Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953.  French Battalion in the Korean War  Index du Forum

Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War
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La guerre de Corée (3) : Le périmètre de Pusan (2e Partie) 1ère contre-attaque

 
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Ltc Taplett
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MessagePosté le: Jeu 4 Oct - 18:07 (2007)    Sujet du message: La guerre de Corée (3) : Le périmètre de Pusan (2e Partie) 1ère contre-attaque Répondre en citant

LA GUERRE DE COREE
III- Le périmètre de Pusan (2e partie) : 1ère CONTRE-ATTAQUE
1- La Task Force Kean
La poussée nord-coréenne par l’Ouest le long de l’axe Chinju-Masan avait contraint Walker à y envoyer tous ses renforts fraîchement débarqués. Ceux-ci incluaient le 5e RCT (Regimental Combat Team / Groupe de Combat Régimentaire) et la 1st Provisional Marine Brigade (1ère Brigade Provisoire des Marines). La 8e Armée se révélant être plus puissante en ce point du périmètre de Pusan, c’est d’ici que Walker décida de lancer la 1ère contre-attaque américaine de la guerre. Celle-ci devait permettre, entre autres, de faire tomber la pression autour de Taegu.
Dès que la décision d’attaquer fut prise, Walker ordonna à la 5e Air Force d’isoler le champ de bataille, de détruire les arrières ennemis de Masan à la rivière Nam et d’empêcher toute tentative ennemie de pénétrer sur la zone de combat depuis le Nord et le Nord-Ouest. Ces actions devaient débuter dans la soirée du 5 août et continuer toute la journée du 6.
Le 6, la Task Force Kean fut désignée pour mener l’attaque prévue pour le lendemain à 6h30. Son commandant était le Major-General William B. Kean, alors en charge dela 25e DI. Kean disposait plus ou moins de 20 000 hommes. La 25e DI (moins le 27e RI et le 8e bataillon d’AdC placés en réserve générale), le 5e RCT et la 1st Marine Brigade du Brigadier-General Craig. La TF incluait aussi 2 bataillons de chars moyens, le 89e et le 1er des Marines. La 25e DI avait désormais 3 bataillons dans chacun de ses régiments, bien que tous en dessous des effectifs théoriques.
 La topographie du terrain, en partie connue des Américains, permettait de circonscrire la bataille à l’endroit choisi, sans connections avec d’autres parties du périmètre. Le climat, anormalement chaud et sec en cet été 1950, allait se révéler cruel pour les soldats américains. Les pentes à 60° à grimper par des chaleurs de 40/45°C allaient causer plus de pertes à la 8e Armée que les balles ennemies durant la première semaine de combat.
Le plan prévoyait d’attaquer plein Ouest sur 3 routes, prendre la passe de Chinju et sécuriser le front le long de la Nam. Le 35e RI devait se déployer le long de la route la plus au nord (flanc droit), le 5e RCT sur la route centrale et les Marines devaient progresser le long de la route côtière (flanc gauche). Le 5e RCT devait mener l’attaque, prendre le carrefour à 8 Km à l’ouest de Chindong-Ni et continuer sur le chemin de droite. Les Marines devaient suivre puis prendre le chemin de gauche. Le 5e RCT devait faire sa jonction avec le 35e RI à Munchon-Ni, d’où ils devaient partir en direction de la passe de Chinju. Pendant ce temps les Marines longeraient la côte via Kosong et Sachong avant d’atteindre à leur tout Chinju.
Le 5e RCT et les Marines remplacèrent le 27e RI sur la ligne de front dans la nuit du 6 au 7 août. Le 27e se rendit alors à Masan pour être versé dans la réserve. Durant l’attaque le 24e RI devait nettoyer le terrain, plus particulièrement la zone montagneuse de Sobuk-San comprise entre le 35e RI et le 5e RCT. Assisté de la TF Min il devait aussi sécuriser la route Nord-Sud allant de Komam-Ni à Chindong-Ni via Haman.
A la veille de l’attaque les services de renseignement estimaient que la 6e DI de l’APC, située face à la TF Kean, comprenait environ 7500 hommes. En fait elle n’en comprenait que 6000 mais le 83e Régiment Motorisé de la 105e DB avait rejoint la division à l’insu de la 8e Armée, ce qui ramenait de facto ses effectifs à 7500. Les soutiens de la 6e DI étaient estimés à 36 pièces d’artillerie et 25 tanks.


