Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953.  French Battalion in the Korean War  Index du Forum

Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War
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La guerre de Corée(3):Le périmètre de Pusan(8e Partie-2) Assaut au Sud

 
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Ltc Taplett
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MessagePosté le: Dim 30 Déc - 12:56 (2007)    Sujet du message: La guerre de Corée(3):Le périmètre de Pusan(8e Partie-2) Assaut au Sud Répondre en citant

LA GUERRE DE COREELe périmètre de Pusan : 8e Partie

Assaut final (2) : Assaut au Sud

1. La 25e DI US le 31 août


La canicule du mois d’août avait cédé la place à des pluies torrentielles. Les 2 premières semaines de septembre allaient être les plus terribles de ce que les hommes appelaient « les journées le long du Naktong ».

Les reconnaissances aériennes de la dernière semaine du mois d’août avaient rapporté une intense préparation ennemie en face des secteurs des 2e et 25e DI US. Trois nouveaux ponts « sous-marins » (c-à-d à 30cm sous le niveau de l’eau) avaient été construits à travers la Nam, en face du 35e RI. L’Air Force se chargeait de les détruire partiellement le jour et l’APC de les reconstruire la nuit.

Le 2e Bureau de la 8e Armée estimait qu’une ou deux nouvelles divisions et une vingtaine de blindés avaient été ramenés dans le secteur de Hyopch’on ; face à la 2e DI. Le 28 août, il prévint qu’une attaque destinée à couper la route Taegu-Pusan et à prendre Masan pouvait désormais avoir lieu à tout moment.

C’est dans la nuit du 31 août que le I Corps de l’APC lança une gigantesque offensive coordonnée. La plus au sud, la 6e DI devait attaquer via Haman, Masan et Chinhae pour s’emparer de Kumhae au plus tard le 3 septembre. Elle faisait face au 24e RI. La 7e DI devait quant à elle percer au nord de la route Chinju-Masan et faire la jonction avec la 6e DI sur sa droite et la 9e sur sa gauche. Elle faisait face au 35e RI.

A cette date, la 25e DI tenait un front de près de 50km, partant du pont de Namji-Ri au nord, pour aller vers l’ouest jusqu’au point de confluence entre la Nam et le Naktong. De là, la ligne partait vers le S-O, jusqu’au Sobuk-San avant d’obliquer vers le Sud, via Sibidang-San (côte 276). Elle traversait la route Chinju-Masan, passait Battle Mountain, (côte 665) jusqu’au P’il-Bong (côte 743) avant de redescendre vers la route côtière près de Chindong-Ni.
Le 35e RI du col. Fisher tenait 26km de cette ligne, du pont de Namji-Ri jusqu’à la route Chinju-Masan dont il avait la responsabilité. Le 24e RI du col. Champney prenait la relève jusqu’au P’il-Bong, suivi par la 5e RI du col. Throckmorton. Le PC du général Kean se trouvait à Masan, celui de Fisher entre Chirwong et Chung-Ni, celui de Champney à Haman et celui de Throckmorton à Chindong-Ni.

En fin d’après-midi du 31 août, des observateurs avancés attachés à la Cie G 2/24, à un peu moins de 2km à l’ouest d’Haman remarquèrent une intense activité ennemie à 1.5km devant eux. Ils firent appel à l’Air Force et à l’artillerie pour bombarder la zone au crépuscule. Toutes les unités du secteur furent mises en alerte.

2. La chute d’Haman

Peu avant minuit la Cie F/24, positionnée au nord de la passe de Chungam-Ni fut violemment attaquée. Les unités sud-coréennes qui se trouvaient au fond de la passe, sur la route, sur la route se replièrent au sud, dans le secteur de la Cie G.
Les Nord-Coréens capturèrent un 75 sans recul et l’utilisèrent pour mettre de combat 2 chars américains avant de déborder une section de mortier de 82mm plus à l’Est le long de la passe. Ils s’attaquèrent ensuite à la Cie G.

A l’aube, le lt Houston M. McMurray s’aperçut qu’il n’avait plus que 15 hommes à sa disposition : 8 de son propre 1er peloton (Cie G) et 7 Sud-Coréens. L’ennemi profita d’une ouverture dans les barbelés pour poursuivre l’assaut. Les barbelés en question étaient censés être couverts par un BAR (Browning Automatic Rifle), mais les servants s’étaient enfuis. McMurray fut débordé en quelques minutes.


