Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953.  French Battalion in the Korean War  Index du Forum

Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War
Forum de l'association "Crèvecoeur", Association "Loi 1901" de reconstitution historique sur Le bataillon Français de l'Onu en Corée.

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 



 A la une: 
L'association CREVECOEUR est désormais labellisée par le Service Historique du Ministère de La Défense,  reconnu pour son authenticité et sa véracité lors de ses reconstitutions historiques, ayant pour thème le Bataillon Français de l'ONU en Corée.
La guerre de Corée (3) : Le périmètre de Pusan (3e Partie-1) L'attaque de la 4e DI

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War Index du Forum -> LE BATAILLON FRANÇAIS DE L'ONU EN COREE. -> HISTOIRE, BIBLIOGRAPHIE ET REVUE DE PRESSE -> Histoire de la Guerre de Corée (Hors BF/ONU)
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Ltc Taplett
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Jeu 4 Oct - 18:09 (2007)    Sujet du message: La guerre de Corée (3) : Le périmètre de Pusan (3e Partie-1) L'attaque de la 4e DI Répondre en citant

LA GUERRE DE COREE
III- Le périmètre de Pusan (3e partie) : La 1ère BATAILLE DU SAILLANT DU NAKTONG
1ère Partie : L’attaque de la 4e DI (6-10 août 1950)
1- Le terrrain
La canicule d’août 1950 allait débuter. Les survivants de la 8e Armée qui connurent cette période en parlèrent plus tard comme des « jours le long du Naktong ». La 8e Armée ne pouvait plus reculer alors que l’ennemi se faisait de plus en plus oppressant. Elle devait tenir ses positions coûte que coûte ou se faire chasser de Corée.
Le plan de défense du général Walker était centré autour du maintien de la circulation sur les routes et voies de chemin de fer qui s’étoilaient en un large ovale à l’est du fleuve. De Pusan vers Miryang et Taegu au Nord et de là vers l’Est par Yongch’on et Kyongju où elles repartaient vers le Sud en direction de Pusan. Toute retraite et perte de ces lignes de communication rendrait difficile toute tentative de contre-attaque de la part des forces de l’ONU.
Les préparatifs d’attaque des Nord-Coréens indiquaient 4 voies possibles de pénétration :
1- Par Masan, au sud du confluent du Naktong et de la Nam.
2- Par le saillant du Naktong, jusqu’au nœud ferroviaire et routier de Miryang.
3- Par Taegu.
4- Par Kyongju et le long du corridor côtier de l’est de la péninsule.
Le long du périmètre la caractéristique du terrain la plus importante pour chacun des belligérants restait le Naktong. Deuxième plus grand fleuve de Corée, il formait en définitive une gigantesque douve sur les ¾ du périmètre, le long de son cours inférieur. Ses méandres sinueux sont larges de 400 à 800m et atteignent jusqu’à 2m de profondeur à son niveau le plus bas. Des plages de sables apparaissent souvent lorsque les eaux ne sont pas gonflées par les pluies. Les collines s’approchent jusqu’à ses berges, entrecoupées de rizières plus ou moins larges. A ce niveau du fleuve, côté américain, les collines en bordure peuvent s’élever jusqu’à environ 400m de hauteur. Quelques Km plus loin elles atteignent plus de 800m. Du côté nord-coréen (Ouest) elles sont souvent plus élevées le long des berges, approchant très souvent les 700m d’altitude. Le long du cours supérieur du Naktong, au nord de Taegu, les collines atteignent fréquemment des hauteurs comprises entre 700 et 1000m.
La ligne de défense du Naktong conçue par les Américains incluait une série d’avant-postes accrochés aux plus hautes collines offrant une vue parfaite sur le fleuve et ses principales voies d’accès. Ces postes n’étaient que faiblement gardés. Personne n’imaginait sérieusement qu’on pût y maintenir une défense digne de ce nom. Ils étaient en revanche les yeux et les oreilles de l’Etat-Major, la véritable ligne de défense se situant quelques km en arrière prête à intervenir dès qu’un de ces postes d’observation aurait signalé une tentative de franchissement du fleuve.
L’artillerie et les mortiers étaient eux aussi retranchés en arrière, pointés sur les points de passage connus du fleuve ou sur les zones probables de franchissement. Ces 2 éléments allaient se révéler indispensables à la défense du périmètre de Pusan, pouvant être concentrés et prêts à circonscrire toute pénétration ennemie. Ils était disposés de manière à contrôler les hauteurs e t le maigre réseau routier.
Nul ne doutait d’une attaque imminente. Les renforts onusiens débarquaient chaque jour à Pusan et aux alentours et le temps jouait contre les hommes de Kim Il Sung qui avait fixé le 15 août comme date de la victoire finale. Cette date marquait le 5e anniversaire de la libération du pays du joug des Japonais.
2- Le saillant du Naktong
 A 11 Km à vol d’oiseau au nord de l’endroit où le Naktong vire à l’Est et où la Nam le rejoint, le fleuve fait une boucle vers l’Ouest, en face de Yongsan. Le morceau de terrain inclus dans cette boucle fait 6 km d’Est en Ouest et 8 km du Nord au Sud. Cette boucle et le terrain qu’elle entoure devinrent connus des soldats américains sous le nom de « saillant du Naktong » (Naktong bulge).

