Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953.  French Battalion in the Korean War  Index du Forum

Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War
Forum de l'association "Crèvecoeur", Association "Loi 1901" de reconstitution historique sur Le bataillon Français de l'Onu en Corée.

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 



 A la une: 
L'association CREVECOEUR est désormais labellisée par le Service Historique du Ministère de La Défense,  reconnu pour son authenticité et sa véracité lors de ses reconstitutions historiques, ayant pour thème le Bataillon Français de l'ONU en Corée.
La guerre de Corée (3) : Le périmètre de Pusan (1e Partie) Situation

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War Index du Forum -> LE BATAILLON FRANÇAIS DE L'ONU EN COREE. -> HISTOIRE, BIBLIOGRAPHIE ET REVUE DE PRESSE -> Histoire de la Guerre de Corée (Hors BF/ONU)
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Ltc Taplett
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Jeu 4 Oct - 18:06 (2007)    Sujet du message: La guerre de Corée (3) : Le périmètre de Pusan (1e Partie) Situation Répondre en citant

LA GUERRE DE COREE
III- Le périmètre de Pusan (1e partie) : SITUATION
1- La stratégie de Walker
La série d’actions qui pendant 6 semaines allaient définir la bataille du périmètre de Pusan commença la nuit du 31 juillet quand les dernières unités US battant en retraite traversèrent le Naktong en direction de l’Est.
«Il n’y aura plus de recul, de retraite ou de ‘réajustement de lignes’ de quelque nature que ce soit » déclara le commandant de la 8e Armée le lendemain de la perte de Chinju, « Il n’y a plus de lignes derrière lesquelles nous pouvons battre en retraite. Cette bataille ne sera pas un nouveau Dunkerque ou un nouveau Bataan. Battre en retraite vers Pusan résulterait en l’une des plus grandes boucherie de l’Histoire. Nous devons nous battre jusqu’à la fin. Nous devons rester soudés. Si certains d’entre nous meurent, nous mourrons en nous battant ensemble. » Le caractère quelque peu désespéré de cet appel cachait en fait toute la pugnacité et le courage de « Bulldog » Walker, qu’il allait finir par insuffler aux unités défaites de son armée.