Les hauteurs de l'Ouest d'Haman

Un peu plus haut sur la pente la Cie E fut soumise à des tirs de blindés ennemis à minuit. Les menaces du lieutenant Charles Ellis ne purent retenir les hommes qui s’enfuirent, certains d’entre eux à travers leurs propres champs de mines où plusieurs furent tués. Seuls Ellis et onze soldats demeurèrent sur leurs positions. Au petit matin, ils furent cloués au sol par des tirs de mitrailleuses. Trois hommes tentèrent de s’enfuir et le payèrent au prix de leur vie. Les survivants restèrent dans leurs trous et repoussèrent plusieurs attaques durant 2 jours avant de pouvoir tenter une sortie vers le sud, en direction du 3e bataillon. Durant cette retraite, Ellis ira lui-même chercher un des hommes blessés par une mine lors de sa fuite 2 jours auparavant.

En bref, le 2/24 du col. Roberts fut tout simplement balayé cette nuit-là. La route d’Haman était ouverte. A mesure que l’encerclement de la ville se précisait, Roberts ordonna à un de ses officiers d’organiser les restes du bataillon pour se mettre en bouchon. Bien que l’officier en question ait en charge de nombreux hommes, seuls 8 l’accompagnèrent. Le 2/24 ne pouvait plus être considéré comme une force de combat effective.

A 4h00 le 1er septembre, le col. Champney déplaça son PC à 3km au N-E d’Haman. A la même heure, à 1.5km au nord de la ville, la batterie C du 159e d’AdC était attaquée. Deux blindés du 88e bataillon de chars aidèrent à défendre la batterie le temps que les artilleurs puissent dégager leurs obusiers et se replier vers l’Est via Haman.

La pointe sud de la ligne de front tenue par le 3/24 (ltc Corley) et le 5e RI ne fut pas directement attaquée mais eut cependant à subir des tirs d’artillerie et de mortiers et quelques légères attaques de diversion.

A 2h00 le 1er septembre, sur le flanc droit du 3/24, un avant-poste repéra environ 600 hommes se déplaçant en colonne en direction de Haman. A l’aube, une force estimée à 800 hommes fut reportée comme investissant la ville.

Champney ordonna au 1er bataillon de monter une contre-attaque. Le ltc Roberts avait entretemps réussi à regrouper 42 hommes de son bataillon pour se joindre à la tentative. Celle-ci débuta à 7h30 et échoua piteusement. Au premier contact avec l’ennemi le 1/24 se débanda et reflua vers l’arrière, sur les hauteurs situées à 3km à l’Est de la ville. Deux régiments de la 6e DI se lancèrent dans la brèche de près de 5km ainsi créée.

3. Percée ennemie à Komam-Ni

La pointe nord de la 25e DI n’avait pas été oubliée par l’APC. A 23h30 un canon automoteur tira sur la Cie G du 35e RI depuis l’autre rive de la Nam. Quelques minutes plus tard, l’artillerie se déchaîna sur toutes les compagnies en ligne du 35e. Sous couvert de cette préparation, un régiment renforcé de la 7e DI traversa la Nam et attaqua les Cies F et G. D’autres éléments ennemis traversèrent la rivière pour se lancer à l’assaut de la jointure entre le 1er et le 2e bataillon (ltc Teeter et ltc Wilkins). Le premier gardait la berge de la rivière même tandis que le second contrôlait les hauteurs obliquant vers Sibidang-San et la route Chinju-Masan. Au pied de ces hauteurs le col. Fisher avait placé environ 300 policiers sud-coréens destinés à retarder l’ennemi le plus possible et permettre l’intervention du 3/35 gardé en réserve derrière Komam-Ni.

Les policiers sud-coréens s’effondrèrent dès les premiers tirs ennemis, permettant à l’ennemi de manœuvrer pour tenter de prendre à revers la Cie G à gauche et la Cie C à droite. Le peloton de reconnaissance du régiment et des éléments des Cies C et D formèrent une ligne de défense le long de la digue située au nord de Komam-Ni où ils furent rejoints par des tanks à l’aube.

Mais contrairement à ce à quoi s’attendait Fisher, les Nord-Coréens ne se dirigèrent pas vers le carrefour de Komam-Ni, à 6km au sud de la rivière. Au lieu de cela ils obliquèrent vers l’Est, derrière le 2e bataillon.

