Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953.  French Battalion in the Korean War  Index du Forum

Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War
Forum de l'association "Crèvecoeur", Association "Loi 1901" de reconstitution historique sur Le bataillon Français de l'Onu en Corée.

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L'association CREVECOEUR est désormais labellisée par le Service Historique du Ministère de La Défense,  reconnu pour son authenticité et sa véracité lors de ses reconstitutions historiques, ayant pour thème le Bataillon Français de l'ONU en Corée.
Retour au pays du matin calme

 
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stan_hudson
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MessagePosté le: Sam 3 Jan - 21:37 (2009)    Sujet du message: Retour au pays du matin calme Répondre en citant

Retour au pays du matin calme


 
Michel Oswald est fier de poser avec ses anciens camarades d’Arrow Head. Il tient à la main une photo jaunie par le temps. « Cette photo elle a 50 ans ». dit-il « Je l’avais prise à l’époque. On y voit la cote 281 avec la rivière. Aujourd’hui, on reconnaît le même paysage… » Crédits photo Carine Bobbera/DICOD. 

 
 
« Des trois guerres auxquelles j’ai participé, la Corée fut la plus terrible », confie René Bordeneuve, vétéran Bataillon français de l’ONU (B.F.O.N.U) en Corée. « Si les livres d’histoire parlent encore de la guerre d’Indochine ou de la guerre d’Algérie, peu d’entre eux raconte l’implication de la France dans la guerre de Corée… » C’est pour se souvenir de cette guerre oubliée et rendre hommage à la mémoire de leurs camarades tombés lors de ce conflit, qu’une quarantaine d’anciens combattants du B.F.O.N.U se sont rendus au pays du matin calme début décembre, en compagnie du secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, Jean-Marie Bockel.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la Corée est divisée en deux zones d’influence, de part et d’autre du 38ème parallèle. Au nord, un gouvernement communiste, au sud un gouvernement pro-occidental. Le 25 juin 1950, les troupes nord-coréennes, soutenues par la Chine, franchissent le 38° parallèle par surprise et s’empare de la capitale, Séoul. C’est le début de la guerre de Corée à laquelle prend part la France sous l’égide de l’ONU. 1 400 volontaires constituent le bataillon français. Arrivée à Pusan en Corée le 29 novembre 1950, les français sous placé sous le contrôle opérationnel de la 2ème division d’infanterie de l’armée des Etats-Unis.
Ces volontaires pour « combattre le totalitarisme et le communisme » dans ce pays lointain ont alors en moyenne une vingtaine d’année. « Je me suis engagé pour la Corée, car je voulais défendre les droits de l’homme », se souvient Robert Breuil. « Les Américains nous avaient libérés en 45. C’était notre rôle que d’aller délivrer les sud-coréens du totalitarisme », poursuit l’ancien combattant.
Les premiers temps, les français ont du faire leurs preuves auprès de leurs frères d’armes d’outre-Atlantique. « Quand nous sommes arrivés là-bas, les Américains se méfiaient de nous, à cause de la défaite de 40 », explique Gérard Journet, trois fois blessé en Corée. Puis il y eu la bataille de Wonju, où les Français, chargent baïonnette au canon et stoppent l’élan chinois. Cet épisode a un fort retentissement et les Français reconquièrent toute l’estime de leurs camarades américains.
Arrivés en plein hiver, les hommes du bataillon souffrent du froid. « Il faisait – 30°. Un caporal chef dont j’ai oublié le nom, avait perdu ses gants. A un moment, il a du reprendre sa mitrailleuse pour tirer. A son contact, en quelques minutes à peine, ses doigts ont gelés et sont restés collés à l’arme ! », se remémore Gérard Journet.
D’autres batailles suivent, toutes plus terribles et meurtrières les unes que les autres… Twins Tunnels, Chipyong-Ni, la cote 1037, Putchaetul, Crèvecoeur, T Bone, Arrow Head… En juin 1953, à la signature de l’Armistice, le bataillon compte 263 tués, 1 008 blessés, 7 portés disparus, dans les rangs français. Au fil des relèves successives, 3 200 français ont combattu en Corée.
Réunis à la cérémonie du monument d’« Arrow Head », les vétérans du B.F.ONU. laissent paraître leur émotion. En octobre 1952, c’est dans cette plaine qui ferme la route de Séoul, que l’armée chinoise lança sa dernière grande offensive. Le 6 octobre, c’est un déluge de feu qui s’abat sur les positions françaises. Plus de 25 000 obus en 24 heures. « Un orage d’acier s’est abattu sans répit sur nos positions. Ce jour-là, j’ai compris ce qu’avaient pu vivre les soldats de Verdun », se souvient Robert Breuil. « A bout de munitions, on s’est battu à l’arme blanche et à coup de pelle. Ces combats furent d’une violence inouïe et sanglante. La guerre ce n’est pas humain, c’est une barbarie. Mais on la fait quand même… ».
 