Walton Walker
Walker avait été très impressionné par la personnalité de Patton lorsqu’il était sous son commandement en Europe. Bien que mentionnant peu son ancien « patron » il le citait souvent durant ses briefings. Il possédait un exemplaire de « La guerre, telle que je l’ai vécue » (War as I knew it)» dans ses quartiers et sur son bureau on trouvait toujours un exemplaire de « Ce que nous ont appris nos combats » (Combat lessons learned), une compilation de rapports de bataille de la 3e Armée en Europe.
Walker était empreint des stratégies et tactiques propres à l’Arme Blindée et cet état d’esprit lui permit de réagir au plus vite à des situations extrêmement fluctuantes. Il développa 2 techniques :
 Les EEI (Eléments Essentiels d ‘Information), qui sont les rapports d’observations qui permettent à un commandant de cerner les capacités de l’ennemi. Walker se pencha plus particulièrement sur les mouvements de celui-ci afin de déterminer au mieux le lieu des batailles critiques.
 Les ICC (Indicateurs Critiques de Combat), qui sont les facteurs opérationnels permettant de juger quand et comment l’ennemi va agir. Dans ce cas il se focalisa sur la logistique, l’armement et les modes opératoires.
Ainsi quand la 8e Armée franchit le Naktong pour se retrancher, Walker en savait déjà beaucoup sur l’ennemi. Persuadé dès le début de son commandement que Pusan était l’objectif final des armées de Kim Il Sung, il concentra ses EEI sur les mouvements de l’APC dans cette direction, plus particulièrement le long de l’axe Taejon-Taegu. Quand les avions de reconnaissance confirmèrent que 2 divisions ennemies au moins étaient en marche, il déplaça brillamment la 25e DI sur 170 Km en moins de 24h, sauvant très probablement Pusan d’une fin certaine.
Ses études des ICC apprirent à Walker les choses suivantes :
- L’ennemi ne pouvait soutenir son offensive que durant 3 jours avant de se replier pour être réapprovisionné.
- Une fois la 1ère vague d’assaut décimée l’ennemi poursuivait son attaque avec des unités qualitativement inférieures.
- Bien qu’ayant dominé le terrain pendant les premières semaines, les T-34 ne pouvaient rivaliser avec les Sherman E-8, les Pershing M-26 ou le nouveau Patton. De plus, l’usage désormais intensif de l’efficace lance-roquettes de 3.5 pouces avait redonné confiance aux fantassins qui devaient affronter les chars ennemis.
Les Nord-Coréens étaient passés maîtres dans l’art du double enveloppement, qu’ils pratiquaient de la compagnie au Corps d’Armée. Walker remarqua cependant un défaut dans la cuirasse. Chaque fois que les forces de l’ONU brisaient un assaut, une « temporisation » avait lieu pendant que l’ennemi cherchait à se regrouper. Il décida d’utiliser cette faiblesse en appliquant une tactique que les Allemands avait utilisée contre lui durant la 2nde Guerre Mondiale : Ils trompaient l’ennemi en lui donnant d’être en force à un point donné. Lorsque les Américains se déployaient les Allemands leur présentaient alors ce qui semblait être la voie parfaite pour une attaque de flanc et lorsque les GI’s s’y engageaient ils les attaquaient en force pour leur infliger le maximum de dégâts avant de décrocher.
Dans son approche défensive Walker appliqua ainsi les idées de Patton :
- Ligne d’avant-postes soutenue en arrière par de puissantes forces mobiles judicieusement placées.
- Chaque route susceptible de permettre les déplacements de colonnes blindées était la cible de l’artillerie
- Au niveau bataillonaire c’est soutien mutuel par petits groupes développés en profondeur et solidement retranchés (barbelés, mines…) qui prévaut.
- Pour éviter les embuscades et les encerclements, les routes devaient désormais uniquement servir qu déplacement et les champs ou les rizières au combat.
C’est tout l’avenir de la 8e Armée qui reposait sur ces simples préceptes.
2- La 25e DI se dirige vers le Sud
 A l’aube du 1er Août, la 25e DI se dirigeait vers de nouvelles positions défensives au sud de Sangju, sur le front du centre. A 15h00 un message du QG de la 8e Armée changea brutalement les plans du général Kean. La division devait désormais se diriger plein Sud vers Samnangjin, sur le Naktong. Là, elle devait barrer la route vers l’Est à l’ennemi et à se préparer à attaquer vers l’Ouest.
 Lors d’une conférence improvisée à Taegu au matin du 2 août Walker modifia ce plan. De Samnangjin la division devait se rendre à Masan. Kean utilisa tous les moyens de communication disponibles, du messager à la radio, pour prévenir ses troupes.
 Il n’y avait qu’une route pour effectuer ce mouvement : De Sangju à Kumchon puis Waegwan sur le Naktong. La distance devait être parcourue à pied, en camion et en train. Dans le cadre de la retraite générale des forces onusiennes derrières le fleuve, il faut noter l’effort particulier du Train américain qui permit, malgré l’ambiance chaotique qui prévalait alors, à désengorger les voies de communication et à acheminer la division à bon port. Les premiers éléments du PC arrivèrent à Masan à 21h15 le 2 août, le 35e RI à 10h00 le lendemain matin, le 24e RI à 19h30 ce même jour. La 25e DI avait parcouru près de 250 Km en 36 heures.
 
