Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953.  French Battalion in the Korean War  Index du Forum

Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War
Forum de l'association "Crèvecoeur", Association "Loi 1901" de reconstitution historique sur Le bataillon Français de l'Onu en Corée.

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 



 A la une: 
L'association CREVECOEUR est désormais labellisée par le Service Historique du Ministère de La Défense,  reconnu pour son authenticité et sa véracité lors de ses reconstitutions historiques, ayant pour thème le Bataillon Français de l'ONU en Corée.
La guerre de Corée(3):Le périmètre de Pusan(7e Partie) Interlude : Situation et évolution du rapport de forces en août 1950

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War Index du Forum -> LE BATAILLON FRANÇAIS DE L'ONU EN COREE. -> HISTOIRE, BIBLIOGRAPHIE ET REVUE DE PRESSE -> Histoire de la Guerre de Corée (Hors BF/ONU)
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Ltc Taplett
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 11 Nov - 19:22 (2007)    Sujet du message: La guerre de Corée(3):Le périmètre de Pusan(7e Partie) Interlude : Situation et évolution du rapport de forces en août 1950 Répondre en citant

La guerre de Corée
Le périmètre de Pusan (7e partie) : Interlude : Situation et évolution du rapport de forces en août 1950
1- La montée en puissance alliée
A- Le Red Ball Express
L’opération « Remise en état » (« Rebuild ») du Haut-Commandement en Extrême-Orient prit rapidement des proportions gigantesques. Avant la fin de l’année, elle emploierait près de 20000 personnes dans 8 usines japonaises. Durant les 3 premiers mois de la guerre, la quasi-totalité des munitions utilisées par les forces onusiennes et sud-coréennes provinrent des stocks reconstitués au Japon.
La liaison maritime quotidienne Yokoham-Sasebo-Pusan fut mise en place le 23 juillet et prouva rapidement son efficacité logistique. Le 5 août, elle débarqua 308 tonnes de matériels, le 9, 403t, le 22, 574t et le 25, 949t. Le « Red Ball Express » se révéla aussi beaucoup moins cher et beaucoup plus fiable que les liaisons aériennes qui continuèrent cependant à assurer leurs missions, le port de Pusan se trouvant parfois difficilement capable de gérer l’arrivée de tant de matériel en si peu de temps.
B- Les blindés
Après l’arrivée des T-34 nord-coréens sur le champ de bataille, l’Armée mit tout en œuvre pour rééquilibrer la balance en ce qui concerne l’arme blindée. Trois bataillons de blindés moyens furent ainsi aussitôt appelés à se préparer à partir pour la Corée : Le 6e (équipé de M46), le 70e (M26 et M4A3) et le 73e (M26). Les 2 premiers étaient des bataillons d’entraînement des écoles de Fort Knox et Fort Benning, le 3e était le bataillon organique de la 1e Division Blindée. Les navires de transport quittèrent San Francisco le 23 juillet pour débarquer à Pusan le 8 août. Le 6e bataillon fut placé en réserve près de Taegu, le 70e rejoignit la 1e DivCav le 12 et les compagnies du 73e furent détachées indépendamment en soutien de diverses opérations le long du périmètre de Pusan : la Cie A à Ulsan afin de protéger la principale voie de ravitaillement de l’Est, la Cie B en soutien de la Task Force Bradley à Kyongju et Kigye et la Cie C en soutien du 27e RI à « Bowling Alley ».
Le SS Luxembourg Victory quitta San Francisco le 28 août avec 80 blindés moyens à son bord. Le 16 août, c’est le 72e Bataillon, organique de la 2e DI, qui débarqua à son tour. La 2e DI (débarquée le 23 juillet) possédait en outre 2 Cies régimentaires de blindés.

