Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953.  French Battalion in the Korean War  Index du Forum

Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War
Forum de l'association "Crèvecoeur", Association "Loi 1901" de reconstitution historique sur Le bataillon Français de l'Onu en Corée.

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L'association CREVECOEUR est désormais labellisée par le Service Historique du Ministère de La Défense,  reconnu pour son authenticité et sa véracité lors de ses reconstitutions historiques, ayant pour thème le Bataillon Français de l'ONU en Corée.
Les Forces Turques : La Brigade Turque

 
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Ltc Taplett
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MessagePosté le: Mar 2 Oct - 18:11 (2007)    Sujet du message: Les Forces Turques : La Brigade Turque Répondre en citant

LA GUERRE DE COREE
ANNEXE : LA BRIGADE TURQUE
1- Présentation
 La guerre de Corée, présentée par le président Harry S. Truman comme une « action de police », marqua la première collaboration entre les USA et l’ONU à peine née pour arrêtée l’avance de la guerre froide en extrême-orient.
Au total ce sont 22 nations qui acceptèrent d’envoyer soit des troupes soit des unités médicales. Seize pays répondirent à l’appel de l’ONU par l’envoi de soldats destinés à stopper l’invasion de la Corée du Sud par celle du Nord. L’un des participants majeurs à ce conflit fut la Turquie. Le 1er contingent turc débarqua le 19 octobre 1950 et, variant en personnel, demeura en Corée jusqu’à l’été 1954.
Composition :
1. 241e RI (3 bataillons d’infanterie)
2. Un battaillon d’artillerie de campagne (3 batteries de 6 obusiers de 105mm + PC)
3. Une Cie de Génie motorisée
4. Une batterie Anti-Aérienne motorisée
5. Une Cie de transport.
6. Une Cie de Transmissions motorisée.
7. Une section anti-tank motorisée.
8. Une Cie médicale.
9. Une unité de réparation et maintenance.
10. Une fanfare
11. Une Cie de remplacement composée de plusieurs services
C’est la 1ère Brigade Turque du brigadier-général Tahsin Yacizi qui subit l’épreuve du feu. Cette brigade était constituée de 3 bataillons commandés par les majors Imadettin Kuranel, Mithat Ulunu et Lutfu Bilgon. Le Commandement des Forces Armées Tuques (CFAT) était une force de combat régimentaire de 3 bataillons d’infanterie soutenue par de l’artillerie et le génie. Ce fut la seule unité de cette taille rattachée en permanence à une division US pour toute la durée de la guerre.
Plus de 500 hommes, dont un groupement de liaison, débarquèrent en avant-garde à Pusan le 17 octobre 1950 en provenance d’Iskenderun avant de se regrouper aux alentours de Taegu. La majorité des volontaires provenait des villages des montagnes de l’est de la Turquie. Pour ces hommes qui venaient de terminer leur service militaire obligatoire de 2 ans c’était non seulement la première fois qu’ils quittaient la Turquie mais aussi pour beaucoup la première fois qu’ils quittaient leur village natal. Pour les simples soldats c’était aussi la première fois qu’ils côtoyaient des non-musulmans. De grandes différences culturelles et religieuses existaient entre les Turcs et les Américains.
Leur commandant, le général Yazici, avait combattu les Anglais à Gallipoli en 1916. Il était tenu en haute estime au sein de l’armée et avait volontairement baissé de rang pour pouvoir commandé la brigade, à l’instar du général Monclar pour les Français. Il avait cependant un défaut majeur : Il ne parlait et ne lisait que très mal l’anglais, bien qu’il ait été rattaché à une division américaine Ce problème de langue allait se révéler préjudiciable en termes de compréhension des ordres et de déploiement des troupes.