Le général Church (au centre), commandant de la 24e DI
 
 Au nord du confluent de la Nam avec le Naktong la 24e DI tenait la ligne de front sur plus de 25 km à vol d’oiseau sur plus de 55 km le long des berges du fleuve même. Le 34e RI était au Sud, le 21e RI et le 17e RI de l’ARC du col. Kim Il Chun, régiment réputé agressif et compétent, étaient au Nord. Fraîchement arrivé de Masan, le 19e RI était en phase de réapprovisionnement à l’arrière. De manière générale le 34e RI tenait la zone à l’ouest de Yongsan tandis que le 21e RI tenait celle située à l’Ouest de Changnyong.
 Le 3/34 tenait la ligne sur 15 km (alors que la doctrine prévoyait 10 km pour une division complète !) pendant que le 1/34 se trouvant 6 km en arrière, près de Yongsan. Les 3 compagnies du 3/34, I, L et K dans cet ordre du Nord au Sud, occupaient les collines qui surplombaient le fleuve. Un trou de 3 km séparait I et L et un autre de près de 5 km L et K. Du fait des méandres du fleuve les 3 compagnies formaient une sorte de large triangle le long d’une boucle où au moins six passage de ferries étaient recensés.
 Le long du front les collines atteignaient toutes 800 à 900 mètres, certaines tombant abruptement dans l’eau du fleuve. Deux vallées s’étendaient entre les collines : l’une entre l’espace qui séparait I et L, près du ferry de Ohang, l’autre 6 km plus au Sud, au pied de la boucle du saillant.
 Les mortiers de 4.2 pouces étaient à environ 2 km à l’orée de la vallée du ferry de Ohang. Le PC du 3e bataillon, commandé par le ltc Gines Perez, fraîchement débarqué des Etats-Unis se trouvait 800m plus loin, à Soesil.
 Le PC régimentaire du colonel Beauchamp était installé à Yongsan.
 Par crainte d’ennemis infiltrés le général Church avait ordonné l’évacuation des civils sur près de 8 km à l’Est du fleuve.

Situation le 5 août (ligne pointillé)
3- Attaque de la 4e DI
A- Le 6 août
La première attaque significative des Nord-Coréens au-delà du fleuve débuta le 5 août à 3 endroits différents : 2 au nord de Waegwan, dans le secteur de l’ARC, la troisième face à Yongsan, dans le secteur de la 24e DI. C’est à la 4e DI qu’échut cette mission qui fut la première à réellement menacer l’intégrité du périmètre de Pusan.
La 4e DI était commandée par le major-général Lee Kwon Mu. Né en Mandchourie 40 ans plus tôt, Lee avait déjà servi dans l’armée communiste chinoise et aurait même été lieutenant dans l’armée soviétique durant la 2e guerre mondiale. Après quelques années d’études en URSS il revint en Corée du Nord en 1948 où il fut promu chef d’état-major de l’armée avant d’être relevé de son poste. C’est Kim Il Sung lui-même qui lui ordonna de prendre le commandement de la 4e DI peu de temps avant l’invasion. En août, cette dernière détenait le titre de « Division de Seoul » en reconnaissance de sa participation à la prise de la ville.
Le 4 août la division avait concentré ses 3 régiments (3e, 16e et 18e) dans le voisinage d’Hyopch’on et étudiait les positions américaines. Son effectif total est estimé entre 7 et 8000 hommes, chaque régiment en comportant environ 1500. Quasiment sans préparation la 4e DI se prépara à traverser le fleuve de manière coordonnée avec ses camarades plus au Nord.
Du côté américain, le général Church considérait la zone Nord du secteur de la 24e DI comme la plus difficile à défendre et à renforcer du fait de son maigre réseau routier. Il la considérait donc comme le point d’attaque le plus probable. La traversée du fleuve par les nord-Coréens dans la zone Sud, à l’endroit où il avait disposé le plus faible de ses régiments, le prit doublement par surprise. Il n’avait pas anticipé ce secteur, ni que l’attaque débuterait si tôt.
La traversée du fleuve au niveau du ferry d’Ohang par les hommes des 1 et 3/16e RI commença à minuit le 5 août. Les soldats avaient regroupé leurs armes et leurs vêtements en paquets qu’ils portaient sur leurs têtes, l’eau s’élevant à hauteur de leurs épaules. Aucun mortier ni arme lourde ne fut emmené lors de ce premier passage. Une fois sur l’autre rive les soldats se rhabillèrent puis, en colonne par sections, partirent vers le Sud-Est, le long de la trouée qui les menait droit vers les lignes américaines. Leur objectif était Yongsan, les positions de mortiers et le PC du bataillon droits dans leur ligne de mire.
Simultanément un autre groupe tenta de traverser le fleuve quelques km plus au Nord, dans le secteur du 21e RI. Après avoir été arrêtés par les mines, les Nord-Coréens furent bombardés par l’artillerie et mitraillés par l’infanterie avant de refluer vers leur point de départ dans la plus grande confusion.
A 2h00 le 6 août le 34e RI rapporta à la division qu’une force ennemie avait pénétré l’espace séparant les compagnies I et L. Celle-ci avançait droit devant elle, sans se soucier d’attaquer les sections installées sur les collines surplombant la rivière. Elle déborda les mortiers, alertant de fait le PC du bataillon qui put se replier en bon ordre. Le ltc Perez rejoignit le 1er bataillon du ltc Ayres pour lui signaler l’attaque ennemie.
A l’aube Beauchamp ordonna à Ayres de contre-attaquer. A cette heure, en dehors de quelques éléments de la Cie L, rien n’indiquait que les soldats en position le long du fleuve aient été attaqués. Apparemment l’ennemi ne se préoccupait que de sa pénétration au delà du Naktong, se contentant de réduire les positions qui freinaient directement son avance.
Après le départ du PC du 3/34 la batterie B du 13e d’AdC, à l’Est, à la base du coin N-O de la crête d’Obong-Ni, se trouva dangereusement exposée. A 8h30 elle rapporta des tirs d’armes légères dans ses environs immédiats. La 24e DI estimait désormais à 800 les soldats ennemis ayant pénétré sa zone de défense.
Dès qu’il reçut l’ordre de contre-attaquer le ltc Ayres ordonna à son commandant en second de faire monter la compagnie C dans des camions et de le suivre jusqu’à ce qu’il leur donne l’ordre de s’arrêter. Les Cies A et B et la section d’armes lourdes devaient suivre à pied. Ayres et 2 officiers de son état-major partirent en reconnaissance en jeep jusqu’à l’ancienne position du PC du 3/34 sans rencontrer qui que ce soit. Alors qu’Ayres commençait à mettre au point son plan d’attaque et que les camions transportant la Cie arrivaient sur place, des tirs d’armes automatiques se mirent à pleuvoir des collines environnantes. Plusieurs hommes furent touchés en descendant des camions.
Ayres ordonna alors au cpt Clyde Akridge, en charge de la Cie C depuis seulement quelques jours, de prendre les hauteurs surplombant l’ancien PC. Akridge commanda l’assaut alors que le feu ennemi s’intensifiat et fut blessé trois fois avant d’être finalement évacué. Ayres se mit à couvert un peu en arrière, d’un point où les sections de mortier de 60mm et d’armes lourdes ouvrirent le feu sur les collines jusqu’à épuisement des munitions. En se mettant debout pour diriger le tir le sergent de la section de mortiers fut quasiment coupé en 2 par un tir de mitrailleuse. D’autres hommes, bien qu’étendus sur le sol, furent eux aussi touchés. Ayres comprit qu’il devait rejoindre les Cies A et B s’il voulait espérer pouvoir renverser la situation. Avec plusieurs membres de son état-major il traversa la rizière voisine. Deux hommes furent touchés mais tous parvinrent à atteindre la crête d’Obong-Ni d’où ils contournèrent les positions désormais abandonnées du 13e d’AdC.