Walker dira plus tard que ce mouvement avait sauvé Pusan et que si les Nord-Coréens avaient attaqué sur le front de Kumchon pendant le transfert de la division les Américains n’auraient pas pu passer.
En reconnaissant le critique de la situation au Sud-Ouest de ses lignes et en agissant avec rapidité et efficacité pour y remédier, Walker et son état-major avaient exécuté un des mouvements le plus importants de toute la guerre…
 
3- Retraite vers le Naktong
 A la fin juillet, la pression ennemie qui avait poussé Walker à rediriger la 25e DI vers Masan le poussa, partiellement à cause de cette nouvelle destination, à faire retraiter l’intégralité de la 8e Armée derrière le fleuve. Ce mouvement devait commencer au 1er août.
 
 Le 30 juillet le 34e RI (24e DI), repoussé de Kochang, était en position défensive près de Sanje-Ri, entre Hyopchong et le Naktong. Ce même jour le 1er bataillon du 21e RI (moins la Cie C et une section de mortiers de 81mm) se déplaça de Yongdok sur la côte Est jusque derrière le 34e RI. Le 17e RI de l’ARC occupa les hauteurs sur la droite (Nord) du régiment. Le lendemain le 34e RI se replia derrière le 21e. Le colonel Stephens prit alors le commandement des 2 régiments. Il plaça un bataillon du 17e RI sur chacun de ses flancs et un en réserve. Le lendemain l’APC attaqua les 2 flancs mais fut repoussée par les Sud-Coréens. Le 17e RI, alors commandé par le colonel Kim (âgé de 28 ans), avait la réputation d’être une très bonne unité combattante.
 Le 1er août, la 8e Armée envoya son ordre de retraite derrière le fleuve et de redéploiement des unités dans ce qui allait devenir « le périmètre de Pusan ».
 Stephens fit retraiter les 34e et 21e RI dans la journée du 2 août, couverts par le 17e RI. Ce dernier traversa le fleuve à 6h30 le 3. Le Génie se chargea alors de faire sauter tous les ponts.
 Dans la soirée du 3 le 19e RI partit rejoindre le PC de la 24e DI près de Changnyong. La 1ère DI de Cavalerie se mit elle aussi en mouvement et passa le fleuve sans encombres, hormis le 5e RI qui fut durement accroché. Au soir du 3 août cependant, toute la division avait traversé le fleuve, sauf l’arrière-garde constituée par le 1er bataillon du 8e RI sur la route de Songju. C’est lors du passage du  bataillon sur le dernier pont encore en état que le général Gay dut prendre une décision difficile : Vu qu’il était impossible de contenir les milliers de réfugiés qui encombraient les routes, il dut se résoudre à faire exploser le pont, malgré les centaines de civils qui s’y trouvaient. Ce problème des réfugiés fut une source constante de tracas et de dangers pour l’Etat-Major en ce début de conflit. On estime à 380 000 le nombre de personnes jetées sur les routes à la mi-juillet, ce chiffre croissant de 25 000 individus par jour. La période de juillet-août 1950 fut celle qui vit se déplacer le plus grand nombre de réfugiés de toute la guerre.
 L’ARC s’était elle aussi redéployée après de durs combats : La 1e DI au nord du fleuve le 2 août, le 16e RI de la 8e DI encore plus durement du côté de Andong.
 
 Au matin du 4 août, toute la 8e Armée était redéployée derrière le fleuve.
4- Le périmètre de Pusan
 C’est dans un rectangle de 150 Km du Nord au Sud et de 90 Km d’Est en Ouest que s’était retranchée la 8e Armée. Les limites en étaient : Le Naktong à l’Ouest, la mer du Japon à l’Est, le détroit de Corée au Sud et une chaîne de montagnes entre Waegwan et Yongdok au Nord. En dehors du delta du Naktong et de la vallée qui court entre Taegu et Pohan-Dong, le terrain y est rude et montagneux. Le fleuve lui-même était un obstacle large de 400 à 800m mais suffisamment peu profond à cette époque de l’année pour être franchi en plusieurs endroits. Par contre les berges de chaque côté étaient profondément encaissées, permettant aux défenseurs de se retrancher dans des positions naturelles à fort potentiel défensif.