La Cie B, installée au sommet du Sibidang-San, était certaine de figurer sur les plans d’assaut nord-coréens du fait de sa position clé. Elle fut bombardée par l’artillerie entre 23h30 et minuit avant de subir l’assaut frontal de 2 bataillons du 13e RI (7e DI) qui s’approchèrent à moins de 150m des trous d’hommes américains.
Un champ de mines antipersonnel permit de stopper le premier assaut lancé contre la Cie B, mais il fut bientôt suivi de plusieurs autres. A 2h30 les GIs vidaient les caisses de munitions des mitrailleuses pour recharger leurs fusils. Le 1er peloton de la Cie C fut envoyé de toute urgence amener des munitions aux défenseurs de Sibidang-San.

Pendant ce temps plusieurs blindés, canons automoteurs et canon anti-chars se dirigeaient vers Komam-Ni depuis la route qui passe à la base du Sibidang-San. Juste après minuit un Sherman mit un T34 hors de combat alors qu’une section anti-char détruisait un canon automoteur et plusieurs canons anti-chars de 45mm.

Un peu avant l’aube les Nord-Coréens se replièrent, laissant sur place plusieurs dizaines de cadavres, dont celui du commandant du 13e RI et une quantité impressionnante de matériel, dont 30 mitrailleuses légères et 3 lourdes.

Bien que le 35e RI ait réussi à tenir toutes ses positions à l’exception d’un avant-poste de la Cie G, il se trouvait néanmoins dans une situation périlleuse : approximativement 3000 soldats nord-coréens se trouvaient derrière ses lignes, la pointe la plus à l’Est allant jusqu’aux hauteurs du sud de Chirwon.

4. Agok

Sur le flanc droit du 35e RI, l’APC fit aussi de larges percées dans le secteur du 9e RI (2e DI US). Là, le régiment tenait une ligne de front de plus de 20km le long du Nakong, incluant le fameux saillant où s’étaient déroulés de violents combats quelques semaines plus tôt. Tout comme leurs sœurs des autres régiments au nord et au sud, les compagnies en ligne ne tenaient que quelques hauteurs et points d’observation.

Durant les derniers jours d’août, les soldats avaient repéré quelques mouvements de troupes de l’autre côté du fleuve, interprétés comme de la consolidation dans la perspective d’une éventuelle attaque américaine. Les quelques infiltrations ennemies au niveau des avant-postes apparurent comme étant une activité « normale » de patrouilles.

Sur le flanc gauche du 9e RI, juste au dessus du point de confluence entre le Naktong et la Nam, la Cie A s’était enterrée le long d’une fine crête parallèle au fleuve se terminant par la côte 94, au niveau du ferry de Kihang. A la base de la colline, à 300m du fleuve, se trouvaient les quelques huttes dénommées comme le village d’Agok. Deux blindés moyens de la Cie A du 72e bataillon de chars, 2 engins de la batterie D du 82e bataillon de DCA (un double canons de 40mm et un quadruple canons de 50mm) et 2 sections de fusiliers de la Cie A tenaient un barrage routier entre le ferry et Agok. Au soir du 31 août, suivant les ordres reçus, la Cie A quitta ses positions sur la crête pour de nouvelles le long de la berge.

Dans la soirée le sergent Ernest R. Kouma emmena un tank Pershing à Agok en remplacement d’un des 2 présents qui avait des problèmes de canon. Il plaça son tank à l’ouest d’Agok, à une quarantaine de mètres du ferry. A 20h00, un épais brouillard couvrit le fleuve. A 22h15 la Cie A fut prise sous des tirs de mortiers. Certains hommes rapportèrent entendre des bruits sur l’autre berge du fleuve et surtout dans l’eau.


Le sergent Ernest Kouma (MoH) au centre

A 22h30 le brouillard se leva soudainement et le sergent Kouma vit qu’un pont achevé au 2/3 était en train d’être mis en place, juste en face de lui ! Il ouvrit le feu de toutes ses pièces, bientôt joint par l’autre blindé et les canons de DCA. En quelques minutes le pont fut tout simplement pulvérisé et, à part un obus de mortier occasionnel, le silence retomba sur Agok et ses environs.

A 23h00 ce calme relatif céda la place à une succession de tirs d’armes légères sur le flanc gauche de la Cie A. Deux à trois minutes plus tard les unités placées autour du barrage routier apprirent par radio que la Cie décrochait et retournait sur ses anciennes positions et qu’elles feraient mieux de faire de même.