2- Faux départ
 Sur le flanc droit de la TF Kean le 2/35 RI mena l’attaque au matin du 7 août. La veille, une de ses compagnies avait été chassée de ses positions avant de les réoccuper un peu plus tard. Mais dès qu’il franchit sa ligne de départ, au pied du « notch », à 5 Km à l’ouest de Chungam-Ni, le bataillon fit face à 500 hommes, soutenus par plusieurs canons automoteurs. La bataille dura 5 heures avant que, avec l’aide d’un soutien aérien, le 2/35 ne sécurise la passe et les hauteurs du Nord.
 Après ce combat, le 35e RI avança rapidement vers l’Ouest et se trouva à la nuit tombée près du carrefour de Munchon-Ni, son objectif initial. Lors de cette progression le régiment infligea en viron 350 pertes à l’ennemi, détruisit 2 tanks, 1 canon automoteur SU76, 5 pièces anti-chars et captura 4 camions chargés d’armes, de munitions et de divers documents. Pour le 35e RI, tout s’était déroulé selon le plan.
Le lendemain le régiment s’approcha des hauteurs, tout près du carrefour. Là, le colonel Fischer reçut l’ordre de s’enterrer en attendant le 5e RCT. Durant cette attente les hommes de Fisher repoussèrent quelques attaques et envoyèrent de solides patrouilles reconnaître jusqu’au berges de la Nam.
Dans l’espace montagneux qui séparait le 35e RI des autres colonnes d’attaque, les choses ne se passèrent pas aussi bien. Dès le 6 août, les compagnies I et L du 24e RI avaient été prises en embuscade, 12 hommes trouvant la mort au cours de l’accrochage. De fait, les forces censées nettoyer le terrain ne purent même pas avancer suffisamment pour estimer les forces ennemies. Le colonel Champney succéda au colonel White à la tête du 24e RI, coincé aux environs de Sobuk-San, le 6 août.
 Le 2 août, le 2e bataillon du 5e RCT du Ltc Throckmorton avait pris position sur les hauteurs au sud de Sobuk-San, entre le 2/27 RI, situé à Kogan-Ni, et Chindong-Ni. Le plus haut point occupé était la colline de Yaba-San (côte 342), à environ 1600 mètres au nord de la route côtière. La compagnie G en charge de sa sécurisation rebaptisa l’endroit Fox Hill. Le lendemain les Nord-Coréens attaquèrent et chassèrent la Cie de Fox Hill. Durant la nuit la Cie F la reprit à l’ennemi et l’occupa jusqu’à sa relève par les Marines le 8 août. Quoi qu’il en soit le bataillon de Throckmorton était en mauvaise position avant même le début de la contre-attaque de la 8e Armée. Tout indiquait une forte concentration ennemie dans les hauteurs qui entouraient la zone de Sobuk-San.
Au soir du 6 août, le 27e RI et le 2/5e RCT tenaient la ligne de front située à l’ouest de de Chindong-Ni. Le 27e RI était positionné près de la route, le 5e RCT sur les hauteurs au Nord. Dans la soirée le reste du 5e RCT releva les hommes en première ligne du 27e RI et le 1er bataillon de Marines releva quant à lui le 1/27 qui fut alors placé en réserve. Le lendemain le 2/5e Marines devait remplacer le 2/5e RCT. Dès lors, le 5e RCT devait entamer son attaque vers l’Ouest.
 Durant la nuit du 6 au 7 août, une section de Throckmorton fut délogée de ses positions, en dessous de Fox Hill. Les Nord-Coréens se déployèrent au sud et à l’est de ce point, position avec vue imprenable sur les différents PC des Marines et du 5e RCT, sur les batteries d’artillerie et sur la route principale menant à Chindong-Ni.
Au matin du 7 août un épais brouillard côtier empêcha tout soutien aérien. L’artillerie fit cependant feu pendant 20mn. A 7h20 l’infanterie se mit en marche. Le 1/5e RCT progressa sans encombres jusqu’au 1er carrefour. Là, au lieu de continuer vers l’Ouest comme prévu, il tourna à gauche. A midi il se trouvait sur une colline à 5Km du carrefour et sur la route que devaient emprunter les Marines. Nul ne sait comment une telle erreur d’orientation a pu se produire. Quoi qu’il en soit la colline que devait réellement prendre le 1/5e RCT, à l’ouest du carrefour et à partir de laquelle il devait couvrir l’avance du reste du régiment et des Marines, resta inoccupée. Par les Américains, en tout cas.
A 11h c’est le 2/5e Marines du Ltc Roise qui se mit en route pour relever les hommes de Throckmorton sur l’éperon rocheux qui menait à Fox Hill. Elle heurta aussitôt de plein fouet l’ennemi qui s’était déployé pendant la nuit. Dans la fournaise de cette journée d’août (44°C) les Marines subirent 30 cas d’insolation, soit 6 fois plus de pertes que celles infligées par l’APC. Le combat se transforma en unegigantesque mêlée. Le 3/5e Marines dut détacher une section en renfort. Même les hommes du 27e RI, pourtant placés en réserve, furent mis à contribution. La confusion fut aggravée par le fait que certains blindés américains coupèrent par erreur les lignes téléphoniques. Finalement les Marines finirent par relever le 2/5e RCT.
Pendant ce temps la Cie F était toujours encerclée sur Fox Hill. Après 2 tentatives infructueuses, l’Air Force parvint à parachuter de l’eau et des munitions aux hommes retranchés. N’étant pas parvenu à atteindre ses objectifs le 2/5e Marines  reprit son attaque contre Fox Hill le lendemain à l’aube après un bombardement aérien des positions ennemies. Cette fois, à l’issue de durs combats, les Marines parvinrent à prendre et à tenir la colline. Dans cette action, la Cie D perdit 8 tués dont 3 officiers et 28 blessés. Les pertes nord-coréennes sont évaluées entre 150 et 400.
Les hommes de Throckmorton furent alors immédiatement dirigés vers la position qu’aurait dû occuper le 1/5e RCT la veille, désormais occupée par les Nord-Coréens. Mais après 1 semaine de combats le bataillon n’avait plus que 2 compagnies effectivement en état de combattre. L’attaque échoua. Sur l’insistance de Kean (« Je veux cette colline ce soir! »), les Cies G et E repartirent à l’assaut, soutenues par 3 tanks et des mortiers de 4.2 pouces et de 81mm. Bien qu’au bord de l’épuisement les GI’s parvinrent à prendre la colline durant la nuit.