Le périmètre de Pusan (et un petit résumé des évènements qui précèdent)
  Ordre de bataille du S-O au N-E :
- USA : 25e, 24e et 1e Division de Cavalerie
- ARC : 1e, 6e, 8e DI, Division de la Capitale, 3e DI
- 25e DI  (du Sud au Nord) : 27e, 24e et 35e RI, certains éléments de l’ARC (Task Force Min) intercalés, surtout autour du 24e RI. PC à Masan. Le général Kean avait aussi à sa disposition le 5e RCT fraîchement débarqué (14 Pershing M-26) et le 55-5e d’AdC du colonel Ordway.
En face : La 6e DI de l’APC et le 83e régiment motorisé de la 109e DB
- 24e DI (du Sud au Nord) : 34e et 21e RI US, 17e RI de l’ARC. Le 19e RI était en réserve, en train de se ré équiper à Masan. Le front du 21e RI était si long que le colonel Stephens dût placer en soutien 7 mitrailleuses cal .50, servies par les hommes du 14e Bataillon de Combat du Génie. PC à Mir-Yang. Le général Church était responsable de la destruction éventuelle de tous les ponts, bateaux et ferries le long du fleuve. Il était prévu que la 24e DI soit remplacée par les 9e et 23e RI de la 2e DI dans la nuit du 8 août mais dans les faits ce transfert s’avéra impossible.
En face : La 4e DI de l’APC
- 1e de Cavalerie (du Sud au Nord) : 7e RI ( moins un bataillon en réserve divisionnaire), 8e et 5e RI. PC à Taegu.
En face : La 3e DI de l’APC
Chaque division US devait tenir un front allant de 30 à 65 Km.
 Au nord de Waegwan, le 2e Corps d’Armées de l’ARC (1e et 6e DI) tenait un front de 30 Km le long du fleuve avant de repartir sur une quinzaine de Km vers le N-E en direction de Uisong. La jonction se faisait alors avec la 8e Di et la Division de la Capitale du 1er Corps d’Armée qui traversaient Uisong avant de bifurquer vers l’Est, vers Yongdok et la côte. Le PC de l’ARC se trouvait à Taegu (avec un poste de commandement avancé à Sinnyong). Celui du 1er Corps se trouvait à Uisong, celui du 2e à Kunwi.
En face de la 1e DI se trouvaient la 15e et une partie de la 13e DI de l’APC. La 6e DI était confrontée à l’autre partie de la 13e et à la 1e DI. La 8e DI était en face de son homonyme nord-coréenne. La Division de la Capitale était prête à affronter la 12e DI. Plus à l’Est enfin, la 3e DI se devait de tenir tête à la 5e DI et au 766 Régiment indépendant d’Infanterie.
En résumé les Américains tenaient les 100 Km de front situés à l’Ouest et au Sud, les Sud-Coréens tenant la partie la plus montagneuse et aux communications les plus pauvres, soit les 130 Km de la partie Nord et Est du front. En face, les Nord-Coréens alignaient leurs 1er et 2e Corps d’Armées. Le 1er (3e, 4e, 6e DI, et plus tard les 2e, 7e, 9e et 10e DI) était plutôt situé en face des positions américaines, le 2e (1e, 5e, 8e , 12e 13e et 15e DI) plutôt en face des positions de l’APC. Les blindés et tankistes de la 105e Division Blindée étaient répartis entre les 2 Corps d’Armée.
L’établissement du périmètre de Pusan marqua aussi une rupture dans le comportement au combat des soldats américains. Pour la 1e fois depuis le début de la guerre venait de se mettre en place ce qui ressemblait le plus à une ligne de front, avec des unités identifiées sur chaque flanc et même des réserves à l’arrière. Le moral et les dispositions au combat des soldats s’en ressentirent. Ceux qui ne voyaient que peu de bonnes raisons pour mourir dans les combats isolés et perdus d’avance de juillet reprirent confiance dans leur armée. La survie immédiate n’était désormais plus la motivation principale. Désormais, les hommes allaient se battre pour gagner.
5- Soutien aérien, renforts
 Il convient de noter l’importance du soutien aérien dans la mise en place de ce nouveau système défensif. Durant le 1er mois de la guerre le soutien aérien rapproché et les troupes au sol étaient essentiels dans le ralentissement des troupes de Kim Il Sung, permettant ainsi de gagner un temps précieux nécessaire à l’acheminement de renforts et de matériel ainsi que l’organisation du périmètre de Pusan.
 A la mi-juillet l’Air Force des Nations Unies avait à peu près interdit tout déplacement de jour aux troupes nord-coréennes, causant de sérieux problèmes de ravitaillement sur la ligne de front et ralentissant considérablement l’avance de l’ennemi.
 Au cours du 1er mois, ce soutien aérien était composé de l’USAF, de la Navy, des Marines et de la Royal Australian Air Force. A la fin du mois les troupes au sol recevaient proportionnellement plus de soutien aérien que la 12e Armée de Bradley durant la 2nde Guerre Mondiale.