Un M46 Patton
En définitive, en août 1950, 6 bataillons de blindés moyens débarquèrent en Corée, 5 d’entre eux dans la première huitaine. Se trouvaient également sur place 4 compagnies régimentaires et 30 blindés légers utilisés à des fins de reconnaissance. La répartition entre M26 Pershing et M4A3 était à peu près équivalente dans chaque bataillon à part le 6e, exclusivement composé de M46 Patton. Un bataillon comprenait en moyenne 69 blindés.

Un M4A3E8
Au 22 août, l’Armée en avait perdu 20 au combat. A cette date, plus de 500 blindés s’activaient sur le sol coréen. Début septembre le rapport de force était de 5 contre 1 en faveur des forces de l’ONU.
C- L’Infanterie
La dégradation de la situation en août décida l’Armée d’appeler la 3e DI des Etats-Unis. Anticipant les futures opérations offensives qu’il comptait mener, le général McArthur demanda le personnel nécessaire à 2 Corps d’Armées, désignés I et IX. En août la 24e DI perdit 1941 hommes au combat. La 25e, 1800, la 1e DivCav, 1503, la 2e DI, 827. Les pertes en officiers étaient importantes, tout comme les pertes non dues au combat, principalement du fait d’épuisement lié à l’intense chaleur de l’été coréen.
Les pertes des 2 premiers mois avaient été telles que l’opération « Flushout » fut mise en action le 19 août. Cette opération requérait de toutes les unités basées au Japon la préparation d’une partie de leur personnel pour servir de remplacements en Corée. Le 6 septembre 229 officiers et 2201 soldats étaient à disposition. Au total 11115 officiers et fantassins débarquèrent en Corée en août, en provenance du Japon ou des Etats-Unis. Au 1er septembre, le commandement des Nations Unies alignait près de 1800000 hommes :
US 5e Air Force :   3603
US 1st Provisional Marine Brigade : 4290
British 27th Infantry Brigade:  1578
1st Cavalry Division:   14703
2nd Infantry Division:   17498
24th Infantry Division:  14739
25th Infantry Division:  15007
Autres 8e Armée   16815
Forces Sud-Coréennes:  91696
A ces forces on pouvait rajouter 33651 membres des FAEO, 330 hommes de la Royal Australian Air Force et 36389 marins des Forces Navales d’Extrême-Orient (Naval Forces Far East).
La république coréenne n’étant pas membre des Nations Unies, elle était considérée comme une force « alliée ».
Le Royaume-Uni annonça le 20 août qu’il envoyait immédiatement 2 bataillons d’infanterie depuis Hong Kong. Ce furent les premières troupes de l’ONU non américaines à fouler le sol coréen. Il s’agissait de troupes régulières comprenant le QG de la 27e brigade d’infanterie, le 1er bataillon du régiment du Middlesex et le 1er bataillon du régiment des Argyll et Sutherland Highlanders, sous le commandement du Brigadier Basil A. Coad. Elles débarquèrent le 29 août, au son des cornemuses jouant « Auld Lang Syne » et « The Campbells are coming ». Les hommes furent aussitôt dirigés en train vers leur point de rassemblement à Kyongsang, à 16km au sud-est de Taegu.
Le 24 août McArthur mit en place le Commandement Logistique du Japon, déchargeant le 8e Armée de toute responsabilité logistique, sur place comme au Japon.
Il déclara les FAEO et FNEO comme faisant officiellement partie du Commandement des Nations-Unies le 27, clarifiant ses relations avec elles en tant que Chef de ce Commandement. Ce rattachement marquera la voie des futures relations entre l’Air Force et la Navy lors d’actions de l’ONU.
D- Les Forces Aériennes d’Extrême-Orient
C’est probablement en août 1950 plus qu’aucun autre mois que les FAEO (Far East Air Force) ont le plus influencé le cours de la guerre.
Le 23 août la 5e Air Force contrôlait 29 Mosquitoes depuis l’aérodrome de Taegu. Destinés à diriger les missions aériennes de combat depuis les airs lorsque les observateurs au sol étaient impuissants à repérer l’ennemi, ils contribuèrent grandement à améliorer l’efficacité des chasseurs. C’est le fort lien existant entre les Marines et leur aviation, et les résultats ainsi obtenus, qui avaient convaincu l’Air Force de l’emploi intensif de ce type de repérage.