 Mais les problèmes de la TF Kean ne se situaient pas qu’à l’ouest de Chindong-Ni. Il est certain que la surprise d’apprendre au matin du 7 août que les Nord-Coréens avaient contourné la ville pour occuper la cote 255, située à l’Est et dominant la route de Masan fut des plus désagréables.
Le 2/24 et le 3/5 Marines (alors composé de seulement 2 compagnies en sous-effectifs, G et H, à l’instar des autres bataillons de la brigade) essayèrent sans succès de briser ce barrage, malgré des tirs d’artillerie et un soutien aérien de grande ampleur. Petit à petit cependant, les Américains gagnèrent du terrain, mais ce n’est que le 9 août vers midi que la position fut finalement réduite. Les pertes ennemies furent estimées à environs 600 hommes. Le 3/5 avait perdu 70 hommes, dont la moitié du fait de l’intense chaleur. La Cie H avait perdu à elle seule 16 tués et 36 blessés.
 En définitive, les évènements du 7 août le long du front de Masan révélèrent une chose: l’attaque de la TF Kean coïncidait avec celle qu’avait préparé de son côté la 6e DI de l’APC!

3- Les Marines sur la côte
 Dans l’après-midi du 9 août les Marines remplacèrent le 1/5e RCT sur la colline qu’il avait occupée par erreur 2 jours plus tôt. Le 1/5 repartit vers le carrefour et reprit la bonne direction cette fois.
Les Marines avancèrent dès lors très rapidement, sous la couverture des Corsairs de la 1st Marine Air Wing (en provenance des ‘USS Sicily’ et ‘Badoeng Strait’). Kean imposa un train d’enfer à ses troupes dans l’espoir de rattraper le temps perdu. Dès le 10 août les victimes d’insolation étaient une nouvelle fois très supérieures à celles dûes à l’ennemi.
 Peu avant midi le 11 août, après une brève escarmouche le long de la route, le 3/5 du Ltc Taplett s’approcha de Kosong. En effectuant un tir préventif l’artillerie du 1/11e Marines effraya des véhicules camouflés du 83e Régiment de le 105e DB qui s’enfuirent en direction de Sachon et Chinju. Repérée par 4 Corsairs en mission de reconnaissance, la colonne d’environ 200 véhicules fut copieusement mitraillée. Bien que fortement désorganisés et paniqués, les Nord-Coréens parvinrent à abattre 2 avions. Une patrouille de Corsairs des Marines et de F-51s de l’Air Force vint en renfort et continua l’assaut. Quand les troupes au sol parvinrent sur les lieux un peu plus tard elles trouvèrent les débris de 31 canons, 24 jeeps, 45 motos ainsi que d’autres matériels détruits ou abandonnés.
 Cette nuit-là, les Marines bivouaquèrent à 6 Km à l’ouest de Kosong.


 Le lendemain, le 1/5 du Ltc George Newton passa à travers le 3/5 et prit la tête de ce qui devait être la dernière ligne droite avant Sachon, à environ 13 km au sud de Chinju. Après 18 km sans rencontrer d’opposition, les Marines se trouvaient à moins de 7 km de la ville vers midi. Une heure plus tard, il furent pris en embuscade dans le village de Changchon. Heureusement pour les Marines, une partie du 2/15e RI et certains éléments du 83e RM se découvrirent trop tôt. Un violent combat s’engagea alors, durant toute l’après-midi et une partie de la soirée. Les Corsairs effectuèrent sortie sur sortie. En fin d’après-midi les côtes 301 et 250 (à gauche de la route) et 202 (à droite) étaient prises.
Avant l’aube du 13 août les Nord-Coréens débordèrent la 3e section de la Cie B sur la cote 202. Les hommes de garde s’étaient apparemment endormis et la section fut massacrée. Il n’y eut qu’un seul survivant. Une section voisine fut elle aussi violemment attaquée. Peu après le lever du soleil les hommes qui tenaient la côte 202 reçurent l’ordre de se replier et de rentrer sur Masan. La Cie B avait perdu 12 tués, 16 blessés et 9 disparus, présumés morts.


