andong au secteur d’Angang-Ni/Kigye, où elle se mit en ligne à l’est de la 8e DI. Le 1er Corps d’Armée de l’ARC établit son PC à Yongchon.
 Les combats autour de Pohang-Dong entre Nord et Sud-Coréens furent d’une incroyable férocité. Les 2 camps subirent d’énormes pertes. L’ARC repartit à l’assaut dès le 13 août quand le 17e RI, à nouveau sous contrôle de la Division de la Capitale partit à l’assaut des collines au nord de la ville, soutenu par l’artillerie US et les blindés de la TF Bradley.
La TF Pohang attaqua vers le nord, d’Angang-Ni vers Kigye. Entre le 15 et le 17 août, les Nord-Coréens furent repoussés au nord de la route Taegu-Pohang et chassés du corridor de Kyongju dans le voisinage d’Angang-Ni.
A l’aube du 17 août, le 2/23, 2e DI US, arriva en soutien à Kyongju.
Au soir du 17 août le 766e régiment indépendant était menacé d’encerclement ce qui le poussa à se retirer dans les montagnes au nord de Kigye. En permanence attaquée par l’ARC et soumise aux tirs intensifs de l’artillerie navale et de l’Air Force, la 12e DI commença à se retirer des collines du nord de Pohang-Dong. A 20h00 elle ordonna à toutes ses unités de se retirer vers Topyong-Ni via Kigye. Cette retraite lui coûta de nouveau de nombreuses pertes. Le lendemain elle reçut l’ordre de se rassembler à Pihak-San pour être réorganisée.
Au cours de cette réorganisation le 776e régiment indépendant fut dissous et ses éléments répartis dans les 3 régiments de la division. Après avoir absorbé les 1500 hommes du régiment et 2000 nouveaux renforts, les effectifs de la 12e DI totalisèrent environ 5000 hommes. Ces chiffres montrent à quel point la division avait souffert. Ces pertes étaient d’autant plus dommageables qu’elles concernaient du personnel vétéran des campagnes au sein des Forces Communistes Chinoises. Malgré un moral au plus bas, il semble qu’il n’y ait eu que très peu de désertions.
Le 19 août, la Division de la Capitale se trouvait à près de 4km au nord de Kigye. La 3e DI entra dans Pohang-Dong et la TF Min (en provenance de Masan) se trouvait à 2km au nord de la ville. Le lendemain la 3e DI se trouvait à 9km au nord pendant que la Division de la Capitale continuait d’avancer au nord de Kigye. Ce jour la 8e Armée dissolut les TF Bradley et Pohang. Le 3/9e RI US, renforcé, prit en charge la sécurité de Yonil. La TF Min fut déplacée à l’ouest, entre la 1ère et la 6e DI de l’ARC.
Un communiqué de l’Armée de la République de Corée daté du 22 août proclama qu’à compter du 17 août 3800 Nord-Coréens avaient été tués et 181 faits prisonniers. Il comptabilisait aussi la capture de 20 pièces d’artillerie, 11 mortiers légers, 21 mortiers de 81mm, 160 mitrailleuses, 557 fusils M1 US et 381 fusils japonais. Depuis la fin juillet, la plus grande partie de la 12e DI était en effet équipée de fusils et carabines américains. Les munitions étaient disponibles, mais pas toujours sur le front. C’est lorsque ces armes de prises furent considérées comme suffisantes qu’elles remplacèrent les fusils japonais qui équipaient jusqu’alors les soldats.
Un des facteurs non négligeables expliquant l’échec de la 12e DI fur l’état d’épuisement dans lequel elle se trouvait après sa traversée des montagnes au sud d’Andong. Le manque d’artillerie et de ravitaillement en nourriture ne sont pas non plus étrangers à cette défaite. Un officier capturé affirma qu’après le 12 août la division n’avait plus reçu aucune ration de nourriture. Ce n’est que ce que les soldats pouvaient piller la nuit dans les villages qui leur permit de calmer leurs estomacs affamés. Toujours d’après ces officiers, ses hommes étaient tellement épuisés qu’ils n’était plus d’aucune valeur combattante. Selon un sergent du 2e bataillon, seuls 20 hommes sur les 630 de l’effectif initial du bataillon étaient toujours vivants le 18 août. Plus de munitions n’arrivaient en provenance de l’arrière.
Lorsque la 12e DI atteignit Pohang-Dong, elle était à l’extrême limite de ses forces. Le système logistique nord-coréen ne pouvait tout simplement plus ravitailler ses troupes dans ce secteur.

Sources :
- Roy E. Appleman : South to the Naktong, North to the Yalu / Center for Military Research
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Jeu 4 Oct - 18:11 (2007)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War Index du Forum -> LE BATAILLON FRANÇAIS DE L'ONU EN COREE. -> HISTOIRE, BIBLIOGRAPHIE ET REVUE DE PRESSE -> Histoire de la Guerre de Corée (Hors BF/ONU) Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | créer son forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com