Le brigadier-général Yazici reçoit la Silver Star
Le commandement américain n’avait pas pris conscience des problèmes de coordination, logistique et par dessus tout de communication. Une nourriture peu familière, les besoins en tenues de combats et moyens de transport allaient créer plus de problème qu’il n’avait imaginé. Les musulmans ne mangent pas de porc. Or, la ration de combat américaine de base en contenait à peu près invariablement. Une usine japonaise fut louée pour produire une nourriture satisfaisant à ces exigences religieuses. Le pain posa un autre problème. Les Turcs préféraient un pain consistant non fabriqué à base de farine blanche avec un café fort et très sucré. L’Armée parvint cependant à satisfaire ce genre de besoins en même temps que ceux des autres forces alliées.
Peu d’officiers de liaison étaient rattachés aux compagnies turques, ajoutant aux problèmes que ces dernières rencontrèrent aux début de leur engagement sur le terrain. De mauvaises interprétations des ordres données furent la résultante du manque de communication entre les alliés. Ce type de problème, tout d’abord jugé mineur, se trouva exacerbé dans le feu des combats.

Le Cpt Hocaoglu, le brigadier-général Yazici (de dos) et le général Mc Arthur
L’arrivée des Turcs en Corée fit l’objet d’une grande publicité. L’apparence féroce des soldats, leurs grandes moustaches et leurs longs coutelas semblaient être l’incarnation du rêve de tout correspondant de guerre. Bien qu’ils n’aient pas été engagés dans un conflit d’importance depuis la 1e guerre mondiale, les soldats turcs bénéficiaient d’une réputation de solides et rudes combattants qui préféraient toujours l’offensive et qui ne faisaient pas de quartier. La plupart des volontaires étaient jeunes et portaient au côté une sorte de sabre qui pour les Américains et les autres soldats alliés ressemblaient à de longs couteaux ou pour le moins à une arme étrange. Leur forte inclination à les utiliser en combat au corps à corps incitait les combattants des autres nations à éviter de les provoquer.

2- Baptême du feu : La poussée vers le Yalu
Montée vers le nord
C’est au patchwork des forces onusiennes, principalement constitué d’Américains mais aussi d’unités en provenance de 16 pays que fut donné l’ordre de monter une attaque massive destinée à terminer la guerre au plus vite. L’engagement du général McArthur à relever 2 divisions et à ce que les « boys » soient à la maison pour Noël entraîna une offensive mal conçue vers le fleuve Yalu, frontière entre la Corée du Nord et la Chine. D’aucuns émirent des objection à ce plan, en particulier les général de la 8e Armée Walton Walker, mais ces dernières furent rapidement repoussées par l’état-major de McArthur. Les officiers sur le terrain allaient dès lors engager leurs hommes dans une sanglante campagne sans que leur voix n’ait été entendue.
Les rapports indiquaient la présence de troupes chinoises fin octobre-début novembre mais McArthur choisit de les ignorer. Walker tenta plusieurs fois de retarder l’offensive en prétextant du manque de soutien et de réserves mais ne fit qu’irriter davantage le commandant en chef des forces alliées en Corée. La poussée dut donc se faire, sous les rigueurs du climat coréen. Les différentes unités n’avait l’équipement requis pour des opérations de types « arctique ». Très rapidement les premiers cas de sévères engelures firent leur apparition.
Au cours de cette pénible avancée la 8e Armée s’étira davantage à mesure qu’elle progressait vers le nord. En quittant la pointe de la péninsule coréenne elle se trouvait face à un territoire nettement plus élargi et nécessitant toujours plus d’hommes pour le couvrir. L’ordre de bataille était le suivant : Ier Corps Américain comprenant la 24e DI, la 27e Brigade Britannique et la 1e DI de l’Armée de la République de Corée (ARC) ainsi que le 9e Corps américain comprenant les 2e et 25e DI US, la 1e Brigade Turque et les 6e, 7e et 8e DI de l’ARC. La 1e Division de Cavalerie (US) se trouvait en réserve.
Walker progressait avec précaution. Les derniers rapports de la fin novembre indiquait une inquiétante montée en puissance des troupes chinoises au delà de la frontière. D’après ces rapports, les « volontaires » chinois seraient passés de 40 à 98000 hommes. Ils étaient encore en dessous de la vérité.
En face du 9e Corps se trouvait le 13e Groupe d’Armées de la 4e Armée de Campagne Chinoise, constituée de 18 divisions pour un total d’au moins 180000 hommes. Plus à l’est, face au 1er Corps, ce sont les 120000 hommes (12 divisions) du 9e Groupe d’Armées de la 3e Armée de Campagne qui attendaient les forces de l’ONU. Douze divisions (65000 hommes) de l’Armée Populaire de Corée (APC) renforçaient encore ces effectifs déjà largement surnuméraires. Un mouvement de guérilla estimé à 40000 hommes harcelaient les forces alliées sur leurs arrières. C’est donc peu de dire que l’ennemi avait été gravement sous-estimé.
Le 19 novembre la 25e DI quitta Kaesong à 6h00 pour atteindre la ville minière de Kunu-Ri à 2h00 le matin suivant. Le lendemain la 1e Brigade Turque, sans moyen de transport, fut elle aussi dirigée vers la ville en tant que réserve. La 8e Armée était séparée en 2 par le fleuve Chongchon.
Dès le 22 novembre les objectifs de la Brigade Turque, neutraliser les patrouilles nord-coréennes dans leur secteur, était atteint. Elle reçut alors l’ordre de prendre contact avec la 2e DI sur le flanc droit du 9e Corps. Les dernières informations faisaient état d’un régiment chinois au nord-ouest de Tokchon. Malgré la demande du brigadier-général Yazici aucun renseignement supplémentaire sur ce régiment et sur l’état des DI de l’ARC ne lui fut communiqué.