Juste avant midi le 12 août Kean avait ordonné à Craig d’envoyer un de ses bataillons nettoyer la route centrale (celle que devait emprunter le 5e RCT). L’ennemi l’avait en effet coupée et attaquait l’artillerie du régiment. C’est le 3/5 qui fut chargé de cette mission. Dans la soirée Craig fut convoqué à Masan par Kean. Il y reçut l’ordre d’ordonner le repli de toute la brigade et de la rapatrier aux environs de Chindong-Ni. D’autres évènements ayant lieu à d’autres points du périmètre de Pusan justifiaient ce subit retrait des Marines de la TF Kean.
4- « Bloody Gulch » : Le cimetière de l’artillerie
 A-Pongam-Ni
 Simultanément au mouvenment des Marines vers Chinju le 5e RCT plongea vers le centre en direction de Munchon-Ni, son point de rencontre prévu avec le 35e RI. Le 10 août, alors que le régiment avançait vers Pongam-Ni, la reconnaissance aérienne ne repéra pas les concentrations de troupes ennemies au-delà du village. Le 1/5 du Ltc Jones attaqua à droite (Nord) de la route, le 2/5 du Ltc Throckmorton à gauche (Sud). Le 1/5 fut au contact de l’adversaire sur les collines autour du village mais parvint pénétrer dans celle-ci et à y installer son PC.
 
Pongam-Ni n’était rien d’autre qu’un vague hameau d’une vingtaine de maison en torchis aux toits de paille regroupées à un carrefour, la route principale la traversant selon un axe Est-Ouest correspondant à peine à un chemin rural selon les standards américains. A 400m au N-E du village s’élevait une abrupte colline pelée, terminaison d’une crête parallèle à la route principale. Les Nord-Coréens occupaient cette crête. Un pont de briques étonnament moderne dans cet environnement permettait de traverser la rivière qui coulait N-S en provenance de Tundok/Sobuk-San. A cet endroit la rivière formait un bras qui partait vers l’Est. Deux crêtes séparées par une vallée large d’environ 300m se rejoignaient à environ 1km à l’ouest du village. La crête la plus au Nord était la plus élévée. Le 10 août le 2/5 tenait la crête la plus au Sud et les Cies B et C du 1/5 tenaient la partie Est de celle du Nord. L’ennemi en tenait le restant et empêchait le contrôle de la passe.
 


Dans la journée l’artillerie régimentaire de soutien se mit en position à Pongam-Ni et Taejong-Ni, un autre hameau distant de quelques centaines de mètres. La batterie A du 55 5e d’AdC se positionna sous le pont bétonné tandis que la B se déployait le long de la berge à l’extrêmité du village. Le PC des 2 batteries s’installa dans le village lui-même. Le 90e d’AdC (moins une batterie) s’installa quant à lui sur la rive Ouest de la rivière N-S. Toutes les pièces se situaient au nord de la route principale. Le PC du 5e RCT et la batterie C du 55 5e étaient situés plus en arrière, à l’est du village.
Cette nuit-là les Nord-Coréens attaquèrent le 1/5e RCT et les batteries d’artillerie situées à Pongam-Ni. Au lever du jour les combats continuaient encore. Durant la bataille le Ltc John H. Daly, en charge du 55 5e perdit le contact avec la batterie A. Avec le soutien du Ltc Jones du 1/5 et quelques hommes il tenta d’atteindre la batterie pour faire le point de la situation. Les 2 officiers furent blessés dans cette action, Jones grièvement, au point que Daly prit temporairement la tête du bataillon. Finalement les assaillants finirent par abandonner et regagnèrent leurs positions.
Quand le 3/5e RCT était parti vers l’Ouest pour faire la jonction avec le 35e RI au carrefour de Munchon-Ni au cours de l’après-midi précédent, il avait laissé le PC du régiment et la batterie C du 55 5e sans soutien. Les Nord-Coréens profitèrent de l’aubaine pour les attaquer dans la nuit du 10 août, sans succès. Au matin un soutien aérien rapproché permit de refouler l’ennemi dans les collines. Le PC du 2/5e de Throckmorton fut attaqué lui aussi. Ce dernier dut rappeler la Cie E de Pongam-Ni en soutien pour repousser l’ennemi.
B-Quitter Pongam-Ni
Le plan du colonel Ordway pour quitter le village était le suivant: Le 2e bataillon devait se désengager de la crête Sud et entamer son avance, après que le 1er bataillon ait sécurisé la crête Nord et la passe elle-même. Le Train régimentaire puis l’artillerie devaient suivre. Le 1er bataillon devait alors se désengager à son tour et protéger les arrières dela colonne. Après que le Ltc Jones ait été évacué, Ordway ordonna au Ltc Roelofs, alors en charge du 2e bureau du régiment, de prendre les rênes du 1/5. Ce dernier arriva vers 14h. Il prit connaissance du plan d’Ordway et effectua une reconnaissance personnelle de la crête Nord avant de mettre au point son plan d’attaque.
C’est la Cie B qui en était le fer de lance. Roelofs la fit se reposer dans la vallée avant de la réapprovisonner en munitions. La Cie se lanca alors à l’assaut de la passe elle-même, en attaquant un peu avant le crépuscule la colline de droite, celle qui en commandait le versant Nord. Pendant ce temps la Cie C avançait plein Ouest le long de la crête en direction de la B. L’artillerie et toutes les armes disponibles du 2/5 furent mobilisées en soutien de l’attaque, et ce de manière efficace. Avant le crépuscule la Cie B avait atteint son objectif.