A cet instant des soldats asiatiques, portant le patch de la 2e DI (la fameuse « tête d’Indien ») s’approchèrent en provenance des lignes de la Cie A. Leur anglais était excellent. Il s’agissait en fait de soldats Nord-Coréens déguisés qui connaissent le mot de passe ! Pris par surprise, puis à revers, les Américains furent rapidement débordés. Tous les servants du canon de 50mm à affût quadruple furent tués sauf un qui parvint à s’échapper. Plusieurs hommes de l’autre engin (M19) furent blessés mais parvinrent à s’enfuir avec leur engin vers l’arrière. Les 2 blindés, harcelés à la grenade et à la mitrailleuse, parvinrent eux aussi à s’enfuir et à se mettre en position dans un espace ouvert leur assurant de larges champs de tir dans toutes les directions. De là, ils repoussèrent plusieurs attaques parvenant à s’approcher jusqu’à 20m à peine de leurs engins. A 1h30 le sergent-chef Berry prévint Kouma que son moteur surchauffait et qu’il se repliait. Un kilomètre et demi plus loin, le moteur prit feu et l’équipage dut abandonner le blindé. Kouma et son char restèrent sur place jusqu’à l’aube, heure à laquelle les attaques cessèrent, avant de se replier lui aussi vers les lignes amies (1).

L’assaut contre la Cie A s’était concentré sur le 1er peloton situé près du village mais avait épargné le 2e peloton du s/lt Albert J. Fern. Au bruit, ce dernier comprit que ses camarades sur la gauche et ceux de la Cie C sur la droite étaient durement attaqués. Deux fuyards de la C lui apprirent que cette dernière avait été débordée. Le lieutenant Adam B. Rodriguez, en charge de la Cie A, comprit rapidement qu’il devait abandonner ses positions et se replier sur les hauteurs qu’il occupait peu de temps auparavant ce qu’il ordonna à toutes ses unités. Une fois installée en défense sur les hauteurs, la Cie A passa le reste de la nuit sans être inquiétée davantage.

La Cie C située au nord de la A fut la plus violemment attaquée aux environs de minuit. Rapidement, les hommes furent débordés et s’enfuirent, certains rejoignant la Cie A, la majorité allant plus loin au sud du fleuve, jusque dans le secteur de la 25e DI. Au matin du 1er septembre cette dernière reportait que 110 hommes de la Cie C avaient rejoint ses lignes.

5. Faux départ pour la Task Force Manchu

A 8km au nord d’Agok, la Cie B du 9e RI tenait des positions similaires à celles de la A sur la côte 209 surplombant le ferry de Paekchin. Ce ferry passait au milieu du saillant du Naktong, où la route de Yongsan traverse le fleuve.

Le hasard voulut que la 2e DI avait prévu une importante action de reconnaissance à cet endroit au soir du 31 août. Peu de temps auparavant, 2 patrouilles avaient traversé le fleuve et observé des mouvements de troupes et de blindés 3km plus à l’ouest, où était suspecté se trouver un PC divisionnaire (c’était effectivement celui de la 9e DI). Le 25 août le col. John G. Hill prépara l’opération « Manchu ». Ce devait être une opération de reconnaissance menée par une compagnie renforcée, destinée à s’approcher du PC ennemi, le détruire et capturer des prisonniers.

C’est la Cie E, soutenue par une section de mitrailleuse légère de la H qui devait mener l’opération. Elle devait être transportée par bateaux d’assaut par le 1er peloton du 2e bataillon de Génie de combat et être soutenue par 2 sections de mitrailleuses lourdes, une section de mortiers de 81mm et une section de 75mm sans recul fournies par les compagnies lourdes D et H. Une section de mortiers de 4.2 pouces devait elle aussi être de la partie.

Les lieutenants Charles Caldwell et Edward Schmitt, respectivement en charge des compagnies D et H amenèrent leurs hommes et équipement à la base de la côte 209 à la tombée de la nuit le 31 août. La Cie E se trouvait toujours à 3km de là, en réserve à l’ouest de Yongsan. Le col. Hill vint lui-même au pied de la colline avec les mortiers de 4.2 pouces un peu plus tard dans la soirée.