Face à la colline d’Arrow Head, Michel Oswald et Colon Garcia se remémorent cette terrible bataille. « A l’époque j’étais sergent, observateur de tir mortier. A Arrow Head, j’avais avec moi un petit gars qui servait de radio. Aujourd’hui, un demi-siècle plus tard, mon radio le voilà » dit-il en désignant Colon Garcia. « C’est la même équipe qui revient presque au complet sur le terrain 54 ans après. C’est extraordinaire ! ».
Lors de cette cérémonie au monument d’ « Arrow Head », Jean-Marie Bockel a tenu à rendre hommage « au courage des hommes qui prirent part aux combats de la guerre de Corée et de rendre justice à leur engagement. »
Les autorités coréennes ont quant à elles exprimé leur plus profond respects au Bataillon français de Corée. « Nous n’oublierons jamais votre sacrifice, c’est grâce à votre courage que la Corée est devenue un pays libre et connaît aujourd’hui paix et prospérité. Nous ne vous remercierons jamais assez ».

 
Les vétérans du bataillon de Corée ont déposé un dalhia blanc, symbole de deuil, au pied du monument aux morts. Crédits photo Carine Bobbera/DICOD. 

 

 
Didier de Chazelles se recueille devant le monument d’Arrow Head. « J’avais vingt ans pendant la Corée, il y a plus de 50 ans. Et pourtant je m’en souviens comme si c’était hier… » Crédits photo Jérôme Salle/ECPAD. 

 

 
Allocution du secrétaire d’Etat à la Défense, au cours de la commémoration de la bataille d’Arrow Head. Crédits photo Jérôme Salle/ECPAD.
 

 
 
Sur la veste bleu marine des vétérans du Bataillon français de Corée figure l’Indian Head, insigne de la 2ème division US. Crédits photo Jérôme Salle/ECPAD. 

 

 
Les vétérans du bataillon de Corée posent en compagnie des soldats coréens devant la stèle de Putchaetul. Crédits photo Jérôme Salle/ECPAD.
 
SOURCE :  http://www.defense.gouv.fr/defense/articles/retour_au_pays_du_matin_calme
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MessagePosté le: Sam 3 Jan - 21:37 (2009)    Sujet du message: Publicité

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John Cena


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MessagePosté le: Sam 3 Jan - 22:31 (2009)    Sujet du message: Retour au pays du matin calme Répondre en citant

Tu gère !  Okay
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Guile


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MessagePosté le: Sam 3 Jan - 23:48 (2009)    Sujet du message: Retour au pays du matin calme Répondre en citant

Très beau témoignage !
Merci Stan
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Le Breton


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MessagePosté le: Lun 5 Jan - 00:48 (2009)    Sujet du message: Retour au pays du matin calme Répondre en citant

Sympa de voir les anciens ! Okay
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http://kriegsgefangenenpost.forumgratuit.fr/


http://france54.aceboard.fr
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DNA12
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MessagePosté le: Sam 24 Jan - 10:57 (2009)    Sujet du message: Retour au pays du matin calme Répondre en citant