Une section de la Cie A, renforcée par une section de tanks, resta en position au nord de Pongam-Ni, sur la route de Tundok, pour protéger le carrefour du village et les positions d’artillerie de toute attaque en provenance de cette direction. Le reste de la Cie A releva le 2/5 sur la crête Sud vers 21h, heure à laquelle le bataillon se dirigea vers l’Ouest comme prévu.
Satisfait de l’attaque de la Cie B, Roelofs installa son PC à 300m à l’ouest de Pongam-Ni, dans le lit d’une rivière asséchée au bord de la route principale.
Au vu des actions de la nuit du 10 au 11 août, Ordway avait conclu qu’il était trop dangereux pour le Train régimentaire et l’artillerie de se déplacer de jour et avait adapté son plan de déplacement en conséquence. Dans l’après-midi du 11, et malgré ses protestations, il reçut l’ordre de se mettre en mouvement plus tôt, ainsi que l’assurance qu’un bataillon du 24e RI viendrait prochainement protéger son flanc droit (Nord). Kean se refusait apparemment à croire qu’une force ennemie de grande importance stationnait aux environs de Pongam-Ni. Kean lui-même était soumis à une forte pression de la part du commandement de la 8e Armée. Il devait occuper et défendre la passe de Chinju, renvoyer la TF Min pour la remettre à la disposition de l’ARC et se tenir prêt à remettre les Marines et le 5e RCT à la disposition de l’Armée. Ces mesures à venir oblitéraient considérablement les chances de succès de la TF Kean de maintenir les gains qu’elle pourrait obtenir dans la mesure où une ou plusieurs de ses unités principales étaient appelées ailleurs en urgence.
C-Contre-ordres et chaos
A environ 21h, alors que les hommes de Throckmorton, ceux de la batterie C du 55 5e d’AdC et ceux du Train se préparaient à partir, Ordway reçut l’ordre de ne précisément déplacer que ces unités-là et de maintenir les autres sur place jusqu’au lever du jour. Pressentant un désastre il tenta de contacter la 25e DI mais ne put la joindre. Résigné, il émit les ordres nécessaires à l’application de ceux de la Division. Mais Throckmorton était déjà parti et avait franchi la passe, sans possibilité d’entrer en communication avec Ordway, malgré de nombreuses tentatives de part et d’autre. De fait, alors que Throckmorton croyait être l’avant-garde d’un régiment, il se trouvait en définitive seul et sans possibilités de soutien en cas d’accrochage. Durant le franchissement de la passe le Ltc Daly fut blessé une seconde fois et evacué. Le bataillon avait nettoyé la passe avant minuit. Il fut attaqué un peu plus loin à l’Ouest mais parvint sans trop de difficultés à avancer d’encore 8Km avant de se regrouper pour la nuit.