Le brigadier-général Yazici étudie la situation en compagnie d'un officier artilleur américain
Le 26 novembre les Forces Communistes Chinoises (FCC) lançaient une attaque majeure et coordonnée sur les 1er et 9e Corps. Les FCC se précipitèrent vers Tokchon en s’opposant au 2e Corps de l’ARC (front central) qui n’avait en aucun cas les moyens de soutenir une telle attaque et qui s’effondra.
L’assaut chinois
L’assaut chinois prit rapidement des proportions alarmantes et les Turcs reçurent l’ordre de protéger le flanc droit des forces onusiennes. Le 1er bataillon fut transporté par camion à Wawon, à 24km à l’est de Kunu-Ri, à environ mi-chemin de Tokchon. De là les camions partirent chercher le 2e bataillon. Comme le nombre de camions se trouva être insuffisant, une partie de la brigade dut rejoindre son secteur à pied.
Le 27 novembre, la brigade reprit la marche à 5h30. Alors que les unités grimpaient les fortes pentes de la chaîne de Karill Yon et que les unités avancées descendaient déjà dans la vallée de Tokchon (14h30), la brigade reçut l’ordre de s’arrêter où elle se trouvait et d’établir une position défensive. Mais Yazici avait remarqué une nouvelle apparemment sans importance : « L’aviation a repéré une troupe de nationalité inconnue de la taille d’un régiment aux environs de Changsangni ». Yacizi perçut cette information comme une menace et décida de ne pas installer sa ligne de défense là où il se trouvait mais à Wawon, plus à l’ouest. Cette décision allait se révéler capitale pour la suite des évènements.
Les unités de reconnaissance se transformèrent en unités d’arrière-garde qui empêchèrent l’ennemi de frapper la brigade de nuit en faisant diversion à l’assaut qui débuta dans la nuit du 27 au 28.
A 8h00 le 28 novembre la bataille de Wawon débuta. Les Chinois attaquèrent en masse, par vagues, chaque assaut se trouvant finalement repoussé. Plusieurs combats au corps à corps, baïonnettes chinoises contre épées turques eurent lieu. Dans l’après-midi, il devint clair que les FCC tentaient de couper la route Kunu-Ri / Wawon sur les arrières de la brigade. Yazici ordonna alors de se préparer à la retraite vers Sinnim-Ni. A cet instant les 2 flancs de la brigade étaient totalement à découvert, la 2e DI sur la gauche ayant déjà abandonné le terrain. C’est la 9e Cie qui encaissa le gros de l’assaut alors qu’elle couvrait la retraite du reste de la brigade. La 10e Cie (3e bataillon) reçut l’ordre de former la dernière ligne de défense. Le commandant du 3e bataillon, le major Lutfu Bilgin envoya la 9e Cie protéger le flanc des Cie 10 et 11. Les Chinois ne mirent pas la pression sur la 10e au détriment des 2 autres. En milieu de matinée du 28 novembre les Chinois finirent par percer et débordèrent la 9e Cie dont de nombreux hommes furent tués, y compris le major Bilgin.
Les Turcs se mirent en route à 18h30. Les premiers arrivés à Sinnim-Ni se hâtèrent de se mettre en position défensive. Pendant que les unités les mieux positionnées continuaient à défendre le terrain, celles en mauvaise position continuèrent leur route vers Kunu-Ri. La plupart d’entre elles reçurent et obéirent à l’ordre de Yazici de se regrouper et de former une nouvelle position défensive. Néanmoins, les troupes chinoises étaient tellement en surnombre que l’assaut général lui-même ne pouvait en rien être stoppé.
Avant midi le 29 une contre-attaque fut menée pour briser l’encerclement dont étaient victimes le 2e bataillon et la 2e Cie. L’opération réussit et les différentes unités purent rejoindre Kaechon où les Chinois multiplièrent leurs assauts, chacun d’entre eux se brisant sur les défenses turques. Yacizi ordonna à toutes les unités de se retirer à l’ouest de Kaechon. Avant qu’elles n’aient parcouru 2km depuis la ville elles furent réduits en plusieurs groupes sous des tirs efficaces en provenance de 3 directions différentes. Avant la tombée de la nuit la route Hacham/Kunu-Ri était coupée et la brigade encerclée. A 17h15 le 1er bataillon parvint à briser l’encerclement malgré la dispersion des sections et le manque de communications. Les contre-attaques et infiltrations turques durèrent toute la nuit, permettant à la brigade de quitter le secteur d’Hacham.
Le 30 novembre, sur la route de Sunchon, la brigade fut de nouveau encerclée. La passe de Sunchon était aux mains des FCC depuis déjà 2 jours. Les contre-attaques menées par la 2e DI au nord et la 27e Brigade Britannique au sud avaient été sans résultat. Après un court repos l’infanterie turque se lança à l’assaut de la passe, épaulée par l’infanterie et les blindés américains. La route vers Sunchon fut de nouveau ouverte.
 Au 30 novembre la Brigade Turque n’existait virtuellement plus en tant qu’unité combattante.
Conséquences
Au PC de la 2e DI il était devenu de plus en plus difficile d’obtenir la moindre information sur le sort de la brigade. Les blindés envoyés en renfort étaient constamment repoussés. La confusion atteint un tel paroxysme qu’on vit des soldats américains abandonner leurs positions en laissant sur place l’intégralité de leur équipement, armes incluses. Les Chinois semblaient être partout à la fois et les informations quant à leurs mouvements étaient tout autant rares que fausses. Alors qu’on les croyait devant une position, les Chinois étaient déjà derrières les lignes. Sous un climat quasi-polaire et sur un terrain difficile et montagneux le manque de capacité des unités alliées à communiquer et à se battre de manière coordonnée entraîna un désastre militaire malgré la vaillance de nombreux combattants.
Alors que ce combat était le 1er d’importance dans laquelle l’armée turque s’engageait depuis la 1ère guerre mondiale les hommes surent prouver que leur habileté et leur ténacité n’était pas qu’une légende. La Brigade Turque, en luttant pied à pied face à un ennemi très largement supérieur en nombre accordé au 9e Corps en général et à la 2e DI en particulier le temps et l’espace nécessaire à leur retraite, évitant l’encerclement pour le 1er et la destruction pour la seconde.
 