A 21h00 Caldwell et Schmitt avaient emmené leurs chefs de section sur les pentes de la côte 209, leur indiquant les positions qu’ils souhaitaient les voir occuper. Les premiers mitrailleurs entamèrent l’ascension peu après. Il faisait nuit noire.

Au sommet de la côte 209 certains soldats crurent entendre des bruits dans l’eau. Après s’être usé les yeux à tenter d’apercevoir quelque chose dans l’obscurité environnante, ils finirent par repérer une longue ligne de soldats nord-coréens qui traversaient le fleuve.

La première traversée ennemie prit le peloton de mortiers lourds totalement par surprise, alors que les hommes mettaient leurs armes en position. Les hommes des compagnies D et H encore au pied de la côte 209 furent aussi totalement pris au dépourvu. Plusieurs d’entre eux furent tués ou capturés. Le colonel Hill lui-même parvint à échapper à la capture de justesse. Son chef des opérations n’eut pas cette chance.
Les premiers servants des sections lourdes étaient en train de gravir les pentes de la colline lorsque leurs camarades furent attaqués. Ils accélérèrent l’allure et établirent en catastrophe un petit périmètre de défense. En définitive, ils ne seront pas attaqués de la nuit.

La nouvelle de l’assaut surprise de la 9e DI parvint aux PC de la 2e DI. Cumulée avec les informations indiquant un assaut général, elle poussa la division à annuler l’opération « Manchu » 5 minutes avant minuit.

A 2h00, ce fut le tour de la Cie B. Un coup de sifflet marqua le début de l’assaut nord-coréen qui causa de nombreuses victimes dans les rangs américains. Finalement, la Cie sera chassée de la côte 209.

A 3h00 le 9e RI ordonna à sa seule compagnie de réserve, la Cie E, de se diriger vers l’ouest le long de la route Yongsan-Naktong et de se mettre en bouchon au niveau de la passe séparant Cloverleaf Hill de la crête d’Obong-Ni, à 10km de Yongsan. A 3h30, un char moyen de la Cie A du 72e bataillon de chars mit un T34 hors de combat au niveau de Tugok. A la même heure, des tirs de mitrailleuses lourdes en embuscade à l’Est de la passe se mirent à pleuvoir sur la Cie E, tuant son officier commandant et l’aide de camp du général Keiser qui l’accompagnait. Les soldats n’atteindront jamais la passe qu’ils devaient défendre. De fait, la meilleure position défensive existant entre Yongsan et le Naktong était aux mains de l’ennemi. La 2e DI devrait se contenter des pauvres hauteurs bordant l’ouest de la ville.

6. La 2e DI est coupée en 2

Au nord du secteur du 9e RI, le 23e RI avait relevé le 3/38 le 29 août. C’est amputé d’un bataillon (le 3/23 était à cette date rattaché à la 1e DivCav) que le 23e prit position sur les 16km qu’il avait à défendre. Le col. Freeman déploya le 1er bataillon sur les hauteurs surplombant le fleuve. En fait le ltc Claire E. Hutchin jr ne fit qu’installer une succession d’avant-postes protégeant les 2 voies d’accès menant à Changnyong. Le 2e bataillon fut mis en réserve 13km en arrière, en protection des axes routiers du régiment. Le 31 août la division décida de déplacer la Cie E pour la mettre en réserve plus au sud, dans le secteur du 9e RI.

Les 42 hommes du 2e peloton de la Cie B du lt William M. Glasgow tenaient une série d’avant-postes sur 7 collines couvrant 2600m de front d’où ils purent apercevoir 2 larges groupes ennemis se déplacer dans les rizières de l’autre côté du fleuve dans l’après-midi du 31. Quelques tirs d’artillerie les firent se disperser.
Au crépuscule, les hommes de la 1e section virent une « grande et étrange retraite aux flambeaux » sortir des collines et se diriger vers le Naktong. L’observateur avancé d’artillerie présent estima qu’il y avait environ 2000 personnes, probablement des réfugiés. Le col. Freeman ordonna néanmoins à l’artillerie d’entrer en action. A chaque explosion des torches disparaissaient mais d’autres prenaient leur place et l’étrange procession continua sa progression vers la berge du fleuve.