Avant que Ayres et ses hommes ne quittent le terrain la batterie B se trouvait sous le feu direct de l’ennemi, et même quasiment encerclée depuis 9h00. A 10h30 son commandant regroupa environ 50 hommes et quitta ses positions en camions, emportant un obusier et en abandonnant 4 ainsi que 9 véhicules (11h00). La batterie avait perdu 2 tués, 6 blessés et 6 disparus.
Pendant ce temps la Cie C poursuivait son attaque, sans aucune chance de succès. Les Nord-Coréens, largement supérieurs en nombre, tenaient fermement les hauteurs. Rapidement, les pentes furent couvertes de blessés et de mourants. Après le départ d’Ayres les lts Payne et Mc Donald Martin, accompagnés de plusieurs hommes, se mirent à couvert dans un moulin abandonné au sud de la route. Plus de la moitié de la compagnie était hors de combat et il n’y avait alors plus que 35 survivants.
Les Cies A et B, B en pointe, avançaient prudemment en direction de la C. Les éléments de tête prirent à partie une escouade nord-coréenne, tuant 10 de ses membres. Deux véhicules anti-aérien à affûts quadruples de 50mm menaient la progression. Ayres arriva à cet instant (début d’après-midi). Bien que la résistance ennemie fût relativement légère l’intense chaleur abrutissait les hommes et ralentissait considérablement la cadence. La Cie B se heurta alors à une résistance nettement plus importante sur Cloverleaf Hill (cloverleaf = trèfle). Un des véhicules anti-aérien fut mis hors de combat. La Cie A du cpt Alfonso poursuivit néanmoins son avance en passant par les rizières et parvint sur les lieux où la Cie C avait été débordé après être passé par les anciennes positions de B/13e AdC.
Le char de tête ouvrit le feu sur le vieux moulin, le supposant aux mains de l’ennemi. Trois GI’s furent tués et plusieurs blessés. Le blindé et l’infanterie chargèrent alors le moulin où les survivants résistaient obstinément depuis le matin. Malgré plusieurs assauts, les Nord-Coréens, pourtant à portée de grenades, n’avaient pu le réduire Finalement les derniers hommes de la Cie C furent sauvés.
Alfonso et ses hommes entassèrent les morts et les blessés dans les camions abandonnées mais encore en état de marche. Sous couvert du tank, il les renvoya vers l’arrière. Suivant la route, Alfonso poursuivit l’attaque vers le fleuve, ne rencontrant globalement que peu de résistance. Juste après le coucher du soleil, aux environ de 20h00, il rejoignit une partie de la Cie L ayant retraité plus tôt dans la journée. Les 2 groupes réunis totalisaient environ 90 hommes.
De son côté la Cie B s’était retranchée sur un versant de Cloverleaf, où un calme relatif s’était installé. Il était désormais évident que l’ennemi avait traversé le fleuve en direction de l’Est sur un axe Naktong-Yongsan mais n’avait pas encore passé la route Sud en direction de la crête d’Obong-Ni. Cloverleaf et Obong-Ni ensemble formaient une haute arête à 4.5 km du fleuve et qui traversait la route de Yongsan à mi-chemin de cette dernière.
Pendant la contre-attaque du 1er bataillon, et bien que non attaquées par l’ennemi, la Cie I, la section lourde, une section de mortier et la Cie A du 29e Anti-Aérien retraitèrent en direction du Nord dans la zone du 21e RI où elles arrivèrent vers 10h30. Informé de ce mouvement le général Church ordonna à Beauchamp de ramener ses hommes sur leurs positions et d’en relever les officiers, ce qui fut fait par le colonel Wadlington. A midi Church envoya la Cie de Reconnaissance de la 24e DI bloquer la route de Changnyong adjacente aux anciennes positions de la Cie I, cette dernière ayant reçu pour ordre de les reprendre. Mais une colline près de Pudong-Ni étais désormais occupée par l’ennemi qui la repoussa. Le commandant de la Cie de reconnaissance décida alors d’installer les 2 Cies sur les hauteurs au nord de la route où elles s’enterrèrent pour la nuit.
En milieu de matinée Church était désormais convaincu que la majorité des troupes ennemies à l’est du fleuve se trouvaient dans la zone du saillant. Il engagea alors le 2/19e RI du ltc McGrail dans une attaque en direction de l’Ouest, le long du flanc Nord du 34e RI. Au cours de ce mouvement le régiment encercla une centaine d’hommes dans le village de Ch’ongdan, à l’est d’Ohang Hill, à 1,6 km du fleuve, les dispersant à coups de mortiers et d’armes lourdes.
Bien que disponible depuis 13h00, le 1/19 du ltc Rhea ne fut pas engagé avant 18h00, c’est à dire bien tardivement pour pouvoir espérer être efficace. Il parvint à rejoindre les environs du 2/19 aux alentours de la côte 146 mais des tirs en provenance de la côte 165 l’empêchèrent d’aller plus loin.Rhea regroupa ses compagnies et établit la communication avec le 2e bataillon au Nord et B/34 au Sud avant d’attendre le lever du jour.
Dans le secteur du 21e RI, les quelques tentatives de percées nord-coréennes avaient rapidement été éliminées en dehors de la prise du village Sadung, estimé être aux mains d’environ 150 hommes.
Ainsi se terminait la contre-attaque américaine dans le secteur du 34e RI pour la journée.