Okay Okay Okay

Bonjour à tous.
Superbe témoignage de ces anciens. Il faut en profiter tant qu'il en reste et ne pas laisser leur mémoire tomber dans l'oubli.
Salutations.
DNA12.
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big
GROUPE CREVECOEUR

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Messages: 299
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MessagePosté le: Sam 31 Jan - 01:56 (2009)    Sujet du message: Retour au pays du matin calme Répondre en citant

Beau boulot Stan, émouvant le sergent qui retrouve son radio 50 ans plus tard..
un jour aussi, nous on ira...
_________________
La nuit
En face d'une armée immense,
Dans leur trou,
Deux hommes.
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stan_hudson
Invité

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MessagePosté le: Mer 4 Fév - 20:59 (2009)    Sujet du message: Retour au pays du matin calme Répondre en citant

big a écrit:
un jour aussi, nous on ira...

Vieux reve. De préférence avec les anciens. Very Happy
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Léon le Marin
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MessagePosté le: Mar 10 Fév - 18:00 (2009)    Sujet du message: Retour au pays du matin calme Répondre en citant

BF/ONU : Retour au Pays du Matin Calme

Un peu d'histoire pour resituer ce voyage de mémoire ministériel :


La guerre froide est à son paroxysme quand le 25 Juin 1950, à 4 heures du matin, les troupes de la Corée du Nord franchissent le 38ème parallèle et envahissent la Corée du Sud.
Le Monde entier, traumatisé par le conflit mondial terminé il y a moins de cinq ans, s'effraie de la perspective d'un nouvel affrontement qui dégénèrerait inévitablement en cataclysme généralisé.
Le 27 Juin 1950, l'Organisation des Nations Unies décide de soutenir la Corée du Sud. Vingt et une Nations, dont la France, envoie des Forces Armées sous le commandement du Général Douglas MAC-ARTHUR. Après trois années de guerre le bilan est lourd. Ce conflit limité a mis aux prises quelque CINQ MILLIONS d'hommes et a causé près de DEUX MILLIONS ET DEMI de morts.