A 21h00 les premiers obus d’une préparation d’artillerie et de mortiers de 2h00 tirèrent Glasgow et ses hommes de leur contemplation. L’ennemi suivait le barrage et traversa le fleuve avant de grimper dans les collines. A 23h00 l’artillerie se tut et une fusée verte signala le début de l’assaut. Quelques minutes plus tard une pluie de grenades s’abattait sur les positions du 2e peloton. Après un bref combat à courte portée, les Américains battirent en retraite.
De nombreux assauts similaires eurent lieu le long de la série d’avant-postes du 1er bataillon.

Sur le flanc gauche du régiment, le long de la route principale entre Pugong-Ni et Changyong, la Cie C fut complètement débordée vers 3h00. Le cpt Cecil S. Bartholdi et la plupart de ses hommes disparurent. Lorsque, 3 jours plus tard, tous les survivants auront été rassemblés, la compagnie comptera moins d’une vingtaine d’hommes.

A mesure que l’attaque ennemie se développait, le ltc Hutchin parvint à faire battre en retraite la majeure partie de son bataillon, à l’exception de la Cie C. Il rassembla ses hommes à son PC, au nord du lac U-P’o et sur les hauteurs couvrant la voie d’accès nord menant à Changyong, à 5km à l’est du fleuve et à 8km à l’ouest de la ville.

Lorsque la nouvelle du désastre frappant le 1/23 atteignit le PC régimentaire, le col. Freeman obtint de dégager les Cies G et F de la réserve divisionnaire. Il envoya la première en renfort au 1er bataillon et la seconde sur la route sud menant à Pugong-Ni et la Cie C. La Cie F n’atteignit jamais la C qui n’existait alors plus mais parvint à en récupérer quelques fuyards avant de se mettre en bouchon sur les hauteurs dominant la voie d’approche vers Changnyong près de Ponch’o-Ri, au dessus du lac Sanorho.
La 2e DI décida de libérer aussi la Cie E de la réserve. Elle rejoignit la F le lendemain pour consolider la principale position défensive devant de Changyong, sous les ordres du ltc James W. Edwards.

Durant la nuit certaines unités de l’APC passèrent le flanc droit de la ligne du 1/23 et se projetèrent sur la route à 5km derrière lui, près des positions de l’artillerie et du PC divisionnaire. Les personnels administratifs et des unités de service improvisèrent une ligne de défense qui permit d’empêcher le débordement du PC.


Positions défensives autour de Changnyong

Avant l’aube du 1er septembre les rapports qui arrivaient au PC de la 2e DI indiquaient clairement que l’ennemi avait percé jusqu’à la route Changnyong/Yongsan et coupé la division en 2. Les 38e et 23e RI ainsi que l’artillerie divisionnaire se trouvaient au nord, coupés du PC de la division et du 9e RI au sud. Le général Keiser estima qu’il était préférable que chacune des 2 zones soit commandée indépendamment. Ainsi il nomma le commandant de l’artillerie divisionnaire, le brigadier-général Loyal M. Haynes responsable de la Task Force Haynes au nord. Cette dernière était opérationnelle à 10h20 le 1er septembre (2). La Task Force Bradley, du nom du brigadier-général Joseph S. Bradley, commandant adjoint de la 2e DI regroupa le 9e RI, le 2e bataillon de Génie de combat, la majorité du 72e bataillon de chars et d’autres unités diverses au sud.

Les 3 régiments de la 2e DI nord-coréenne (4e, 6e et 17e en ligne du nord au sud) avaient en définitive traversé le fleuve dans le secteur du 23e RI et tentaient de s’emparer des 2 axes principaux d’accès à Changnyong, au nord et au sud du lac U-P’o dont certains endroits à cette époque de l’année ne dépassaient pas quelques dizaines de cm de profondeur.

7. Réaction de la 8e Armée

A l’aube du 1er septembre, au PC de la 2e DI à Muan-Ni, à 11km au N-E de Yongsan sur la route de Miryang, le général Keiser avait parfaitement saisi l’importance de la crise en cours : La 9e DI de l’APC avait pénétré en 2 points principaux le 9e RI. La 2e DI avait sectionné en 3 endroits le 23e et la 10e DI avait fait passer davantage d’hommes encore dans le secteur du 38e RI, sur la côte 409 près d’Hyonp’ung. A 8h10 Keiser fit son rapport à la 8e Armée, précisant que la pénétration la plus importante avait eu lieu dans le secteur du 9e RI.