A minuit le 55 5e d’AdC (moins la batterie C, alors avec le 2/5), le PC et la batterie A du 90e (canons de 155mm), situés à Pongam-Ni et Taejong-Ni n’étaient plus soutenus que par le 1/5, au nord de la route principale. Le PC régimentaire et les canons de la batterie C du 55 5e étaient situés à environ 1700m plus à l’Est, le long de la route. Peu après 1h du matin le 12 août le capitaine Baker réveilla le colonel Roelofs pour le prévenir de la perte de contact avec la Cie C sur la crête Nord de la passe alors que des bruits de combat provenaient de cette direction. Le contact ne pouvant être rétabli, Roelofs prévint Ordway et demanda à déplacer le Train régimentaire et l’artillerie vers l’Ouest mais Ordway s’en tint aux ordres de Kean. Roelofs partit à Pongam-Ni pour se rendre compte que tous les officiers présents n’attendaient que l’ordre du départ. A son retour au PC il apprit qu’à priori la Cie C avait été chassée de ses positions. Roelofs réitéra sa demande de quitter la passe. Ordway décida cette fois de contrevenir aux ordres, persuadé que les positions que l’ennemi était en train de gagner ne pouvaient qu’entraîner un massacre si ses hommes devaient s’engager en plein jour. De plus, le bataillon du 24e RI promis n’était toujours pas arrivé. A 4h Ordway donna l’ordre du départ. Le Train en premier, suivi de l’artillerie, protégés par le 1/5.
Malgré les ordres d’Ordway il semble que les communications passèrent mal et un embouteillage se créa très rapidement. Ce qui devait théoriquement nécessiter 20 mn mit des heures à se mettre en place. Un des facteurs aggravant de cette situation fut quand une ambulance tenta de s’introduire dans la colonne en provenance du PC du 1/5 pour finir sa course dans le fossé, bloquant ainsi définitivement le trafic derrière elle avant qu’elle ne soit enfin dégagée.
Un peu avant l’aube les premiers tirs en provenance des collines commencèrent à pleuvoir sur le convoi. Ordway partit en jeep en éclaireur afin de trouver un endroit permettant de dégager le Train et de faire avancer l’artillerie. Un de ses officiers trouva une école aux alentours du bivouac de Throckmorton. C’est à ce moment qu’arriva un officier d’artillerie en provenance de Pongam-Ni pour annoncer que l’artillerie coincée dans la passe avait été réduite en miettes. Ordwayt fit demi-tour et et croisa les hommes épuisés du 1er bataillon. Roelofs lui apprit qu’à sa connaissance les artilleurs avaient pu s’enfuir dans les collines. Ordway fit se regrouper les hommes du 1/5 et ordonna au 2/5 de retourner à Pongam-Ni pour couvrir les arrières du régiment et toutes les troupes qui y demeuraient encore.
D-La fin de l’artillerie
A l’aube Roelofs avait eu la surprise de trouver la Cie A et la section de tanks censés garder le nord du hameau dans la colonne qui tentait d’avancer vers l’Ouest. Qui avait donné cet ordre au chef de section? Ce dernier ayant été évacué le lendemain, Roelofs ne put jamais le savoir. Quoi qu’il en soit, ce dernier ordonna aux tanks et à la section d’infanterie de se mettre sur le côté en attendant qu’il leur soit possible de retourner à leur poste.
Peu après l’aube l’ennemi avait virtuellement encerclé l’artillerie. Le 13e régiment de la 6e DI attaquait furieusement le 55 5e et le 90e de 3 côtés à la fois. L’attaque fut brutale et terriblement efficace. Un camion explosa sur le pont, bloquant tout trafic. Tous les hommes sautèrent des véhicules pour se réfugier dans les bas-côtés. Les tanks et canons automoteurs ennemis descendaient du Nord, sans opposition et tiraient sur le village et les batteries d’artillerie. Le retrait de la section d’infanterie et des tanks avaient permis aux Nord-Coréens de s’approcher sans être repérés, quasiment à bout portant, et avec des résultats désastreux pour les Américains. Les positions du 55 5e étaient complètement à découvert, celles du 90e à demi-protégées par le terrain. Les obusiers de 105 tentèrent de s’opposer aux tanks, mais sans succès. Le 90e ne put braquer ses canons de 155 assez bas pour atteindre les blindés ennemis. Plusieurs canons du 55 5e furent détruits par des tirs directs. Les artilleurs coururent se cacher dans les habitations environnantes (dont certaines ne tardèrent pas à s’enflammer) et sous le pont.
En même temps que l’apparition des chars les Nord-Coréens se mirent à faire feu de toutes leurs armes depuis la crête au nord de la route, causant de nombreuses victimes parmis les servants des mortiers de 4.2 pouces, les forçant à se mettre à couvert. La section de mitrailleuses était heureusement bien retranchée et apte à retourner le feu sur l’ennemi. Différentes tentatives nord-coréennes de contournement et d’infiltration par le Sud échouèrent avant qu’elle n’aient pu causer trop de dommages.
Un lieutenant-colonel et 3 ou 4 hommes vint prévenir Roelofs de la situation catastrophique au niveau du pont et dans le village: Canons et camions hors de combat, les hommes tentant de fuir du mieux qu’ils pouvaient. Malgré l’éclaircissement du trafic, l’ennemi continuait à mitrailler la route. Roelofs ordonna à la section de mortiers de franchir la passe, suivie de celle des mitrailleuses lourdes. Les blessés furent embarqués, pas les morts. Il n’y avait plus de place pour eux sur les quelques camions encore en état de marche.
Alors que les derniers hommes du 1er bataillon marchaient vers la passe, 3 tanks moyens arrivèrent depuis Pongam-Ni. Roelofs ignorait totalement leur présence sur les lieux. Il arrêta le char de tête dont les occupants lui apprirent que tous ceux qu’ils avaient vu au niveau du pont et le long de la rivière étaient morts. Roelofs se dirigea avec queques hommes en direction du hameau pour confirmer leurs dires. En chemin il croîsa l’aumônier Kapica dans sa jeep avec quelques blessés. Il lui affirma avoir récupéré tous les blessés qu’il avait trouvé. Roelofs fit alors demi-tour et embarqua sur un des tanks en direction de l’Ouest.Au niveau de la passe, toujours tenue par le 1er bataillon, il récupéra les 23 survivants (sur 180) de la Cie C. Roelofs organisa alors le repli: Cie A, puis les restes de la Cie C. Toujours au contact avec l’ennemi, la Cie B se replia par sections des collines au nord de la passe, couverte par les 3 blindés en arrière-garde. Il était environ 10h00.
En fait la situation au village et au pont n’était pas tout à fait telle qu’elle était apparue aux hommes qui l’avait rapportée à Roelofs. Peu après l’arrivée des blindés en provenance du Nord, l’infanterie nord-coréenne s’était rapprochée des positions du 55 5e d’AdC et avait commencé à la harceler de ses armes automatiques. Trois des obusiers de de 105mm continuèrent cependant à à tirer plusieurs heures après le lever du jour, jusqu’aux environs de 9h00. Puis l’ennemi déborda finalement les batteries d’artillerie.
Le 90e d’AdC subit un sort plus ou moins similaire. Dès le début de l’attaque, avant l’aube, 2 canons de 155mm et plusieurs camions chargés de munitions de la batterie A furent détruits par des coups au but. Ce n’est qu’en combattant comme des fantassins que les artilleurs purent repousser l’assaut nord-coréen. A l’aube des Corsairs intervinrent et mitraillèrent l’ennemi du feu de toutes leurs armes. Sans moyens de communication avec les troupes au sol, ils repérèrent l’ennemi en suivant la direction indiquée par les balles traçantes. Malgré ce soutien, les positions du 90e étaient intenables. Vers 9h00 les survivants chargèrent les blessés dans les camions encore en état de marche. Puis, couverts par les hommes valide et le feu de soutien des F-51s de l’Air Force, le bataillon se replia à pied.
Pendant ce temps le feu ennemi détruisait à peu près tous les véhicules se trouvant à l’est du pont. A environ 1,7Km à l’Est, la batterie C du 55 5e fut à son tour attaquée, plusieurs camions détruits. Mais l’attaque se révéla moins intense que dans le village même et, vers 8h00, elle cessa.
E-Missions de secours
Après que les positions d’artillerie aient été débordées, 2 tanks du 25e escadron de reconnaissance tentèrent de dégager la route mais échouèrent. Ayant reçu des ordres de retour vers Pongam-Ni, le 2/5 de Throckmorton fit demi-tour vers la passe où l’action s’était éteinte. Quelques fuyards isolés rejoignirent les lignes, mais aucun après midi. Sentant sa position menacée, Throckmorton demanda à pouvoir se replier, autorisation qui lui fut accordée vers 15h00.
Dans la matinée le général Barth, commandant de la 25e DA tenta de rejoindre les lieux mais la route était coupée et il dut rebrousser chemin. Une section du 72e bataillon du Génie de Combat tenta d’ouvrir la route mais fut violemment prise à partie par l’ennemi et dut renoncer. Barth appela Kean à Masan et lui expliqua l’ampleur du désastre. Kean ordonna alors au 3/5 Marines du Ltc Taplett et au 3/24e RI de se diriger vers Pongam-Ni.
Les Marines arrivèrent à Kogan-Ni, à environ 5km de leur objectif, vers 16h00 le 12 août. Soutenus par quelques frappes aériennes et un barrage d’artillerie (59e d’AdC + Batterie C du 11e Marines), ils sécurisèrent les hauteurs situées au nord et à l’est de Pongam-Ni.