Un T6 Mosquito
A la fin du mois 8 escadrilles de chasseurs étaient engagées en Corée, soit la capacité maximum des bases de Kyushu au Japon. En juillet, les FAEO avaient effectué 4635 sorties. En aout, elles en effectuèrent 7397. En moyenne, chaque division américaine fut soutenue par 40 sorties quotidiennes durant les combats du périmètre de Pusan.
Au début du conflit les unités du Génie de l’Air Force se révélèrent dramatiquement en sous-effectif et mal entraînées, empêchant la construction des 6 bases aériennes prévues.
A compter du 4 août les missions d’interdiction des B29 débutèrent contre tous les ouvrages d’art clefs situés au nord du 37e parallèle. Dès le 15 août des bombardiers légers et des chasseurs-bombardiers les rejoignirent. L
Ces missions d’interdiction avaient pour objectif la destruction de 32 ponts sur les 3 voies de communication coréennes : Sinanju/Wonsan, Munsan-Ni/Chumunjin et Seoul/Samch’ok. Les ports de Wonsan et Inchon devaient aussi être minés.

Un B29
Le 7 août les B29 détruisirent largement l’Arsenal et la gare de P’yongyang. Les missions des 7, 9 et 10 août réduisirent en cendres la raffinerie de Wonsan qui traitait 93% du pétrole nord-coréen. De la même manière, le complexe chimique de Hungnam, les docks de Najin, les hauts-fourneaux de Songjin et les usines d’aluminium et magnésium de Chinnamp’o reçurent la visite des FAEO.
L’incontestable suprématie aérienne de la 5e Air Force des premiers mois de la guerre poussa les Nord-Coréens à se déplacer de nuit. Le général Stratemeyer ordonna alors d’augmenter les sorties de nuit. A la fin août, les B29 étaient chargés de larguer des fusées éclairantes à 10000 pieds, fusées qui se mettaient en marche à 6000, permettant aux B26 d’attaquer tout ennemi découvert. Malheureusement, le stock de fusées M26 datant de la 2e guerre mondiale se révéla décevant, de nombreuses fusées étant défectueuses.

Un B26
Même s’il est clair que les attaques des FAEO provoquèrent de très lourds dommages à l’ennemi, la mesure en est difficile. Depuis la 2e guerre mondiale, l’expérience a montré que l’appréciation par les pilotes des dégâts qu’ils ont causés est sujette à caution. Les comptages effectués depuis le sol montrent en général de très larges différences avec les rapports des pilotes. Ces derniers ont tendance à déclarer un ennemi comme détruit s’il reste simplement immobile. Il est à peu près impossible, à la vitesse à laquelle se déroulent les attaques de déterminer de cette manière si l’objectif a réellement été détruit ou non. De plus, plusieurs pilotes peuvent revendiquer le même « trophée ».
2- L’armée sud-coréenne
A- Les renforts destinés à l’ARC
Comment utiliser les forces sud-coréennes à disposition pour le mieux devint un des problèmes les plus préoccupants du début de la guerre. Le besoin immédiat était de contenir l’avancée nord-coréenne avant d’espérer à terme l’utiliser au sein des forces alliées pour les repousser au-delà du 38e parallèle.
Le programme adopté comportait 3 volets : Activer les 5 DI de l’ARC à plein à l’aide remplacements, activer de nouvelles DI, rattacher des troupes sud-coréennes aux unités américaines.
L’ARC ouvrit en toute hâte des centres d’entraînement. Le premier d’entre eux, ouvert à Taegu le 14 juillet devait envoyer 1000 hommes au front en 10 jours. Le 2e centre ouvrit à Pusan le 20 août, de capacité 2 fois inférieure à celui de Taegu. Le 15 août un centre plus particulièrement réservé aux aspirants fut ouvert à Tongnae, près de Pusan. Sa capacité n’était que de 250 hommes/jour. Après les besoins pressants des batailles du périmètre de Pusan, ces centres allongèrent leurs délais d’entraînement.