Quelques crédits étaient tout de même à mettre à l’actif des forces américaines au cours de cette journée. La contre-attaque du 1/34 avait repoussé l’avance ennemie et regagné pour partie Cloverleaf. Ceci, combiné au fait que les Cies K, L et A tenaient leurs positions au dessus du Naktong, derrière l’ennemi, inconfortablement mais sans signe de panique empêchait les Nord-Coréens d’occuper le réseau routier jusqu’à Yongsan.
Cela donna aussi le temps au 19e et plus tard au 9e RI de se mettre en position pour contre-attaquer. L’artillerie et l’aviation couvraient les points de passage et, après le lever du jour, empêchèrent tout renfort de traverser le fleuve. Les tirs d’interdiction se poursuivirent à la nuit tombée.
Alos que la bataille du saillant du Naktong débutait le regroupement des forces de l’ARC nécessita le détachement du 17e RI de la 24e DI US. Or il tenait jusque là son flanc droit. Church constitua alors en urgence la Task Force Hyzer (3e bataillon de Génie de combat moins la Cie A, 78e bataillon de chars lourds, sans blindés (!) et la Cie de reconnaissance de la 24e DI. La 8e Armée autorisa cependant Church à conserver le 17e RI sur la ligne de front dans la nuit du 6 au 7 août. Il y repoussa plusieurs tentatives de traversée du fleuve. Au matin du 7 le régiment fut relevé par la TF Hyzer et partit à Taegu rejoindre l’ARC. Cet affaiblissement de la ligne fut partiellement compensé par l’arrivée du 1/9e RI et d’une batterie du 15e d’AdC (2e DI), rattachés pour l’occasion à la 24e DI.
Au soir du 6, alors que l’APC tenait fermement sa tête de pont et qu’il n’avait pas de réelles réserves pour manœuvrer, Church ordonna aux 34e et 19e RI de contre-attaquer le lendemain matin.
B- Le 7 août
La plupart de ses éléments étant accrochés par l’ennemi, Beauchamp n’avait que 2 compagnies disponibles. Il ordonna à B/34 de quitter ses positions à l’est de Tugok et de rejoindre le périmètre du cpt Alfonso près de la rivière. La compagnie se mit en route en milieu de matinée mais fut très vite stoppé par des tirs intenses. Epuisée et en manque d’hommes et de munitions, elle ne fit aucune progression significative ce jour là.
Vers 13h00 I/34, supportée par les blindés légers du 24e Recon parvint à reprendre pied sur ce qui constituait le flanc droit du régiment la veille. Vers 14h00 elle entra en contact avec une patrouille de G/19. Les 2 compagnies s’installèrent pour la nuit.
Les espoirs de Church de rejeter les Nord-Coréens au-delà du fleuve résidaient principalement dans le 19e RI du col. Moore. Le 1/19 devait progresser vers l’Ouest et le Sud afin de se réimplanter le long du Naktong et réduire l’espace de manœuvre de la tête de pont ennemie. Le 2/19 devait quant à lui progresser vers l’Ouest et le Nord dans le but de rejoindre I/34. Le 1/19 partit vers 8h45. La Cie B resta sur la colline surplombant le village de Sinam-Ni en couverture tandis que la Cie C se dirigeait vers Ohang Hill. Bien que fortement soumise aux tirs de l’APC, elle parvint à atteindre son objectif. La Cie A n’eut pas autant de chance. Elle devait capturer la côte 165, 1e section à droite, 2e section à gauche, 3e section en soutien. Contournant la masse rocheuse par l’Ouest et après un intense combat, la 1e section finit par s’accrocher sur un éperon de la colline. La 2e section fut quant à elle violemment repoussée en tentant d’attaquer par le Nord. Il était 9h20.
Plus au Nord le 2e bataillon ne rencontra que peu de difficultés pour avancer plein Ouest vers la ligne de crêtes surplombant le fleuve. A midi la Cie F faisait sa jonction avec la C sur Ohang Hill. La Cie E prit sans difficultés la colline suivante vers le Nord. La G fit la jonction avec I/34, comme prévu.
En début d’après-midi la progression commença à piétiner. Le PC du bataillon envoya à 14h55 le message suivant à la division : « Avons dû ralentir l’assaut. Nombreux cas d’épuisement dûs à la chaleur. Les hommes tombent comme des mouches. L’ennemi semble cependant en fuite. » A 17h00 le journal de marche enregistra l’entrée : « La troupe souffre énormément de la chaleur, du manque de nourriture et d’eau. Trop fatiguée pour continuer d’avancer ». L’avancée ne reprit en effet qu’à l’approche de la tombée de la nuit. Les Cies C et F consolidèrent leurs positions sur Ohang Hill tandis que A repartait à l’assaut de la côte 165 qu’elle finit par prendre. A 20h30 la compagnie se croyait en sécurité pour la nuit.
 Mais les 3 compagnies n’allaient pas passer une nuit tranquille. Une heure après le coucher du soleil environ, chacune d’entre elles se trouva engagée. A 21h50 la Cie A reporta avoir été débordée et qu’une force ennemie non dénombrés se dirigeait vers le PC du 1er bataillon. Couverte par les mortiers de 81mm de la section lourde, la compagnie retraita en catastrophe vers le N-E. A 23h30 elle se regroupa autour des mortiers, non loin du PC du bataillon.
 La Cie B, qui avait tenu la côte 146 toute la journée fut elle aussi attaquée mais repoussa l’assaut.