Le général Walker remet la Silver Medal à des membres de la Brigade Turque
Quelques commentaires d’officiers américains donnent la mesure de l’impression que la 1e Brigade fit sur eux : « Ils préfèrent sans conteste l’offensive et la maîtrise parfaitement », « Ils ne sont pas les meilleurs en défense et pourtant ne se débandèrent jamais », « Certaines unités turques faisaient état d’un décompte des morts impressionnant à chacune de leurs patrouilles. L’état-major ne voulait pas les croire ; jusqu’à ce qu’ils se décident à ramener les cadavres vers nos lignes afin qu’ils soient comptés. »
En dehors des commentaires élogieux de la presse internationale de l’époque quant au comportement de la brigade, c’est Walton Walker lui-même qui clôturera ce chapitre : « Soldats héroïques d’une nation héroïque, vous avez sauvé la 8e Armée et le 9e Corps de l’encerclement et sauvé la 2e Division de la destruction. Je suis venu ici aujourd’hui pour vous remercier au nom de l’Armée des Nations Unies ».
3- La bataille de Kumyangjangni
 Les forces alliées furent durement secouées par l’assaut chinois du 26 novembre 1950. Les efforts faits pour arrêter l’ennemi ne semblaient produire aucun résultat. Les FCC avaient clairement pris l’initiative et donnait coup après coup forces de l’ONU.