La participation française a été marquée par l'envoi d'un aviso de la Marine Nationale, le "La Grandière", d'un Bataillon de Volontaires et d'un État-Major. Ce Bataillon a été constamment entretenu par des renforts qui ont comblé ses lourdes pertes, sans altèrer cependant sa profonde unité. Volontaires, ces hommes venus de toutes les Armes et Services de l'Armée de Terre, de la Marine et de l'Armée de l'Air, de l'Active et des Réserves, étaient le fidèle reflet des diverses composante de la Nation et de ses Armées. Le Chef que l'on mit à sa tête était à lui seul un Drapeau: c'était le Général MONCLAR, Chef prestigieux, Soldat de Verdun, vainqueur de NARVICK et d'ÉRYTHRÉE, Médaillé Militaire, Grand Croix de la Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération, 17 fois cité, 18 fois blessé. Pour commander ce Bataillon, le Général MONCLAR avait renoncé à ses étoiles de Général de Corps d'Armée pour ne porter que les galons de Lieutenant-Colonel. Formé au camp d'Auvours, le Bataillon débarque le 29 Novembre 1950 à PUSAN. Il est affecté à la 2ème Division d'Infanterie Américaine, la célèbre Division à "Tête d'Indien". C'est au sein du 23ème Régiment d'Infanterie qu'il a mené tous ses combats. Les Volontaires Français ont démontré qu'ils étaient les héritiers de leurs Aînés de la MARNE et de VERDUN. Le Général MONCLAR pouvait dire au lendemain de CHIPYONG-NI :"Messieurs, vous êtes désormais prisonniers de votre Gloire". Cette phrase résumait admirablement les traditions que ce jeune Bataillon avait pu se forger en si peu de temps et aux quelles il devait jusqu'au bout rester fidèle.
Prisonnier de sa Gloire, il l'a été à la Cote 1.037, sur le SOYANG, le PUKHAN, à INJE, à CRÈVE CŒUR (Heartbreak Ridge), à KUMWHA, à CHORWON, au T-BONE et à ARROW-HEAD, au SONG KOK comme à CHUNGASAN, noms qui tous sont restés synonymes de souffrance et de sacrifices. Prisonnier de sa Gloire, il l'a été lorsque sa Section de Pionniers s'est sacrifiée par deux fois, pour accomplir coûte que coûte la mission qui lui avait été assignée. C'était à PUTCHAETUL puis à ARROW-HEAD, où la plupart d'entre eux sont morts écrasés par l'Armée Chinoise avançant comme un rouleau compresseur.
Quels que soient les Chefs qui l'ont mené au combat, le Bataillon a toujours rempli ses missions, en donnant le meilleur de lui même. Que ce soit en CORÉE, puis sur les HAUTS-PLATEAUX INDOCHINOIS, en ALGÉRIE enfin, sur tous les champs de Bataille où il avait rendez-vous avec la mort, le Bataillon n'a jamais déchu. Chacune de ses actions a toujours été une victoire, victoire contre l'ennemi, certes, mais surtout victoire sur lui-même, car il n'est pas facile de rester pendant si longtemps prisonnier de sa Gloire à plus de vingt mille kilomètres de la Mère Patrie.
Novembre 1953, le Bataillon rejoint l'INDOCHINE où l'Armée Française combat le même ennemi qu'il a connu en CORÉE: le Communisme International. Transformé en Régiment dans le cadre du GM 100 il refait la démonstration de ses qualités de troupe de choc, digne des plus belles Unités d'Élite. DIEN BIEN PHU tombé, tout semble perdu, et pourtant il continue à se battre afin de repousser au plus loin les frontières de la Liberté. Jusqu'au dernier jour il se bat avec l'énergie du désespoir. Il connaît la gloire et le martyre, dans le sang et la souffrance. Après huit mois de combats acharnés, sur huit cents Combattants débarqués à Saïgon, il ne reste plus qu'une poignée d'hommes à répondre "Présent".
Reconstitué, le Bataillon de Corée part pour l'ALGÉRIE. Sur cette terre d'Afrique, il restera jusqu'en 1962, auréolé d'un prestige à nul autre pareil, maintenant toujours plus haut ses traditions, continuant d'écrire cette page d'Histoire épique, commencée en se rendant prisonnier de sa Gloire.
Des 287 Morts en CORÉE, 18 étaient Coréens. Cinquante et un d'entre eux continuent à monter la garde en terre coréenne: 44 dont un inconnu au cimetière de PUSAN et 7 portés disparus, emportés par la tourmente, ensevelis sous un déluge de feu et d'acier, Dieu seul sait où, Dieu seul saura les reconnaître. À ces Morts de CORÉE, il faut ajouter les 142 d'INDOCHINE (dont 35 Vietnamiens connus) et les 48 d'ALGÉRIE.
Tels furent les sacrifices consentis pour la Liberté... Ils sont morts parcequ'ils étaient tous Volontaires au sein d'une Unité dont ils avaient écrit la Légende, avec leur cœur, en lettres de sang.
L'Emblème de Guerre du Bataillon est décoré de la Fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire. À sa hampe sont fixées trois flammes bleues, chacune représentant une Citation Présidentielle Américaine, auxquelles s'ajoutent deux citations Présidentielles Coréennes et cinq Citations à l'Ordre de l'Armée Française.
C'est pour les Anciens de cette Unité aujourd'hui disparue, mais toujours vivante en leur cœurs, le plus bel héritage qu'ils puissent léguer à leurs jeunes camarades de l'Armée d'aujourd'hui qui feront celle de demain.

Hubert SEGOND
Extrait de l'ouvrage "BATAILLON FRANÇAIS DE L'O.N.U." Yves Salmon éditeur, 1989.