 Le bilan de la journée était mitigé. D’un côté la percée du 19e RI avait indéniablement réduit l’espace de manœuvre de l’APC. De plus, peu de renforts avaient pu traverser le fleuve dans la journée, même si les Renseignements prévoyaient de nouvelles tentatives durant la nuit.
 D’un autre côté la 24e DI était étirée à l’extrême. Elle comportait à cette date 11441 hommes, y compris les unités rattachées et sa capacité de combat n’atteignait que 46%. Sa seule réserve était le 1/9e RI (2e DI). A 22h15 la 8e Armée rattacha le 2/9 à la 24e DI et le déplaça à Ch’angyong. Sans autres réserves disponibles, Church ne devait compter que sur ses propres forces pour repousser la 4e DI.
4- La contre-attaque s’enlise
A-Le 8 août
 Les évènements qui se produisirent dans la nuit du 7 au 8 août démontrèrent une nouvelle fois l’habileté des Nord-Coréens à utiliser la couverture de la nuit pour préparer leurs offensives et déstabiliser les défenses américaines.
 Avant minuit plusieurs attaques furent lancées contre de nombreuses compagnies du 19e RI ainsi qu’une nouvelle poussée dans le village de Sadung. Les hommes du 19e RI parvinrent à repousser les assauts menés contre eux après plusieurs combats aux corps à corps. Ceux du 21e RI crurent avoir chassé l’APC de Sadung à coups d’artillerie. Ils avaient tort. Le lt Childers (Cie K), seul à son poste de commandement à 1h00, se trouva face à une escouade de la 4e DI. Il s’enfuit cers les positions de mortiers de 4.2 pouces où il retrouva un certains nombre d’hommes du 14e Génie (Cie C) en train de concevoir un barrage routier. Il y attendit l’aube. Sadung était toujours occupé.
 A peu près au même moment, 13km plus au S-E, les hommes de l abatterie A du 15e d’AdC découvrirent eux aussi des visiteurs indésirables. Si le PC de Childers était une proie toute désignée pour une infiltration, la batterie A se trouvait à 6km à l’est du fleuve, et à 3km derrière les positions des 34e et 19e RI. Les artilleurs se révélèrent cependant prêts à résister et repoussèrent les soldats NC.
 Personne à la 24e DI ne sembla saisir les implications de cet épisode. L’espace de 3km existant entre les Cies B et L du 34e RI était non gardé et la voie royale qui menait vers les unités de soutien et d’artillerie de Kang-Ni, Yu-Ri et Yongsan ainsi que vers la Principale Ligne de Ravitaillement (PLR) qui venait de Miryang. L’action contre la batterie A prouvait que certaines sections de la 4e DI étaient au pire à 5km de Yongsan, avec plus rien pour les empêcher de progresser plus à l’Est tant qu’elles restaient au sud de la route Yongsan-Naktong.
 De plus la 4e DI parvint à considérablement renforcer son 16e régiment. Durant la nuit 2 bataillons au moins parvinrent à franchir le fleuve à différents points de passage. Les traversées se poursuivirent après le lever du jour, comme put le constater le cpt Alfonso. Il fit utiliser ses mitrailleuses de .50 mais de loin et appela l’aviation et l’artillerie en soutien. Mais ni l’une ni l’autre ne fit mieux que disperser momentanément l’adversaire. A 8h15 un avion d’observation reporta avoir repéré de nombreux soldats ennemis à l’intérieur du saillant. A 8h52 la Cie A d’Alfonso était sous le feu ennemi. Heureusement pour ce dernier et ses hommes la 4e DI était plus intéressée à faire traverser ses troupes qu’à éliminer une poignée de fantassins. Dans la journée un parachutage de ravitaillemnt fut effectué mais seule une moitié de la cargaison fut récupérée. Quelques hommes furent même blessés durant cette manœuvre.
 Le saillant dans le secteur des 34e et 19e RI était désormais sans conteste possible l’axe principal de la progression nord-coréenne. D’ailleurs la TF Hyzer sur le flanc droit ne reporta à peu près aucune activité, autre signe de l’espoir de la 4e DI de percer vers Yongsan à travers les maigres régiments de Beauchamp et Moore.
 