Le 10 août, McArthur autorisa le général Walker à prendre les mesures nécessaires à l’accroissement des forces sud-coréennes. Ce dernier demanda à ce que 5 nouvelles divisions soient créées, à raison d’une par mois, à compter de septembre. Chaque division devait comporter 10500 hommes. McArthur refusa sur la forme, arguant des nécessités immédiates d’emploi du matériel existant mais pas sur le fond.

Soldats de l'ARC montant au front en août 1950
Le 19 août, l’ARC comptait 84824 hommes, 61152 troupes combattantes, 23672 troupes administratives et de service. Les combattants étaient répartis comme suit :
QG du I Corps d’Armée  1275
Division de la Capitale  16376
1e Division    10482
3e Division    7154
6e Division    9300
8e Division    9106
QG du II Corps d’Armée  499
QG de l’Armée   2159
Task Force P’ohang   575
Task Force Kim   4025
Troupes spéciales   14641
Centre d’entraînement  1250 
Des 5 divisions prévues, la 7e était en passe d’être activée à la fin août, un bataillon pour chacun des régiments devant la composer (3e, 5e et 8e) étant formés. La Task Force Min fut dissoute, devenant les 1er et 2e bataillons du 5/7e DI.
Le rattachement le 10 septembre d’un bataillon US d’obusiers de 105mm à chacune des 6 DI de l’ARC augmenta considérablement leur capacité de combat. A noter que même ainsi, l’ARC ne disposait que d’un quart du soutien d’artillerie offert aux DI US.
Les rations destinées à l’ARC évoluèrent après plusieurs essais et furent adoptées en septembre. Elles offraient 3165 calories/jours pour un homme actif de 65kg. Ces nouvelles rations devaient contribuer à l’amélioration de la résistance physique des soldats sud-coréens.
B- Les renforts destinés à l’US Army
Concurremment aux mesures prises en août pour remettre à flot l’ARC, le Commandement d’Extrême-Orient (CEO) prévoyait d’incorporer 30 à 40000 soldats sud-coréens, expédient drastique destiné à remplacer les terribles pertes des divisions américaines. Ces mesures prévues dès le 10 août furent validés le 15 par McArthur : chaque compagnie ou batterie américaine devait recevoir 100 renforts coréens. Ces derniers seraient légalement dépendant de l’ARC et payés par l’administration sud-coréenne. Ils recevraient rations et matériels américains. Chaque « recrue » devrait faire binôme avec un Américain. Cet effort fut siglé « KATUSA » pour « Korean Augmentation To The United States Army ».

Un GI et son binôme
C’est la 7e DI US, basée au Japon et très largement en sous-effectifs pour les avoir dispatchés aux autres divisions à mesure de leur montée au front qui profita la première de ces renforts. Entre le 16 et le 24 août elle incorpora 8625 hommes, soldats et officiers. Les méthodes de recrutement de ces hommes furent parfois pour le moins arbitraires : « raflés » à Pusan et Taegu, certains débarquèrent au Japon avec leurs livres de classe. Un homme parti chercher un médicament pour sa femme malade débarqua avec ledit médicament sur lui.
Le 20 août les 24e et 25e DI reçurent chacune 250 hommes, la 2e DI et la 1e DivCav, 249. Durant la semaine suivante, elles reçurent en moyenne 250 hommes/jours, jusqu’à absorber 8300 recrues chacune. Sauf dans le cas des premiers groupes, ces recrues reçurent un entraînement de 5 jours au centre d’entraînement de Kup’o-Ri, ouvert le 20 août près de Pusan.
L’intégration se fit différemment suivant les unités. La 1e DivCav et la 2e DI utilisèrent la technique du binôme quand la 24e DI les regroupa en unités séparées commandées par des officiers sud-coréens et rattachées à des unités américaines. La 25e DI utilisa le binôme pour 2 des ses régiments, le 3e regroupant les recrues en unités séparées commandées par des officiers et sous-officiers américains.