Source : Site personnel de Léon le Marin: http://assoc.orange.fr/france-coree/eurokorvet/france/fr_particip.htm

Pour big et Stan : Un jour, on y a été... Merci de ce que vous faites pour que nous ne soyons pas oubliés...
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Léon le Marin
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MessagePosté le: Mar 10 Fév - 18:10 (2009)    Sujet du message: Retour au pays du matin calme Répondre en citant

BF/ONU : Retour au Pays du Matin Calme


Citation:
Ces volontaires pour « combattre le
totalitarisme et le communisme » dans ce pays lointain ont alors en
moyenne une vingtaine d’année. « Je me suis engagé pour la Corée, car
je voulais défendre les droits de l’homme », se souvient Robert Breuil.
« Les Américains nous avaient libérés en 45. C’était notre rôle que
d’aller délivrer les sud-coréens du totalitarisme »
, poursuit l’ancien
combattant.



Commémoration de la Bataille d'ARROW HEAD la dernière importante Bataille de Corée...
par mon ami Robert BREUIL



1952, était l'année du Dragon.

Le Bataillon Français avait passé une partie de l'été au "T Bone" et, en septembre, - je ne me souviens pas exactement où - on nous fit creuser des tranchées pour nous divertir... Des postes de radio, diffusaient des nouvelles pour ceux qui comprenaient l'anglais et des chansons pour lesquelles l'anglais était moins important. Tous les soldats de Corée, quelle que soit leur nationalité, entendirent à cette époque la voix délicieuse de Doris Day chantant sur l'antenne. C'est plus tard, je crois, qu'elle interpréta ce qui reste sans doute son plus grand succès : "Que sera sera"

'"Que sera sera
Whatever will be will be
The future' s not ours to see
Que sera sera"



Il ne nous appartient pas de connaître l' avenir. Et pourtant nous aurions aimé le savoir même si beaucoup d'entre nous eussent préféré ne pas entendre dire qu'ils ne rentreraient jamais dans leur pays.

On nous annonça un soir que, le lendemain, nous devions monter en ligne. Selon les services de renseignement US une offensive se préparait au Nord de Chorwon. Les Chinois avaient l'intention de s'engouffrer dans la plaine et prendre Séoul. Rien que cela! A nouveau avec pelles et pioches nous nous installâmes à "Harrow Head".

Dès le 5 octobre l'artillerie chinoise bombarda notre position. Elle règlait ses tirs.

Le six octobre au soir un orage d'acier tomba sur nos têtes. L' artillerie chinoise tirait sans interruption sur nos positions et sur celles de la Division ROK (Republic Of Korea) qui était à notre droite. Nous apprendrons plus tard par le Quartier Général américain que ce bombardement fut le plus violent de toute la guerre de Corée. Il dura plus de dix heures le premier jour et continua plusieurs jours de suite.

Les blessés et les morts étaient en grand nombre dès les premières heures de la bataille. La Section des pionniers fut anéantie par les bombardements et par la horde de Chinois qui avait submergé leur poste avancé.

Sur notre droite c'était le même scenario. Le poste avancé des ROK (Republic of Korea -ndlr),écrasé par I'artillerie chinoise, fut enlevé par I'offensive. Craignant une rupture de front, tous les soirs nous nous replierons en appui fermé. Nos tranchées étaient en partie comblées par les éboulements et certains de nos abris avaient été pulvérisés.

Dès le lendemain l'aviation US intervenait et bombardait les positions chinoises tandis que la nuit des avions survolaient le champ de bataille et larguaient des éclairants pour illuminer le terrain. La nuit était.comme le jour. Ainsi nous pouvions découvrir le champ de bataille. L'artillerie US établit un tir de barrage: 6000 obus à l'heure.

Tant de morts et de blessés laissaient un grand vide dans l'esprit des survivants mais aussi sur la ligne de front et il fallait le combler! Le personnel administratif du Bataillon fut envoyé en ligne mais ça ne suffisait pas. Le 23e Régiment US qui était à notre gauche envoya une Compagnie de renfort pour nous aider à tenir la position. Français et Américains étaient maintenant côte à côte.