Le lendemain le bataillon se prépara à attaquer vers l’Ouest avec pour objectif la récupération des survivants du 55 5e d’AdC reportés être cachés sous le pont. Mais avant que l’attaque prévue ne commence le bataillon reçut l’ordre rester sur ses positions dans l’attente de sa relève par le 2/5e RCT le lendemain matin. Le 14 août, après plusieurs heures d’attente, Taplett envoya le major Canney, son officier en second, à la rencontre du bataillon. Il les trouva à 2500 mètres en arrières des positions des Marines, en train de creuser leurs défenses. Malgré le rappel de Taplett quant au fait que c’est sur ses positions actuelles que les soldats devaient le relever, l’officier de l’Armée interpelé refusa de bouger. Dégoûté du manque d’intérêt de ce dernier quant au sort de ses camarades du 55 5e, Taplett fit signer le transfert d’autorité à 14h30 et emmena ses hommes rejoindre le reste de la brigade à Masan (1).
De la même manière le 3/24e RI n’atteint jamais les positions débordées des artilleurs. Malgré l’arrivée du Ltc Corley, un des commandants de bataillon les plus décorés de la 2e guerre mondiale, le 9 août, le bataillon ne s’approcha pas plus loin que 4 km de Pongam-Ni. Les tentatives de l’Etat-Major de relever le niveau du 24e RI en lui délégant les meilleurs officiers possibles ne parvinrent pas à atteindre l’effet escompté. Entre le 12 et le 13 août, les 2 compagnies d’assaut de Corley, après avoir été soumises à de maigres attaques nord-coréennes, s’étaient littéralement dissoutes (respectivement 20 et 35 hommes pour un effectif initial de plus d’une centaine chaque), alors qu’elles n’avaient subi qu’une dizaine de victimes…
F- Bilan de « Bloody Gulch »
A “Bloody Gulch” (le ravin sanglant), ainsi que fut dénommé le lieu du désastre par les soldats, le 55 5e perdit les 8 obusiers de 105mm de ses 2 batteries. Le 90e perdit quant à lui les 6 canons de 155mm de sa batterie A. Les pertes humaines du 55 5e ne furent jamais clairement enregistrées. Au lendemain de l’attaque seuls 20% des hmmes étaient présents et aptes. On estime que 75 à 100 hommes furent tués au niveau des batteries et 80 blessés, la plupart incapables de s’enfuir. Cinq semaines plus tard, quand la 25e DI reprit Taejong-Ni, 55 cadavres furent retrouvés, tous abattus d’une balle dans la tête.