Bombardement aérien à la roquette et au napalm
 Dès juillet la FEAF (Far East Air Force) entamait une campagne de bombardements stratégiques intensifs loin derrière le front. Une des premières cibles fut le port de Wonsan, sur la côte Est, considéré comme un point de ravitaillement de la Russie via Vladivostok. Diverses usines, ponts et autres nœuds ferroviaires furent aussi la cible des B-29. A la fin juillet la FEAF avait effectué en moyenne 400 sorties/jour pour un total de 8660.
 Le 30 juillet elle alignait 890 avions : 626 F-80 et 264 F-51, mais 525 d’entre eux seulement étaient constitués en unités et prêts au combat.

Un F-80

F-51
 Le 31 juillet, en provenance d’Hawaï, débarquait le 5e RCT (Regimental Combat team) du colonel Godwin Ordway comprenant 14 Tanks M26 et le 55-5e régiment d’Artillerie de Campagne. Il fut immédiatement rattaché à la 24e DI. Au matin du 2 août tout le régiment était positionné au nord de Masan.
 Toujours le 31 juillet débarqua le 9e RI de la 2e DI, premiers éléments en provenance du territoire continental des Etats-Unis. Commandé par le colonel Hill il partit immédiatement pour Kyongsan, à 15 Km au S-E de Taegu, et fut placé en réserve, accompagné du 15e d’AdC.
 Le 2 août, la 1st Provisional Marine Brigade du Brigadier-General Edward Craig débarqua à son tour. Elle fut placée en réserve avant d’être mise à disposition de la 25e DI le 6 août. Elle comprenait le 5e Marines du colonel Murray, à 3 bataillons de 2 compagnies seulement et 1 compagnie d’armes lourdes. Elle comprenait 4725 hommes dont la plupart des officiers et 65% des sous-officiers étaient des vétérans du second conflit mondial. Mc Arthur comptait tout d’abord utiliser les marines pour tenter une opération amphibie mais la situation à cette date était telle que chaque homme disponible était nécessaire dans le périmètre.

Port de Pusan, Juillet 1950
 A part la Cie A déjà sur place, le 8072e Bataillon de Chars Moyens (formé au Japon à partir de chars réparés après leurs combats dans le Pacifique durant la 2e GM) foula Pusan le 4 août. Trois jours plus tard homme et matériel furent transférés au 88e Bataillon de Chars Moyens. Le 26 juillet le SS Luxembourg Victory quittait San Francisco avec à son bord 80 chars moyens.
 Dans la 2e quinzaine de juillet 230 bateaux avaient jeté l’ancre à Pusan. 42581 hommes, 9454 véhicules et 88888 tonnes de matériel avaient débarqué. Les ports attachés de Ulsan et Suyong s’occupaient de décharger les munitions et les produits pétroliers. Certains matériels (dont les lance-roquettes de 3.5 pouces ou les fusées destinées aux avions de la Navy) furent quant à eux transportés par avion. Un service du type « Red Ball Express » fut mis en place à partir du Japon (300 t/jour) avec un service de rotation de ferries.