Sur notre droite la Division ROK tentait chaque jour de reprendre son poste avancé. Les combats qui se déroulaient sous nos yeux étaient d'une violence inouïe. Ils y parvenaient le 4e jour à un contre cinq.

La bataille durera une semaine et, le 10 octobre, nous savions que les chinois avaient perdu la partie. Ils ne passèrent pas.

Avant d'être évacués les blessés chinois nous réclamèrent de la nourriture et des cigarettes!

Puis, le temps changea brutalement, il faisait très froid. Devant nos positions les cadavres chinois étaient congelés. Je les rencontrais à chaque patrouille de nuit jusqu'à l'ancienne position des pionniers où des débris humains jonchaient le flanc du piton.

Entre nos positions et celles des Chinois c'est maintenant le no man's land. Il ne reste que les traces d'une lutte féroce dont le souvenir ne s'éteindra jamais dans la mémoire de tous ceux qui étaient à Harrow Head durant la dernière bataille importante de la Guerre de Corée. Je repense souvent à nos camarades qui se sont sacrifiés pour que nous l'emportions.

1953, était l'année du Serpent

et en juillet, après d'autres combats sur d'autres positions, je quittai la Corée. Dix jours plus tard, l'armistice était signé.

Robert BREUIL

Source: site web personnel de Léon le Marin

Note:
Je m’enorgueilli de l’amitié de quelques uns de ces valeureux
combattants qui furent nos compagnons d’armes en Corée, dont,
notamment Robert BREUIL, précité, auquel j’ai permis par mes
activités internet associatives Marine, de retrouver il y a peu le Frère d’un de ses
plus fidèles Amis, Philippe COLLEMANT glorieusement tombé à ses
côtés à Arrow Head. Il s’agit de Dominique COLLEMANT Maître
Principal(h) Mécanicien sous-marinier, matricule 0565 485…

Le web réserve bien des surprises au monde combattant…

Signé: Léon C. Rochotte – ancien SM2 Radio, Mle 2306 T 49
F/MS LA GRANDIÈRE - Corée 1950
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Léon le Marin
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MessagePosté le: Mar 10 Fév - 18:17 (2009)    Sujet du message: Retour au pays du matin calme Répondre en citant

Commémoration de la Bataille d'ARROW HEAD la dernière importante Bataille de Corée...
Suite:

Allocution de mon ami Robert BREUIL

___________________

EN SOUVENIR DES MORTS ET DES BLESSÉS DE ARROW HEAD


Le 3 octobre 1952, nous nous installions tranquillement sur la position qui est devant nous -au delà de cette ligne de démarcation qui coupe la Corée en deux- car le QG avait obtenu des renseignements qui annonçaient une attaque de plusieurs divisions chinoises sur Arrow Head (Myonjang). Nous étions très fiers d'avoir été chaisis pour arrêter l'attaque qui se préparaiet.

À cette époque, le Bataillon était commandé par le Colonel Borreill et la 2ème Compagnie, où je me trouvais, par le Lieutenant Claude BARRÈS. Le 5 au soir nous reçumes quelques obus de gros calibre qui n'avaient rien à voir avec les coups de mortier auxquels nous étions accoutumés. Nous ne prîmes pourtant pas ce changement de style pour un salut amical de bienvenue. En fait, les Chinois règlaient leurs tirs pour plus tard.

Le six octobre au soir ils confirmèrent leurs vraies intentions et ce fut autre chose. Un orage d'acier tomba sans répit sur nos positions et sur celles de la Division ROK (Republic of Korea - ndlr) qui était à notre droite. Nous apprenions par le Q.G. qui comptait les coups que nous étions placés sous le plus violent bombardement de toute la Guerre de Corée. Un général du Q.G., dont j'ai oublié le nom, devait dire qu'il était impossible à une unité de tenir sous un tel déluge de feu. À l'extérieur, par une nuit silencieuse et sans lune, nous aurions peut-être pensé la même chose mais nous n'étions pas à l'extérieur ainsi l'idée de ne pas pouvoir tenir ne nous vînt pas.