Les Cies du 34e RI restèrent fragmentées pour la journée, échangeant des tirs sporadiques avec l’adversaire. Seule la Cie B tenta une action offensive pour tenter de rejoindre Alfonso sans autre résultat que de récupérer quelques hommes de la section de mortiers lourds cachés dans les collines depuis le 6.
 Comme la veille, c’est sur le 19e RI que reposait la contre-attaque principale. Moore demanda une préparation aérienne qui se contenta de mitrailler les crêtes malgré sa demande d’emploi de napalm et de roquettes.
 Les Cies E, F et C se mirent en route. Une fois arrivées à Ohang Hill elles furent prises à partie par des tirs en provenance de la crête opposée, après le village d’Ohang même. Les GI’s consolidèrent leurs positions et canardèrent les Nord-Coréens qui tentaient de récupérer les céhicules américains abanonnés dans la vallée sans aucun effet pour réduire la pénétration ennemie.
 De son côté la Cie A avançait méthodiquement vers la côte 165 qu’elle finit par prendre vers midi quand une escadrille de F51’s apparut se mit à mitrailler et bombarder tout ce qui bougeait. Lorsque les mortiers lourds de la 4e DI se mirent dans la danse, la Cie A se débanda et reflua en toute hâte vers Mii-Ri où elle finit par se rallier. Elle y fut bientôt rejointe par le PC du 1/19, poursuivi par l’ennemi. La position fut finalement stabilisée avec l’aide de l’artillerie mais toute idée de progression du 19e RI était désormais inenvisageable.
 Church se vit alors contraint d’engager le 9e RI du col. John G. Hill. Church lui ordonna d’attaquer immédiatement bien que le régiment ne pût être considéré comme opérationnel puisque même pas convenablement rassemblé à Yongsan.
Le 9e RI, au complet aussi bien en hommes qu’en équipement, contrastait grandement avec les autres régiments de la 24e DI. Mais les hommes n’étaient somme toute que des « bleus », pas vraiment prêt à affronter l’ennemi par une chaleur accablante sur un terrain montagneux, malgré leur volonté d’en découdre.
De fait le 1/9 fut très rapidement repoussé lorsqu’il se lança à l’assaut de la côte 165 et bifurqua vers le N-E, loin du combat tandis que le 2/9 sur sa gauche avançait quant à lui très facilement, en grande partie parce que le terrain avait précédemment été nettoyé par B/34.