Des soldats turcs se mettent en position en décembre 1950
 En cet hiver polaire chaque nouvelle défaite atteignait davantage le moral des combattants. Il semblait que désormais rien ne pouvait plus arrêter les Chinois. L’évacuation de la Corée commença même à être envisagée.
 Walton Walker mourut dans un accident de jeep le 23 décembre 1950. Le lieutenant-général Matthew Ridgway le remplaça. Ce dernier se mit immédiatement en tête de revitaliser la 8e Armée et de remettre l’idée d’offensive dans la tête de chaque combattant. Il se mit aussi à appliquer une stratégie de retraite et d’usure destinée à étirer au maximum les FCC, ce qu’il parvint à faire. Les Chinois arrivèrent aux limites de leurs possibilités de ravitaillement. Le 15 janvier Ridgway lança une opération de reconnaissance à grande échelle, l’opération « Wolfhound ». Dix jours plus tard l’opération « Thunderbolt » débutait.
 Le 25 janvier 1951 la Brigade Turque se mit en route vers les lignes ennemies en 2 colonnes séparées. Après avoir parcouru 1.5km elles s’opposèrent aux CCF. Les Cies turques firent feu de tout bois et s’élancèrent à l’assaut. A 10h00 les positions chinoises étaient prises et les Turcs se remettaient en marche. 2.5km plus loin les Chinois occupaient la côte 185. La 10e Cie pénétra les défenses ennemies à15h00. Les épées sortirent des fourreaux et de violents corps à corps se déroulèrent sur toute la ligne de front. De toute évidence les Chinois avaient reçu l’ordre de tenir jusqu’au dernier homme. A la nuit tombée aucun des 2 belligérants n’avait remporté la décision et un dangereux mélange d’unités amies/ennemies s’étalait sur les pentes de la colline. Le Corps d’Armée donna l’ordre de s’installer là où ils étaient sans céder un pouce de terrain.
 Les Turcs interprétèrent cet ordre comme une invitation à finir le travail qu’ils avaient commencé au lieu d’attendre dans le froid le prochain ordre d’assaut. A 5h00 le 26 janvier la côte 185 était aux mains de la brigade qui continua même à poursuivre l’ennemi en déroute jusqu’à 7h00 avant de s’arrêter devant une nouvelle ligne ennemie.

