Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953.  French Battalion in the Korean War  Index du Forum

Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War
Forum de l'association "Crèvecoeur", Association "Loi 1901" de reconstitution historique sur Le bataillon Français de l'Onu en Corée.

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Retour au Pays du Matin calme - décembre 2008

 
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Léon le Marin
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MessagePosté le: Ven 13 Fév - 20:10 (2009)    Sujet du message: Retour au Pays du Matin calme - décembre 2008 Répondre en citant

BF/ONU : Retour au Pays du Matin Calme



Un peu d'histoire pour resituer le voyage de mémoire ministériel de début décembre 2008:



La guerre froide est à son paroxysme quand le 25 Juin 1950, à 4 heures du matin, les troupes de la Corée du Nord franchissent le 38ème parallèle et envahissent la Corée du Sud.
Le Monde entier, traumatisé par le conflit mondial terminé il y a moins de cinq ans, s'effraie de la perspective d'un nouvel affrontement qui dégénèrerait inévitablement en cataclysme généralisé.
Le 27 Juin 1950, l'Organisation des Nations Unies décide de soutenir la Corée du Sud. Vingt et une Nations, dont la France, envoie des Forces Armées sous le commandement du Général Douglas MAC-ARTHUR. Après trois années de guerre le bilan est lourd. Ce conflit limité a mis aux prises quelque CINQ MILLIONS d'hommes et a causé près de DEUX MILLIONS ET DEMI de morts.


La participation française a été marquée par l'envoi d'un aviso de la Marine Nationale, le "La Grandière", d'un Bataillon de Volontaires et d'un État-Major. Ce Bataillon a été constamment entretenu par des renforts qui ont comblé ses lourdes pertes, sans altèrer cependant sa profonde unité. Volontaires, ces hommes venus de toutes les Armes et Services de l'Armée de Terre, de la Marine et de l'Armée de l'Air, de l'Active et des Réserves, étaient le fidèle reflet des diverses composante de la Nation et de ses Armées. Le Chef que l'on mit à sa tête était à lui seul un Drapeau: c'était le Général MONCLAR, Chef prestigieux, Soldat de Verdun, vainqueur de NARVICK et d'ÉRYTHRÉE, Médaillé Militaire, Grand Croix de la Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération, 17 fois cité, 18 fois blessé. Pour commander ce Bataillon, le Général MONCLAR avait renoncé à ses étoiles de Général de Corps d'Armée pour ne porter que les galons de Lieutenant-Colonel. Formé au camp d'Auvours, le Bataillon débarque le 29 Novembre 1950 à PUSAN. Il est affecté à la 2ème Division d'Infanterie Américaine, la célèbre Division à "Tête d'Indien". C'est au sein du 23ème Régiment d'Infanterie qu'il a mené tous ses combats. Les Volontaires Français ont démontré qu'ils étaient les héritiers de leurs Aînés de la MARNE et de VERDUN. Le Général MONCLAR pouvait dire au lendemain de CHIPYONG-NI :"Messieurs, vous êtes désormais prisonniers de votre Gloire". Cette phrase résumait admirablement les traditions que ce jeune Bataillon avait pu se forger en si peu de temps et aux quelles il devait jusqu'au bout rester fidèle.
Prisonnier de sa Gloire, il l'a été à la Cote 1.037, sur le SOYANG, le PUKHAN, à INJE, à CRÈVE CŒUR (Heartbreak Ridge), à KUMWHA, à CHORWON, au T-BONE et à ARROW-HEAD, au SONG KOK comme à CHUNGASAN, noms qui tous sont restés synonymes de souffrance et de sacrifices. Prisonnier de sa Gloire, il l'a été lorsque sa Section de Pionniers s'est sacrifiée par deux fois, pour accomplir coûte que coûte la mission qui lui avait été assignée. C'était à PUTCHAETUL puis à ARROW-HEAD, où la plupart d'entre eux sont morts écrasés par l'Armée Chinoise avançant comme un rouleau compresseur.
Quels que soient les Chefs qui l'ont mené au combat, le Bataillon a toujours rempli ses missions, en donnant le meilleur de lui même. Que ce soit en CORÉE, puis sur les HAUTS-PLATEAUX INDOCHINOIS, en ALGÉRIE enfin, sur tous les champs de Bataille où il avait rendez-vous avec la mort, le Bataillon n'a jamais déchu. Chacune de ses actions a toujours été une victoire, victoire contre l'ennemi, certes, mais surtout victoire sur lui-même, car il n'est pas facile de rester pendant si longtemps prisonnier de sa Gloire à plus de vingt mille kilomètres de la Mère Patrie.
Novembre 1953, le Bataillon rejoint l'INDOCHINE où l'Armée Française combat le même ennemi qu'il a connu en CORÉE: le Communisme International. Transformé en Régiment dans le cadre du GM 100 il refait la démonstration de ses qualités de troupe de choc, digne des plus belles Unités d'Élite. DIEN BIEN PHU tombé, tout semble perdu, et pourtant il continue à se battre afin de repousser au plus loin les frontières de la Liberté. Jusqu'au dernier jour il se bat avec l'énergie du désespoir. Il connaît la gloire et le martyre, dans le sang et la souffrance. Après huit mois de combats acharnés, sur huit cents Combattants débarqués à Saïgon, il ne reste plus qu'une poignée d'hommes à répondre "Présent".
Reconstitué, le Bataillon de Corée part pour l'ALGÉRIE. Sur cette terre d'Afrique, il restera jusqu'en 1962, auréolé d'un prestige à nul autre pareil, maintenant toujours plus haut ses traditions, continuant d'écrire cette page d'Histoire épique, commencée en se rendant prisonnier de sa Gloire.
Des 287 Morts en CORÉE, 18 étaient Coréens. Cinquante et un d'entre eux continuent à monter la garde en terre coréenne: 44 dont un inconnu au cimetière de PUSAN et 7 portés disparus, emportés par la tourmente, ensevelis sous un déluge de feu et d'acier, Dieu seul sait où, Dieu seul saura les reconnaître. À ces Morts de CORÉE, il faut ajouter les 142 d'INDOCHINE (dont 35 Vietnamiens connus) et les 48 d'ALGÉRIE.
Tels furent les sacrifices consentis pour la Liberté... Ils sont morts parcequ'ils étaient tous Volontaires au sein d'une Unité dont ils avaient écrit la Légende, avec leur cœur, en lettres de sang.
L'Emblème de Guerre du Bataillon est décoré de la Fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire. À sa hampe sont fixées trois flammes bleues, chacune représentant une Citation Présidentielle Américaine, auxquelles s'ajoutent deux citations Présidentielles Coréennes et cinq Citations à l'Ordre de l'Armée Française.
C'est pour les Anciens de cette Unité aujourd'hui disparue, mais toujours vivante en leur cœurs, le plus bel héritage qu'ils puissent léguer à leurs jeunes camarades de l'Armée d'aujourd'hui qui feront celle de demain.