Grue de 60t servant au débarquement du matériel à Pusan
 L’industrie japonaise fut largement mise à contribution pour fournir du matériel à l’armée sud-coréenne (68000 véhicules, essentiellement des camions) et remplacer l’artillerie perdue durant les premières semaines de combat, essentiellement des obusiers de 105mm.
6- Premier bilan
 En date du 31 juillet l’infanterie américaine avait perdu 6003 hommes : 1884 tués, 2695 blessés, 523 disparus et 901 prisonniers. Près de 80% de ces pertes s’étaient produites durant la 1ère quinzaine du mois. La 24e DI totalisait 3610 de ces pertes à elle seule, soit 60%.
 Il est plus difficile d’estimer les pertes sud-coréennes des 6 premières semaines de la guerre mais elles sont estimées à 70000.
 Du propre aveu des Nord-Coréens, leurs pertes avaient été bien supérieures aux estimations américaines (entre 31000 et 37500) pour atteindre 58000 hommes. Cette sous-estimation est en partie due à celle des dégâts infligés par la sous-estimée ARC qui décima littéralement des régiments voire des divisions. L’APC n’avait probablement plus qu’environ 70000 hommes alignés sur le Naktong en date du 5 août, répartis comme suit :
1st Division : 5,000
2d Division  : 7,500
3d Division : 6,000
4th Division : 7,000
5th Division : 6,000
6th Division : 3,600
8th Division : 8,000
12th Division : 6,000
13th Division : 9,500
15th Division : 5,000
105th Armored Division (40 tanks) : 3,000
83d Motorized Regiment (detached from 105th Armored Division) : 1,000
766th Independent Infantry Regiment : 1,500
 Il n’y a pas de chiffres fiables en ce qui concerne les pertes en blindés de la 105e DB mais on les suppose élevées. Un commandant capturé après la bataille de Taegu déclara qu’il ne restait plus que 20% du potentiel offensif de la division.
 Le problème des chiffres est le même en ce qui concerne l’artillerie mais on suppose qu’elle était début août équivalente au tiers de son potentiel de départ.
 Un rapport officiel de Mc Arthur daté du 4 août recense 141808 hommes présents rassemblés au sein des forces de l’ONU dont 92000 combattants (47000 ONU / 45000 ARC).
Total : 59,238
Total Army : 50,367
EUSAK : 2,933
KMAG : 452
1st Cavalry Division : 10,276
2d Infantry Division : 4,922
24th Infantry Division : 14,540
25th Infantry Division : 12,073
Pusan Base : 5,171
1st Provisional Marine Brigade : 4,713
FEAF (Korea) : 4,051
Other : 107
------------------------------
ROK Army (Estimated)  : 82,570
 De fait, l’impression d’un ennemi très largement supérieur en nombre (le chiffre de 4 contre un avait été avancé) ne reposait sur rien et était même parfaitement erronée. En fait la Corée du Nord avait effectivement été supérieure en nombre à ses adversaires de fin juin jusque vers le 20 juillet mais jamais à plus de 2 contre un. Le 22 juillet les forces étaient équivalentes et à la fin du mois le rapport de forces s’était inversé, tendance qui ne cessa de croître jusqu’à la fin de l’année.
Sources :
- Roy E. Appleman : South to the Naktong, North to the Yalu / Center for Military Research
- Max Hastings : The Korean War / Pan
- John Toland : In Mortal combat : Korea, 1950-1953 / Quill
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Jeu 4 Oct - 18:06 (2007)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War Index du Forum -> LE BATAILLON FRANÇAIS DE L'ONU EN COREE. -> HISTOIRE, BIBLIOGRAPHIE ET REVUE DE PRESSE -> Histoire de la Guerre de Corée (Hors BF/ONU) Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | créer son forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com