Soldats turcs
 
 L’opération « Thunderbolt » débutait on ne peut mieux. Ridgway avait repris l’initiative et les FCC allaient désormais retraiter vers le 38e parallèle.
 En hommage aux combats de la nuit du 25 au 26 janvier, la côte 185 fut rebaptisée « La forteresse turque ».
4- La bataille de « Vegas »
 En juin 1951 les forces de l’ONU étaient parvenues jusqu’à la ligne Imjin-Chorwon-Kumhwa sans parvenir à aller plus loin. La guerre de mouvements était désormais terminée et les belligérants revinrent à une forme de guerre des tranchées. Les opérations se résumaient désormais à des embuscades, à des patrouilles et à des séries d’assauts limités dans l’espace et dans le temps. Pendant ce temps les interminables pourparlers de paix avaient débuté à Panmunjon. En vue d’obtenir soit la percée décisive soit un gain de terrain stratégique pour se trouver en position de force lors des négociations les Chinois tentaient régulièrement un assaut majeur sur tel ou tel point du front.
 Le 28 mai 1953 les FCC lancèrent un assaut de cette nature. A 19h48 l’artillerie chinoise se déchaîna. Les sanglantes batailles de « Carson », « Big Vegas », « Elko » et « Little Vegas » venaient de débuter. Elles allaient durer 30h sans discontinuer. Les collines susmentionnées changèrent plusieurs fois de mains entre 19h48 le 28 mai et minuit le 29. Un rideau de fumigènes s’abattit sur « Little Vegas » avant que l’assaut de l’infanterie ne débute et que cette dernière ne prenne position sur la colline à 20h00. A 21h15 l’infanterie turque contre-attaqua. Moins de 5mn plus tard les Chinois se repliaient.
A 21h52 « Carson » et « Elko » étaient elles aussi prises derrière un rideau de fumigènes. L’artillerie et les mortiers chinois se mirent alors à transformer « Big Vegas » en enfer. Après avoir pris position sur la colline, les Chinois furent repoussés après une charge à la baïonnette à 21h58. A 22h08 les Chinois reprirent pied sur « Big Vegas ». A 23h15 les Turcs la reprenaient ». Aucun répit ne fut accordé d’un côté comme de l’autre. L’ennemi, qui avait de nouveau repris « Little Vegas », en fut de nouveau chassé à 23h34. A 23h30 c’est « Big Vegas » qui était de nouveau attaquée. A 23h53 « Elko » et « Carson » subirent le même sort. Tous les moyens de communications étaient désormais coupés.
La situation devint critique. Tout au long de la ligne de front c’est le corps à corps qui prévaut. A 00h40 « Little Vegas » est attaquée. A 1h20 « Carson » est prise par les Chinois. A 1h50 une partie des bunkers de « Little » et « Big Vegas » sont aux mains de l’ennemi. A 3h23 « Little Vegas » est repris. A 3h47 la brigade turque repart à l’assaut de « Big Vegas » alors que les Chinois y amènent des renforts, sans succès. « Little Vegas » tient toujours mais les blessés ne peuvent plus être évacués.
 A 10h50 les Turcs reprennent « Big Vegas ». L’ennemi s’enfuit. A 11h15 des éléments de la 25e DI (US) attaquent et prennent « Carson » depuis « Elko » avant de la quitter vers 16h00 pour éviter d’être encerclés. A 15h43 les Chinois prennent « Elko » avant d’occuper « Big Vegas » à 16h15. Les Turcs montent immédiatement une contre-attaque qui les en chasse.
 Entre 20h00 et 20h20 la 2e batterie d’artillerie turque est détruite. A 20h50 la 25e DI décide d’abandonner « Big Vegas » ce qui est fait à 21h20. 
 En définitive « Big Vegas », « Carson » et « Elko » sont prises par les Chinois. Mais ces derniers ont payé tellement cher ces 3 collines qu’ils ne peuvent poursuivre leur offensive plus avant. La Brigade Turque a subi au cours de cet assaut 104 morts et 276 blessés. Les estimations des pertes de l’ennemi s’élèvent à 2200 morts et 1075 blessés.
5- Conclusion
 Les Turcs furent hautement regardés par leur camarades durant leur séjour en Corée. Leur propension à l’offensive et à l’usage de la baïonnette ou de l’épée dans les corps à corps firent souvent dire aux soldats des forces de l’ONU qu’ils avaient de la chance que ces derniers soient de leur côté. Si la tactique n’était pas leur fort et leur compétence militaire pas des plus sophistiquée, leur courage, leur volonté et leur robustesse compensèrent largement ces inconvénients.