Les canons de gros calibre étaient accompagnés d' "orgues de Staline" ainsi nommés par les Allemands pendant la 2ème Guerre mondiale. Ces fusées participaient à l'effort chinois en vue de notre destruction totale. C'était terrifiant. Je scrutai l'horizon et vis que si les canons chionois étaient établis loin en arrière de la ligne de front, les rampes de lancement étaient sur la ligne de front derrière une éminence de terrain que je pus situer avec précision. Je venais de découvrir d'où partaient leurs tirs! Les lignes téléphoniques étant détruites, je fonçai en trombe hors de l'abri et grimpai la pente sous le bombardement jusqu'au PC qui n'était pas épargné. Arrivé, j'indiquai l'endroit précis sur la carte où se trouvaient les engins automoteurs.

Je revins aussi vite, sain et sauf, malgré les éclats d'obus qui déchiraient l'air autour de moi, et déclarai à mes camarades que les coordonnées ayant été transmises, l'artillerie allait s'en occuper. On me l'avait assuré. Nous nous mîmes à observer l'horizon tout en surveillant la pente devant nos lignes d'où pouvait survenir à tout moment une troupe chinoise. Quelques minutes plus tard, sur le piton qui nous faisait face, des flammes montèrent dans un bruit assourdissant qui dépassait celui des obus ciomme si un volcan en éruption crachait ses entrailles. Pour un coup au but, c'était un coup au but! Les Chinois qui étaient dans la fournaise déclenchée par nous et alimentée par leur propre matériel devaient brûler comme du bois sec. Il ne fut pas désagréable de le penser. Après tout, c'était une bataille où nous étions quelques centaines tandis qu'ils étaient plusieurs milliers. Nous avions l'ordre de résister. Ça voulait dire ne pas rester inactif. Tenir, comme sur la Marne, c'était fermer la route de Séoul aux Chinois car rien derrière nous n'était pévu pour les arrêter.

Ce bombardement dura plusieurs jours et le nombre d'obus que nous recevions à l'heure était supérieur, nous le sûmes plus tard, aux terribles moyennes de Verdun en 1916. Dès les premières heures le nombre de tués et de blessés était durement ressenti car ce nombre représentait plus du tiers de nos effectifs sur le champ de bataille. La section des Pionniers avaient été anéantie par le bombardement et par la horde de Chinois qui submergea son poste avancé.

À bout de munitions les pionniers survivants se battirent à l'arme blanche et à coup de pelle. Philippe COLLEMANT eût un bras arraché avant d'être tué. BÉSAMAT fut blessé et fait prisonnier. Le lieutenant LIRON, grièvement blessé à la tête dut sa survie à un miracle. Les combats étaient d'une violence inouïe et sanglante. La base arrière fut appelée en renfort mais cela ne suffisait pas. Une compagnie américaine (du régiment auquel appartenait le bataillon français, le 23rd IR US - ndlr) nous épaula sur la gauche pour remplacer nos morts et nos blessés. Les Chinois montèrent à l'assaut de nos positions en pensant que le piton sur lequel nous nous trouvions était abandonné à la suite du matraquage de leur artillerie. Ils furent sévèrement reçus et payèrent le prix de leurs illusions.

Nous avions heureusement l'appui de l'aviation qui bombardait les positions chinoises et qui, la nuit, larguait des éclairants afin d'illuminer le champ de bataille. Le soutien de notre artillerie était de 5000 obus à l'heure dans les meilleurs moments. À notre droite, la division ROK avait, comme nous, perdu son poste avancé. Elle tentait de le reprendre et de maintenir sa ligne de front. Le Lieutenant FAUVELL-CHAMPION (NDLR: autre Ami fidèle du rédacteur L. Rochotte) voyant nos amis Coréens en difficulté prit l'initiative d'intervenir sur "White Horse" avec ses armes lourdes contre les Chinois. Craignant cependant une rupture du dispositif de défense, le Lieutenant BARRÈS avait décidé que nous devions nous installer en appui fermé.