A la nuit tombée le 1/9 avait rejoint le flanc gauche de Moore et le 2/9 s’était enterré près de B/34. L’espace compris entre de point et les hommes d’Alfonso restait totalement béant.
Au soir du 8 août, la 24e DI avait totalement perdu l’initiative.
B- Le 9 août
Dans la journée du 8, la situation des hommes du cpt Alfonso était progressivement passée de précaire à intenable. Dans l’après-midi les Nord-Coréens avaient envoyé une série d’obus de mortier destinés à régler leurs tirs mais avaient cessé dès le réglage effectué. Puis les Américains repérèrent au loin une colonne ennemie se dirigeant vers eux. Il était désormais évident qu’une attaque coordonnée était prévue pour la nuit-même. Alfonso demanda le permission de se retirer à 23h00, permission qui lui fut accordée à la fois par le bataillon et le régiment. A 22h30 il fit descendre les blessés à la base de la colline, suivis des valides. Alors que la compagnie retraitait le long de la route, l’ennemi ouvrit le feu sur ses positions désormais vides. Il ne lui fallut pas longtemps pour se rendre compte de sa méprise et le feu fut redirigé sur la route. Au moment où les GI’s atteignaient les positions de mortier abandonnées le 6 août, la troupe avait grandement perdu de sa cohésion. Lorsqu’ils arrivèrent aux alentours de Tugok Alfonso partit en reconnaissance avec 2 hommes. Après son départ les soldats se divisèrent en groupes de plus ou moins grande importance, chacun tentant sa chance. Vingt-cinq hommes de la Cie A rejoignirent le PC d’Ayres à 13h40 (Alfonso l’avait déjà atteint depuis plusieurs heures). Une quarantaine (sur 70 au départ) fut récupérée à moins de 2km de Yongsan après un long détour. Tous les survivants furent ramenés à l’arrière pour être réorganisés.
Le départ d’Alfonso avait agrandi davantage encore le trou existant au sein des lignes de la 24e DI, laissant la Cie K isolée sur le flanc gauche. A 6h35 l’avant-poste le plus au Nord fut débordé, ainsi qu’une patrouille envoyée un peu plus tôt pour contacter Alfonso. Une contre-attaque fut menée dans l’heure, sans succès. La compagnie dut même abandonner 1,5km de front face aux Nord-Coréens qui avançaient ouvertement sur sa droite et sur ses arrières.
Malgré l’ffondrement progressif du 34e RI, Church maintint ses ordres pour le 9e RI. Le 1/9 partit à l’assaut de la côte 165, sans résultat. Le 2/9 devait prendre Tugok et la crête située derrière le village. La Cie E parvint à la prendre et les Cies G et B/34 à s’accrocher sur unepartie des hauteurs qui traversaient la route vers le S-E mais toutes furent violemment repoussées par une contre-attaque qui les ramena sur leurs bases de départ après avoir subi de nombreuses pertes. Le chef de bataillon Harrison lui-même fut grièvement blessé.
Church envoya son commandant en second, le brigadier-général Pearson Menoher coordonner une attaque simultanée des 3 régiments. Celle-ci devait débuter à 17h00. Pendant ce temps le PC divisionnaire, soumis depuis la veille à des tirs persistants d’artillerie, se déplaçait de Changnyong à Kyun’gyo, à 13km à l’est de Yongsan et 20 de Changnyong. L’état-major s’en trouva de fait désorganisé et peu apte à accorder tout son soutien à la contre-attaque à venir.

Le brigadier-général Pearson Menoher
A 16h50 une préparation d’artillerie de 10mn débuta. La contre-attaqu échoua sans même avoir débuté. Ne comprenant que 280 hommes le 2/19 ne progressa pour ainsi dire pas, malgré denombreuses victimes, par balles ou du simple fait de la chaleur (dont le ltc Rhea et son assistant). Encore plus pauvre en hommes, le 1/19 ne quitta même pas sa ligne de départ, à l’instar de B/34.
C’est donc sur les épaules du 9e RI que reposait de nouveau le poids de la contre-attaque. La côte 165 devait être prise par le Nord par le 1/19 et E/2/19 par le S-E. Alors que la Cie E avait fortement progressé en 15mn, le 1/19 prit du retard du fait d’un manque de coordination avec l’artillerie. Quand le bataillon se mit en route, la Cie E, sous le feu ennemi, ne pouvait plus espérer atteindre le sommet de la colline. Cette zone finit par être neutralisée mais non occupée.
De son côté la Cie G finit par atteindre la crête derrière Tugok. Pour s’y retrouver seule et sans soutien. La nuit approchant, toutes les unités s’enterrèrent pour la nuit.