Un soldat turc et des orphelins coréens
 Même lorsqu’ils étaient prisonniers, les Turcs restaient indomptables. Un seul soldat Turc (sur 229) céda au lavage de cerveau des commissaires politiques chinois. Il fut alors tout simplement tué par ses camarades. Pour information 325 Sud-Coréens, 210 Américains et 1 Britannique refusèrent de retourner dans leur pays d’origine une fois l’armistice conclu. Les cas de délations dans les camps furent nombreux mais aucun Turc ne put jamais en être accusé. Lorsque l’un des leurs était malade, 2 de ses compagnons le prenaient en charge et s’assuraient de sa survie.
Sans prétendre démériter de l’action d’aucun des participants à cette guerre, il est probable que la conduite des soldats de la Brigade Turque, à l’instar de celle du Bataillon Français, fut une des plus respectées des différents intervenants du côté des Nations Unies.
Au cours du conflit la 1e Brigade Turque supporta 3514 pertes dont 741 tués, 2068 blessé, 163 disparus et 229 prisonniers*, soit des pertes en tués et blessés similaires à celles supportées par le Royaume-Uni ou plus que le Canada et l’Australie réunis, ces trois pays étant pourtant les plus gros contributeurs à l’effort de guerre après les USA.

Monument dédié aux Forces Armées Turques à Seoul
*Ces chiffres peuvent être légèrement différents d’une source à l’autre.
Sources :
- A.K. Dawson: The turkish brigade / http://www.rt66.com/~korteng/SmallArms/TurkishBrigade.htm
- Turkish War veteran Association : The Turks in the Korean War / http://www.korean-war.com/turkey.html
- Auteur inconnu : Turkish contibution of the UN Forces in the Korean War / http://www.koreanwar.org/html/units/un/turk.htm
- Max Hastings : The Korean War / Pan
- Carter Malkasian ; The Korean war 1950-1953 / Osprey Publishing
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MessagePosté le: Mar 2 Oct - 18:11 (2007)    Sujet du message: Publicité

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stan_hudson
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MessagePosté le: Mar 2 Oct - 21:22 (2007)    Sujet du message: Les Forces Turques : La Brigade Turque Répondre en citant

J'ai entendu dire que le taux de mortalité des turcs prisonniers était inférieur à celui des prisonniers américains dans les camps de prisonniers nord coréens.
L'explication est du au mode de vie (rustique) des turcs, bien plus rude que celui des américains. 
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dodgevince
Membre d'honneur

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Inscrit le: 01 Oct 2007
Messages: 2 270

MessagePosté le: Mar 2 Oct - 21:26 (2007)    Sujet du message: Les Forces Turques : La Brigade Turque Répondre en citant

dans la même veine, les américains ont constaté la chose suivante: les blessés US mettaient plus de temps à cicatriser et se remettre de leurs blessures que les volontaires français...

l'explication semblait etre que le GI, une fois blessé, se remettait totalement à son pays pour les soins, alors que les volontaires Français étaient disons, plus méfiants vis à vis de ce qui venait de l'etat (US ou Français, bien entendu!) et donc essayaient de se barrer au plus vite des hôpitaux (et ce malgré le "confort" de ces derniers!)
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Ltc Taplett
Invité

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MessagePosté le: Mer 3 Oct - 09:18 (2007)    Sujet du message: Les Forces Turques : La Brigade Turque Répondre en citant

stan_hudson a écrit:
J'ai entendu dire que le taux de mortalité des turcs prisonniers était inférieur à celui des prisonniers américains dans les camps de prisonniers nord coréens.L'explication est du au mode de vie (rustique) des turcs, bien plus rude que celui des américains. 

J'ai en effet lu la même chose. Les camps n'ont pas réussi à les dompter. Sacrés combattants!
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stan_hudson
Invité

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MessagePosté le: Mer 3 Oct - 09:23 (2007)    Sujet du message: Les Forces Turques : La Brigade Turque Répondre en citant

Il y a une importante communauté turque chez moi. Il vaut mieux ne pas se mesurer à eux...
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:32 (2016)    Sujet du message: Les Forces Turques : La Brigade Turque

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