Quatre jours après le désastre, le général Barth reconstitua et reéquippa le 55 5e et le 90e. La 8e Armée leur alloua 12 obusiers de 105mm initialement prévue pour l’ARC et 6 canons de 155mm prévus pour une 3e batterie du 90e. Le Ltc Clarence Stuart prit le commandement du 55 5e le 13 août.
A l’ouest de « Bloody Gulch » le 2/5e RCT repoussa un assaut nord-coréen le 13 août avant de remonter dans ses camions et de partir vers le carrefour de Munchon-Ni où il prit la direction de Masan.
Le 3/5e RCT, qui était parti de Pongam-Ni en direction de l’Ouest le 11 août, avait rejoin le 35e RI à l’endroit prévu: Le carrefour de Munchon-Ni. De là, les 2 forces s’étaient dirigées vers la passe de Chinju d’où elles surplombaient désormais la ville. Elle n’allèrent pas plus loin. Dans l’après-midi du 13 août, le 5e RCT fut rappelé vers l’Est.
Le 14 au matin, le 2/5e RCT releva les hommes du 3/5 Marines à Kogan-Ni. Le colonel Throckmorton remplaça le colonel Ordway le 15 août.
5- La fin de la Task Force Kean
 Le 14 août, après une semaine de combats, la TF Kean était peu ou prou revenue sur sa ligne de départ. Le 35e RI tenait la partie Nord de la ligne de front de la 25e DI, le 24e RI en tenait le centre et le 5e RCT la partie Sud. Les Marines étaient en route vers une autre ligne de front.
 Du 7 au 13 août les hommes de la TF Kean avaient appris qu’aussi belles que fussent les collines au coucher du soleil elles étaient entourées d’ennemis qui en surgissaient la nuit.
Et qu’il fallait grimper, grimper, grimper…
 
 Durant toute cette période les voies de ravitaillement étaient quotidiennement harcelées, les tanks et autres véhicules blindés devant intervenir pour en maintenir l’accès ouvert.
 
 A 15h50 le 16 août le général Kean dissout la Task Force lors d’un message radio. Cette dernière n’avait pu accomplir ce que la 8e Armée croyait facile à faire: Prendre et tenir la passe de Chinju. Durant la progression de la Task Force, l’ennemi contrôla toujours la région minière de Sobuk-San. Le 24e RI et les troupes de l’ARC associées n’avaient pu débarrasser les montagnes de l’ennemi qui y grouillait. Ce dernier put y maintenir une base arrière lui permettant d’envoyer ses troupes couper les lignes de ravitaillement et les arrières des Américains. Le haut commandement nord-coréen n’envoya pas un seul renfort à la 6e DI qui parvint à contenir la TF Kean à elle seule. Certes, les Nord-Coréens avaient parfois subi de lourdes pertes, mais ce fut aussi le cas de la Task Force. La 8e Armée avait une nouvelle fois sous-estimé la 6e DI de l’ARC.
 
 Malgré cet échec l’équipée de la TF Kean eut certains effets positifs: Elle permit de contrecarrer de front l’attaque de la 6e DI sur Masan avant de la repousser. Elle eut aussi un effet psychologique: La reprise de l’offensive par les Américains. A compter de cette date, et à l’exception du 24e RI, les troupes se battirent avec aplomb et courage. Leur aptitude au combat s’était considérablement élevée.
 En désorganisant les opérations offensives de la 6e DI à la mi-août, la TF Kean permit aussi de gagner… du temps. Du temps nécessaire à l’organisation des défenses indispensables à la protection de Masan pour les jours à venir.
 La 6e DI était désormais placée face à la 25e DI dans les montagnes à l’Ouest de Masan. Le 13e RI était sur la gauche du front, près de la Nam, le 15e RI était au centre et le 14e RI sur la côte. Les restes du 83e Régiment Motorisé soutenaient toujours la division. Les premiers renforts (2000 hommes environ) arrivèrent à Chinju le 12 août. La plupart d’entre eux étaient des Sud-Coréens enrôlés de force à Andong. On leur distribua des grenades et on leur conseilla de trouver des armes sur les champ de bataille. Des prisonniers rapportèrent que la 6e DI comportait désormais entre 3000 et 4000 hommes. Elle avait apparemment encore 12 tankls à sa disposition mais plus d’essence. Les hommes n’avaient que peu de nourriture.
 Durant les combats qui opposèrent la 6e DI et la TF Kean sur le front de Masan d’autres violentes batailles avaient eu lieu ailleurs. Les divisions sœurs de la 6e DI attaquaient férocement les lignes de la 8e Armée le long du Naktong.
 
 Les batailles du périmètre de Pusan venaient de commencer.
(1) Seul Taplett fait référence à cet incident dans ses mémoire. D’après lui le nom de l’officier en question « sonnait comme ‘Champagne’». Le colonel Champney pourrait correspondre mais il était alors en charge du 24e RI…
Sources :
- Roy E. Appleman : South to the Naktong, North to the Yalu / Center for Military Research
- Robert D. Taplett : Dark Horse 6 / Phillips Publications
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MessagePosté le: Jeu 4 Oct - 18:07 (2007)    Sujet du message: Publicité

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