Ce n’est que vers 23h30 que le rapport de Hill, tout d’abord optimiste, révéla une situation plus précaire qu’initialement. Pendant ce temps le 19e RI avait reporté une série de pénétrations nord-coréennes entre Namji-Ri et le fleuve, très loin derrière le flanc gauche de la division. Confirmées par le 34e RI et un avion d’observation, ces nouvelles se révélaient préoccupantes : L’ennemi avait non seulement isolé K/34, mais aussi enfoncé un coin entre les 24e et 25e divisions. Yongsan et la PLR étaient en danger.
C- Le 10 août
Durant la nuit l’état-major demeura coupé en 2, la majeure partie déjà à Kyun’gyo alors que les chefs de sections étaient encore à Changnyong. Ceci explique peut-être le manque de réactivité de la division face au flanquement de la 4e DI déjà fort avancé. Il est certain qu’une partie de l’E-M de la 24e DI eut entre les mains les rapports en question aux alentours de minuit. Pourtant,  rien de plus que la continuation des manœuvres de la veille ne fut prévu pour la journée du 10.
A 6h00 le 19e RI quitta ses positions. Saignées par l’ennemi et la chaleur, aucune des Cies ne dépassait la taille d’une grosse section. Au bout d’un quart d’heure la Cie E était clouée au sol. La 4e DI avait repris l’initiative. A 7h25 la Cie reporta être « en mauvais état ». A 9h35 elle était encerclée. La Cie G partit immédiatement à la rescousse. A 10h50, la Cie C du 1er bataillon fut elle aussi envoyée. Les survivants de la Cie E purent finalement décrocher, poursuivis par l’ennemi qui en profita pour prendre pied sur Ohang Hill. En définitive le 2/19 avait reculé de 750m.
Le 1/9 devait consolider ses positions sur la côte 165 et prendre les villages de Maekkok et Sugae-Ri. La Cie B procéda au nettoyage de la côte, la A prit Sugae-Ri sans difficulté particulière mais la C ne parvint pas pénétrer dans Maekkok. Plus au Sud le 2/9 perdait du terrain, la Cie G devant abandonner l’ouest de Tugok. Du côté du 34e RI, la Cie B et les mortiers lourds grimpèrent sur les pentes de la crête d’Obong-Ni mais ne poursuivirent pas plus avant.
A 11h00 une violente contre-attaque se déclencha contre les unités autour de Tugok et d’Obong-Ni. Toutes les compagnies présentes reculèrent sous la pression. Le 2/9, qui n’avait quasiment plus d’officiers, se désintgra dans la manœuvre. A midi la situation se stabilisa mais 2000m de terrain critique avaient été perdus.
Church finit par décider de s’occuper de l’espace qui se développait sur son flanc gauche. Il se rendit au PC du 21e RI du col. Stephens et lui ordonna de détacher son 1er bataillon (ltc Smith) en renfort du 34e RI. Le 1/21 (Cie A, D et armes lourdes uniquement, la Cie C se trouvant en route pour les rejoindre depuis la côte Est) partit vers le Sud à 16h45.
Avant même le départ des hommes de Smith, Church apprit que la situation sur son flanc gauche était plus grave qu’il ne l’imaginait. Les Nord-Coréens avaient envahi Namji-Ri et prit le pont qui reliait les secteurs de la 24e et de la 25e DI. De plus ils se dirigeaient vers Yongsan. Church demanda à la 8e Armée de lui envoyer le 27e RI (25e DI) en renfort ce qui lui fut accordé à 17h30 avec pour objectif de reprendre le pont de Namji-Ri. Church détacha la 24e Recon (et ses blindés légers) de la TF Hyzer pour l’envoyer à Yongsan.
A 18h50 les Nord-Coréens étaient à moins de 3.5km de Yongsan. Peu après la 24e Recon arrivait. Sa 3e Cie se mit en route le long de la route de Namji-Ri à 20h00. Arrêtés après 5km par un nid de mitrailleuses, elle attendit l’infanterie de soutien qu’on lui avait promise sans jamais la voir arriver. Elle recula donc de 500m et établit son propre barrage.
Le 2/27 du ltc Murch et la batterie B du 8e d’Adc se mirent en route à 19h30. Ils furent ralentis dans leur avance par des milliers de réfugiés qui venaient en sens contraire. En tentant d’éviter un camion, un des chariots des réfugiés versa dans le fossé, révélant une cache d’armes et de munitions. Plusieurs Nord-Coréens déguisés en réfugiés tentèrent de s’enfuit vers les collines mais la plupart furent abattus par les hommes de Murch. Ainsi ralenti le bataillon ne put atteindre le fleuve que bien après la tombée de la nuit. Déployant ses 3 Cies, Murch ordonna à la F d’établir une tête de pont de l’autre côté du fleuve pendant que E et G prenaient les hauteurs surplombant le passage. Préférant ne pas poursuivre en pleine nuit face à un ennemi non dénombré, Murch s’installa pour la nuit.


Face au développement de la situation et au manque de coordination de ses subordonnés, Church créa la Task Force Hill, ce dernier étant le plus ancien en grade. Hill contrôlait donc les 9e, 19e et 34e RI, ainsi que le 1/21 qui s’était rassemblé dans la soirée au S-O de Yongsan. Il devait mettre au point un plan pour éradiquer l’ennemi du saillant, plan que Menoher devait ensuite amener au PC divisionnaire. Les 19e et 9e RI devaient poursuivre vers le S-O et le fleuve tandis que le 1/21 devait tenter d’envelopper le flanc droit Nord-coréen, protégé sur sa gauche par le 34e RI. Ce plan ne tenait pas compte de la situation aux environs de Yongsan, ni du fait que la zone de rassemblement du 1/21 était dangereusment proche de la ligne de transit de l’ennemi vers Namji-Ri. En fait le principal présupposé était quela zone située au S-E de la crête d’Obong-Ni était inoccupée.
Mais la 24e DI avait déjà 12h de retard sur son adversaire.

Sources :
- Roy E. Appleman : South to the Naktong, North to the Yalu / Center for Military Research
- William G. Robertson : Counterattack on the Naktong, 1950 / Combat Studies Institute (US Army Command And General Staff College, Fort Leavenworth, Kansas)
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Jeu 4 Oct - 18:09 (2007)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War Index du Forum -> LE BATAILLON FRANÇAIS DE L'ONU EN COREE. -> HISTOIRE, BIBLIOGRAPHIE ET REVUE DE PRESSE -> Histoire de la Guerre de Corée (Hors BF/ONU) Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | créer son forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com