Hubert SEGOND
Extrait de l'ouvrage "BATAILLON FRANÇAIS DE L'O.N.U." Yves Salmon éditeur, 1989.

Source : Site personnel de Léon le Marin: http://assoc.orange.fr/france-coree/eurokorvet/france/fr_particip.htm

Pour big , Vince et Stan : Un jour, on y a été... Merci de ce que vous faites pour que nous ne soyons pas oubliés...



Commémoration de la Bataille d'ARROW HEAD la dernière importante Bataille de Corée...

Allocution par mon ami Robert BREUIL



1952, était l'année du Dragon.

Le Bataillon Français avait passé une partie de l'été au "T Bone" et, en septembre, - je ne me souviens pas exactement où - on nous fit creuser des tranchées pour nous divertir... Des postes de radio, diffusaient des nouvelles pour ceux qui comprenaient l'anglais et des chansons pour lesquelles l'anglais était moins important. Tous les soldats de Corée, quelle que soit leur nationalité, entendirent à cette époque la voix délicieuse de Doris Day chantant sur l'antenne. C'est plus tard, je crois, qu'elle interpréta ce qui reste sans doute son plus grand succès : "Que sera sera"

'"Que sera sera
Whatever will be will be
The future' s not ours to see
Que sera sera"


Il ne nous appartient pas de connaître l' avenir. Et pourtant nous aurions aimé le savoir même si beaucoup d'entre nous eussent préféré ne pas entendre dire qu'ils ne rentreraient jamais dans leur pays.

On nous annonça un soir que, le lendemain, nous devions monter en ligne. Selon les services de renseignement US une offensive se préparait au Nord de Chorwon. Les Chinois avaient l'intention de s'engouffrer dans la plaine et prendre Séoul. Rien que cela! A nouveau avec pelles et pioches nous nous installâmes à "Harrow Head".

Dès le 5 octobre l'artillerie chinoise bombarda notre position. Elle règlait ses tirs.

Le six octobre au soir un orage d'acier tomba sur nos têtes. L' artillerie chinoise tirait sans interruption sur nos positions et sur celles de la Division ROK (Republic Of Korea) qui était à notre droite. Nous apprendrons plus tard par le Quartier Général américain que ce bombardement fut le plus violent de toute la guerre de Corée. Il dura plus de dix heures le premier jour et continua plusieurs jours de suite.

Les blessés et les morts étaient en grand nombre dès les premières heures de la bataille. La Section des pionniers fut anéantie par les bombardements et par la horde de Chinois qui avait submergé leur poste avancé.

Sur notre droite c'était le même scenario. Le poste avancé des ROK (Republic of Korea -ndlr),écrasé par I'artillerie chinoise, fut enlevé par I'offensive. Craignant une rupture de front, tous les soirs nous nous replierons en appui fermé. Nos tranchées étaient en partie comblées par les éboulements et certains de nos abris avaient été pulvérisés.

Dès le lendemain l'aviation US intervenait et bombardait les positions chinoises tandis que la nuit des avions survolaient le champ de bataille et larguaient des éclairants pour illuminer le terrain. La nuit était.comme le jour. Ainsi nous pouvions découvrir le champ de bataille. L'artillerie US établit un tir de barrage: 6000 obus à l'heure.