A mesure que la matinée s’écoulait, le tableau tendait à se noircir. Les communications entre la division et les différents PC régimentaires vers les unités de ligne étaient presque toutes coupées. A partir de 9h30 les observations aériennes des avions légers de l’artillerie divisionnaire permirent de repérer plusieurs unités encerclées par l’ennemi et firent 14 largages de munitions, rations et matériel médical. Il apparut que l’APC avait creusé une brèche principale de 10km de large pour 13 de long au cœur de la 2e DI et plusieurs autres de moindre importance. Les bataillons des 9e et 23e RI se trouvaient tous dans des états de désorganisation plus ou moins avancée et certaines compagnies avaient tout simplement cessé d’exister.
Le général Keiser espérait pouvoir réorganiser une ligne de défense le long de la route Changnyong/Yongsan, entre 9 et 13km à l’Est du Naktong et ainsi prévenir toute tentative d’accès aux passes situées plus à l’Est menant à Miryang et Ch’ongdo.

Au PC de la 8e Armée, la situation était on ne peut plus prise au sérieux. A 9h00 le général Walker ordonna à l’Air Force d’user de tous les moyens nécessaires pour isoler le champ de bataille et empêcher tout ravitaillement aux unités de tête nord-coréennes. L’aviation embarquée de la 7e Flotte fut même mise à contribution, interrompant ses missions dans le secteur Inchon/Seoul pour les retourner le long du fleuve. A midi Walker arriva sur le front de la 2e DI et ordonna la défense du secteur à tout prix (« Stand or die »).

Walker avait en réserve 3 régiments d’infanterie en sous-effectifs et la 27e Brigade britannique à 2 bataillons, pas encore prête à être mise en ligne. Les 3 régiments d’infanterie à disposition étaient : Le 5e Marines à Changwon, à 10km au nord de Masan, qui se préparait à partir pour Pusan, le 27e RI de la 25e DI qui venait d’arriver à Masan la veiller au soir pour relever le 5e RCT qui devait lui-même rejoindre la 24e DI à Taegu et le 19e RI de la 24e DI, alors situé près du PC divisionnaire à Kyongsan, au S-E de Taegu.
Walker ordonna au PC de la 24e DI et à la 1e Brigade Provisoire des Marines de se tenir prêtes à intervenir à tout instant. La 24e DI pour le front de la 2e ou de la 25e DI, les Marines pour une destination encore indéterminée.

Au cours de la matinée, Walker estima que la situation la plus critique se trouvait dans le secteur du saillant du Naktong. Là, les Nord-Coréens menaçaient Miryang et de fait toute la 8e Armée. A 11h00, Walker ordonna au brigadier-général Craig de préparer ses Marines à un départ immédiat. A midi les ordres étaient donnés et à 13h30 les Marines étaient prêts. Ils retournaient dans le saillant du Naktong.

(1) Le sergent Kouma recevra à l’occasion de cette action la Médaille d’Honneur du Congrès.(2) La Task Force Haynes demeurera opérationnelle jusqu’au 13 septembre. Elle comprenait : Les 23e et 38e RI, la batterie C du 37e bataillon d’AdC, les batteries A,B et C du 503e d’AdC, le 82e bataillon de DCA et la Cie C du 72e bataillon de chars.


Sources : - Roy E. Appleman : South to the Naktong, North to the Yalu / Center for Military Research
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MessagePosté le: Dim 30 Déc - 12:56 (2007)    Sujet du message: Publicité

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dodgevince
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MessagePosté le: Dim 30 Déc - 14:03 (2007)    Sujet du message: La guerre de Corée(3):Le périmètre de Pusan(8e Partie-2) Assaut au Sud Répondre en citant

décidement... tu fais dans le complet, toi au moins!
ces articles valent leur pesant de cacahuètes (ou de nems, faut voir)
merci pour ton travail, il est grandement apprécié!!
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Ltc Taplett
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MessagePosté le: Dim 30 Déc - 15:25 (2007)    Sujet du message: La guerre de Corée(3):Le périmètre de Pusan(8e Partie-2) Assaut au Sud Répondre en citant

Merci. Mr. Green

Pour info, le prochain article, en cours de rédaction, clôturera la défense du périmètre de Pusan.


Le prochain chapitre sera consacré au débarquement des Marines à Inchon et la reconquête de Seoul.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:05 (2016)    Sujet du message: La guerre de Corée(3):Le périmètre de Pusan(8e Partie-2) Assaut au Sud

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