Globalement le système du binôme sera jugé comme mal adapté au regard des standards de combat américains. A l’arrivée de l’hiver la plupart des unités sud-coréennes seront peu à peu encadrées par l’US Army et destinées en priorité aux patrouilles de reconnaissance, à la garde, au transport de munitions et à la construction des positions retranchées. 
En août débuta aussi l’usage massif de civils utilisant des sortes de hottes faites de morceaux de bois entrecroisés en forme de « A » pour transporter le ravitaillement en première ligne. Moins cher et plus efficace que le transport par animal, ce recours au civil s’étendra à tout type de travaux de force ne nécessitant pas de qualification particulière. Chaque division en emploiera en moyenne 500 en permanence. 
3- Réajustements au sein de la 8e Armée
Le 38e RI du  col. George B. Peploe fut le dernier régiment de la 2e DI à débarquer à Pusan le 19 août. Dès le lendemain la division reçut l’ordre de relever la 24e DI de ses positions le long du Naktong, ce qui fut fait le 24. La 24e DI comptait 10600 hommes au 25 août. Elle avait besoin de 8000 remplacements et de quantité de matériel, armes et véhicules pour la ramener à son effectif théorique. Le 19e RI et le 11e bataillon d’AdC furent rattachés comme réserve à la 2e DI, le 21e RI fut transféré en réserve d’Armée. Le reste de la division se rassembla aux alentours de Kyongsan, à une vingtaine de km au S-E de Taegu.
Le 26, après en avoir parlé avec le général Church, Walker transféra les restes du 34e RI aux 19e et 21e RI. Le 1/34 constitua le nouveau 3/19 et le 3/34 le nouveau 2/21. Des 2000 hommes du 34e RI qui arrivèrent en Corée le 3 juillet, il n’en restait que 184. De la même manière, Walker transféra le 63e d’AdC aux batteries C nouvellement créés des 11e, 13e et 52e bataillons d’Artillerie de Campagne.
Simultanément, le 5e RCT (3500 hommes) devint le 3e RI de la 24e DI. Le 6e bataillon de blindés moyens fut aussi rattaché à la division. Même ainsi, il lui manquait toujours 4000 hommes en renfort.
Les 27e et 35e RI de la 25e DI avaient formé leurs 3e bataillon début août grâce à l’arrivée de 2 bataillons du 29e RI. La 1e DivCav reçut son 3e bataillon le 26 août, à partir d’éléments en provenance des USA. Elle perçut aussi 3 batteries provisoires pour compléter son artillerie.
Ainsi, à la fin août, les 4 divisions de l’Armée avaient enfin toutes des régiments à 3 bataillons. Il en sera de même pour la 1e Brigade Provisoire des Marines début septembre.
Courant août, l’ordre de bataille de la 8e Armée s’est révélé être en permanence chaotique. A part dans le cas de la 1e DivCav, bataillons et régiments furent tout à tour détachés de leurs unités parentes pour être envoyées en toute hâte à un point quelconque du front. A la fin du mois les unités étaient renvoyées l’une après l’autre au sein de son organisation mère.
Fin août, le cours des évènements dans le secteur Est du périmètre dévolu à l’ARC poussa Walker à modifier les secteurs divisionnaires. Il considéra que la limite de secteur Sangju/Taegu trop faible et la fit déplacer en oblique de Ka-San à Taegu. Le secteur dévolu à la 1e DI de l’ARC passa aux mains de la 1e DivCav, elle-même remplacée par la 2e DI US. Ce déplacement de secteur devait avoir lieu au plus tard le 30 août. Les difficultés logistiques subséquentes issues de la nature montagneuse du terrain poussèrent la 8e Armée à revenir aux anciens secteurs et à affecter le 3/23 RI à la 1e DivCav pour en renforcer les limites.