Le 10 octobre il fut évident que, n'ayant pu percer, les Chinois avaient perdu la bataille. Ils abandonnaient beaucoup de morts devant nos tranchées et aussi des blessés que nos brancardiers ramenaient sur notre position. Sans rancune et parfaitement décontractés ils nous réclamèrent de la nourriture et des cigarettes. Le froid tomba si brutalement (-15°C) que les cadavres chinois furent congelés. Les divisions communistes de Mao avaient échoué à franchir nos lignes. Nous avions eu l'honneur, avec des pertes douloureuses, hélas! de sauver Séoul!

Entre nos positions et celles de Chinois, ce fut alors une terre sans homme que je parcourais de nuit comme chef de patrouille. J'avais un fusil à lunette infrarouge -c'était une nouveauté- qui permettait de voir dans la nuit la plus profonde et de contrôler les mouvements éventuels de l'ennemi. Mais rien ne bougeait. L'ennemi pansait ses plaies. Sur la position des pionniers j'aperçus des débris humains en grand nombre et butai sur un pied dans sa chaussure avec une partie du tibia...

Philippe COLLEMANT, dont j'évoque plus haut la mort, redessinait avant de monter en ligne, les armoiries de sa famille et en refaisait le blason. Il en parlait avec passion. Était-il d'azur au chef de gueules ou d'or au chef d'azur? Je ne peux plus le dire mais retrouvera-t-on les armoiries qu'il avait réalisées pour les transmettre à sa famille? Je n'en sais rien mais cette question m'obsède.

Fin août 1953, les Chinois nous rendirent André BÉSAMAT qui devait décéder le 9 février 2005.

Le Lieutenant BARRÈS, ancien parachutiste de la France Libre, qui m'avait cité suite à la destruction des engins automoteurs, fut tué en Algérie.

LIRON, devenu Général de Corps d'Armée, finira misérablement sa vie en 2007 aux Invalides.

Je n'évoque pas les noms de tous les morts et blessés même si beaucoup me reviennent en mémoire. La liste est trop longue. Nous parlons souvent de nos morts mais combien d'amputés et blessés diversement atteints ont disparus, depuis lors, des suites de leurs blessures et dont nous avons oublié le calvaire?

Il y a maintenant 56 ans, 2 mois et quatre jours que cette bataille s'est déroulée. Plus d'un demi-siècle! Nous venons ici bien tard! Nous ne sommes plus très jeune mais il nous reste le souvenir très présent d'une lutte féroce et sanglante qui ne s'éteindra qu'au jour où les survivants d'Arrow Head auront tous rejoints leurs camarades tombés en ce lieu pour la plus grande gloire de nos armes et des valeurs que nous défendions. Ce fut, quoique d'une manière bien plus brève, le Verdun de notre vie de combattant.

MONCLAR, qui avait parcourun tous les champs de bataille du XXème siècle, se prémunissant sans doute contre notre peu de mémoire, avait tenu à nous rappeler plusieurs fois que nous avions combattu dans ce qui fut la Première Armée des Nations Unies. La Charte de l'ONU porte en son sein la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ainsi que le Droit des Peuples à disposer d'eux-mêmes.
C'est pour cela que ces Hommes, dignes héritiers des soldats de l'An II, venus de France, sont morts. Ce sont aussi ces valeurs universelles qui nous ont fait vivre et nous donneront à penser, jusqu'à notre dernière heure, et adhérer au combat du Dalaï Lama comme à tant d'autres.

Au poète Charles Péguy qui fut tué d'une balle au front le 5 septembre 1914 à Villeroy, je demande la conclusion de cette allocution:

"Heureux les grands vainqueurs. Paix aux hommes de Guerre.
Qu'ils soient ensevelis dans un dernier silence."



Robert BREUIL.

(Transcription Léon C. ROCHOTTE alias Léon le Marin)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:06 (2016)    Sujet du message: Retour au pays du matin calme

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