Tant de morts et de blessés laissaient un grand vide dans l'esprit des survivants mais aussi sur la ligne de front et il fallait le combler! Le personnel administratif du Bataillon fut envoyé en ligne mais ça ne suffisait pas. Le 23e Régiment US qui était à notre gauche envoya une Compagnie de renfort pour nous aider à tenir la position. Français et Américains étaient maintenant côte à côte.

Sur notre droite la Division ROK tentait chaque jour de reprendre son poste avancé. Les combats qui se déroulaient sous nos yeux étaient d'une violence inouïe. Ils y parvenaient le 4e jour à un contre cinq.

La bataille durera une semaine et, le 10 octobre, nous savions que les chinois avaient perdu la partie. Ils ne passèrent pas.

Avant d'être évacués les blessés chinois nous réclamèrent de la nourriture et des cigarettes!

Puis, le temps changea brutalement, il faisait très froid. Devant nos positions les cadavres chinois étaient congelés. Je les rencontrais à chaque patrouille de nuit jusqu'à l'ancienne position des pionniers où des débris humains jonchaient le flanc du piton.

Entre nos positions et celles des Chinois c'est maintenant le no man's land. Il ne reste que les traces d'une lutte féroce dont le souvenir ne s'éteindra jamais dans la mémoire de tous ceux qui étaient à Harrow Head durant la dernière bataille importante de la Guerre de Corée. Je repense souvent à nos camarades qui se sont sacrifiés pour que nous l'emportions.

1953, était l'année du Serpent

et en juillet, après d'autres combats sur d'autres positions, je quittai la Corée. Dix jours plus tard, l'armistice était signé.

Robert BREUIL

Source: site web personnel de Léon le Marin

Note:
Je m’enorgueilli de l’amitié de quelques uns de ces valeureux
combattants qui furent nos compagnons d’armes en Corée, dont,
notamment Robert BREUIL, précité, auquel j’ai permis par mes
activités internet associatives Marine, de retrouver il y a peu le Frère d’un de ses
plus fidèles Amis, Philippe COLLEMANT glorieusement tombé à ses
côtés à Arrow Head. Il s’agit de Dominique COLLEMANT Maître
Principal(h) Mécanicien sous-marinier, matricule 0565 485…

Le web réserve bien des surprises au monde combattant…

Signé: Léon C. Rochotte – ancien SM2 Radio, Mle 2306 T 49
F/MS LA GRANDIÈRE - Corée 1950
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MessagePosté le: Ven 13 Fév - 20:10 (2009)    Sujet du message: Publicité

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Léon le Marin
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MessagePosté le: Mer 24 Fév - 17:24 (2010)    Sujet du message: Retour au Pays du Matin calme - décembre 2008 Répondre en citant

En cette année 2010, nous arrivons donc au 60ème anniversaire de ce terrible conflit...


Grâce à vous, les p'tits gars le souvenir des Vétérans continue à vivre.
Depuis ce post, j'ai pu vous faire bénéficier de la venue de Dominique COLLEMANT et de sa fabuleuse collection de documents.
La mort glorieuse de son Frère Philippe est donc évoquée par mon ami Robert BREUIL dans son allocution du 8 décembre 2008 ci-dessus. Philippe COLLEMANT faisait partie de la section des "pionniers".
Robert BREUIL me rappelle aussi que, comme il l'écrivait
"Sur notre droite c'était le même scenario. Le poste avancé des ROK ,écrasé par I'artillerie chinoise, fut enlevé par I'offensive."

En réalité, le front fut enfoncé momentanément sur près d'un kilomètre malgré l'appui décisif de la section d'armes lourdes française commandée par un autre de mes amis, le lieutenant Vincent FAUVELL-CHAMPION (voir mon post sur Arrow Head)
Ce qui est moins relaté dans l'histoire du Bataillon est le fait que Robert BREUIL, alors caporal chef de groupe d'une section coréenne, avait pu observer depuis son poste le lieu des départs de feu des automoteurs chinois qui accablaient les positions ROK. Bravant la mitraille, il avait pu se rendre à un poste de campagne muni de moyens radios pour y donner les coordonnées de l'ennemi. L'artillerie américaine prévenue écrasa alors les batteries d'automoteurs chinois, soulageant ainsi les positions ROK.
Robert vient de me faire parvenir une copie de la citation qui lui fût délivrée à cette occasion.


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COLLEMANT Dominique
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MessagePosté le: Mer 24 Fév - 20:45 (2010)    Sujet du message: Retour au Pays du Matin calme - décembre 2008 Répondre en citant

Merci à Toi Léon et mes plus vives félicitations à notre Ami commun Robert Breuil pour cette belle citation que sa modestie m'avait cachée....
Dominiq
ue
_________________
Frère de Philippe Collemant pionnier d'assaut au BF/ONU mort au champ d'honneur à ARROW-HEAD (Corée) le 06.10.1952
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COLLEMANT Dominique
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MessagePosté le: Dim 6 Jan - 13:50 (2013)    Sujet du message: Retour au Pays du Matin calme - décembre 2008 Répondre en citant

Je fait remonter ce post.
Dominique
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