Le 30 août le 714e bataillon ferroviaire (Transportation Railway Operating Battalion) arriva en Corée et devint responsable de la bonne marche des 800km de lignes ferroviaires existantes au sein au sein du périmètre. Les voies de chemin de fer étaient généralement destinées au transport de ravitaillement depuis Pusan jusqu’à une base logistique à partir de laquelle le transport se poursuivait en camion jusqu’aux différents régiments et bataillons.
Dans l’éventualité de l’incapacité de la 8e Armée à tenir la ligne du Naktong, McArthur fit préparer une seconde ligne de défense (ligne Davidson), beaucoup plus resserrée autour de Pusan. Début septembre, avec relativement peu de moyens, un embryon de ligne était en place.
Fin août, la supériorité numérique des Nations Unies sur la ligne de front et en réserve était indiscutable. La supériorité navale et aérienne ne faisait elle aussi aucun doute. Six cent blindés arpentaient le périmètre de Pusan face à peut-être une centaine de T-34. De la même manière, l’artillerie et les mortiers n’avaient pas de challenger digne de ce nom.
Le 2e Bureau de la  8e Armée estima dans un rapport du 30 août que l’APC déployait une force de près de 83000 hommes, dont les capacités de combat variaient entre 27% pour les 13e et 15e DI à 96 voire 100% pour les 7e et 2e DI. Le rapport estimait en outre que les Nord-Coréens avaient perdu 26820 hommes dont seuls 1770 avaient été remplacés, ce qui n’était pas tout à fait exact.
4- L’armée nord-coréenne
Globalement, le plan d’attaque nord-coréen était simple et le même depuis juillet : suivre les unités ennemies en retraite et aller au contact le plus vite possible. Dès lors le scénario était invariablement le même : attaque de front, tentative d’enveloppement par les flancs et d’infiltration des arrières. Cette tactique se révéla des plus efficace en juillet, lorsque les Nord-Coréens étaient numériquement supérieurs et face à de faibles lignes de défense successives. Lorsqu’une ligne stable, même si parfois ténue fut enfin mise en place le long du Naktong, les Nord-Coréens commencèrent à essuyer leurs premiers échecs.
Les flancs de la ligne de front débutaient en mer de part et d’autre. Les grandes manœuvres de débordement devinrent de facto irréalisables. L’attaque frontale générant la percée et une exploitation rapide devint la seule option possible pour l’APC.
Face à un ennemi retranché dans un périmètre restreint et facile à ravitailler protégé par une artillerie et une aviation largement supérieure, cette tactique ne parvint pas à aboutir.
Début septembre, la capacité de combat était très inférieure à celle du début du mois précédent. Si le nombre d’hommes était à peu près le même, les troupes entraînées avaient fondu comme neige au soleil. Quant aux blindés et armes lourdes ils commençaient à faire cruellement défaut.
L’APC montra cependant une remarquable habilité à maintenir le ravitaillement vers ses premières lignes malgré les attaques aériennes constantes.  Munitions et essence (prioritaires par rapport aux autres types de ravitaillement) parvinrent de manière régulière aux troupes de première ligne, bien qu’en quantités inférieures. Début septembre le Train nord-coréen parvint même à ravitailler significativement les différentes DI en armes lourdes, blindés, artillerie et mortiers. Malgré tout la capacité de combat de l’artillerie ne cessa de décroître régulièrement depuis la mi-août.
Si les munitions d’armes individuelles parvinrent toujours en quantité suffisante, ce sont ces mêmes armes qui vinrent à se faire rare vers le milieu du mois. A cette date l’arrière ne parvenait déjà plus qu’à livrer 1/3 des besoins. A la mi-septembre, plus aucune arme individuelle ne parviendra au front.
C’est bien avant cette date que les combattants auront cessé de voir arriver le moindre camion ou le moindre uniforme de rechange.
Au mieux les rations permettaient 1 ou 2 repas/jour. Début septembre la situation commençait à devenir critique et la résistance des combattants était très diminuée.
L’APC était dirigée par le maréchal Choe Yong Gun, le ministre de la Défense, depuis le QG de Kumch’on. Sur le terrain c’est le général Kim Chaek qui dirigeait la troupe.
Le IIe Corps qui s’occupait du secteur allant du nord de Taegu vers la côte Est était sous le commandement du lieutenant-général Kim Mu Chong. Son QG se trouvait à Mun’gyong.
Le Ier Corps s’occupait quant à lui de l’arc de cercle du périmètre, de Waegwan au détroit de Corée. Son commandant, considéré comme probablement le plus capable de tous était le Lt.Gen. Kim Ung. Son QG se trouvait à Chon-Ju.
Le temps jouant contre elle, l’APC décida de lancer une attaque décisive le 1er septembre tout le long du périmètre de Pusan. Dans cette optique, elle amena en première ligne 13 divisions d’infanterie, 1 division blindée, 2 brigades blindées et diverses forces de sécurité.
A partir de Waegwan, du nord au sud, le Ier Corps alignait les 10e, 2e, 4e, 9e, 7e et 6e DI, soutenues par des éléments de la 105e DB et la fraîchement arrivée 16e Brigade Blindée (en fait un gros régiment de 43 T-34 récemment sortis des usines).
De Taegu jusqu’à la côte Est le IIe Corps alignait les 3e, 13e, 1e, 8e, 15e, 12e et 5e DI, soutenues par d’autres éléments de la 105e DB et la 17e Brigade Blindée, là aussi un gros régiment de 40 blindés. A l’arrière de la 6e DI se trouvait la 104e Brigade de sécurité.
Au total, l’APC s’apprêtait à lancer 98000 hommes sur le périmètre de Pusan. Un tiers d’entre eux étaient de nouvelles recrues, la plupart recrutées de force en Corée du Sud, peu entraînées et mal équipées.
Les estimations donnent la répartition des forces qui suit :
1e DI    5000
2e DI    6000
3e DI    7000
4e DI    5500
5e DI    7000
6e DI    10000
7e DI    9000
8e DI    6500
9e DI    9350
10e DI    7500
12e DI    5000
13e DI    9000
15e DI    7000
104e Brigade de sécurité 2000
105e DB   1000
16e Brigade Blindée  500
17e Brigade Blindée   500
TOTAL   97850 
L’assaut devait être divisé en 5 groupements principaux :
1. 6e et 7e DI : Percer la 25e DI vers Masan
2. 9e, 4e, 2e et 10e DI : Percer la 2e DI à Miryang et s’emparer de la route et de la voie de chemin de fer Pusan-Taegu via Changnyong et Yongsan
3. 3e, 13e et 1e DI : Percer la 1e DivCav et la 1e DI de l’ARC vers Taegu
4. 8e et 15e DI : Percer les 6e et 8e DI de l’ARC à Hanyang et Yongch’on le long du corridor situé à l’Est de Taegu
5. 12e et 5e DI : Percer la Division de la Capitale et la 3e DI de l’ARC vers P’ohang-Dong, l’aérodrome de Yonil et le corridor de Kyongju en direction de Pusan
Les groupements 1 et 2 du Ie Corps devaient attaquer ensemble à 23h30 le 31 août. Les groupements 3, 4 et 5 du IIe Corps à 18h00 le 2 septembre.
Sources :
- Roy E. Appleman : South to the Naktong, North to the Yalu / Center for Military Research
- John C. Chapin : Fire Brigade : US Marines in the Pusan perimeter/Marines in the Korean War commemorative series
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Dim 11 Nov - 19:22 (2007)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le bataillon Français de l'ONU en Corée. 1950-1953. French Battalion in the Korean War Index du Forum -> LE BATAILLON FRANÇAIS DE L'ONU EN COREE. -> HISTOIRE, BIBLIOGRAPHIE ET REVUE DE PRESSE -> Histoire de la Guerre de Corée (Hors BF/ONU) Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | créer son forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com